5 questions sur l’économie circulaire à Sylvie Thomas, Directrice RSE de Lexmark Europe

« Consommer de manière plus responsable », tel est le slogan du constructeur d’équipements (solutions et technologies) d’imagerie innovantes Lexmark. Le groupe américain fondé en 1991 est d’ailleurs fier de favoriser l’innovation et la croissance économique d’une manière plus respectueuse pour l’environnement.

Pour en savoir plus, nous avons rencontré Sylvie Thomas, Directrice RSE de Lexmark Europe. L’occasion d’échanger sur la vision du groupe et sur la diffusion de ses bonnes pratiques.

Quel est le moteur de la politique de responsabilité sociale et environnementale de Lexmark ? Fait-elle suite à la feuille de route du gouvernement relative au projet de loi sur l’économie circulaire ?

Lexmark, société internationale, a toujours été engagée sur les sujets environnementaux. Lorsque nous avons lancé notre positionnement pour une durabilité programmée en 2018, cela faisait déjà plus de cinq ans que l’idée était dans les tuyaux. En effet, le groupe fonctionne par cycles de R&D. A l’époque, notre unité de R&D prenait déjà en compte des caractéristiques telles que l’usage prolongé, le ré-emploi, le re-conditionnement…

Il se trouve que notre politique sur l’obsolescence programmée est tombée parfaitement dans l’actualité cet été ! En effet, la secrétaire d’Etat à la Transition écologique Brune Poirson a présenté la feuille de route du gouvernement relative au projet de loi sur l’économie circulaire en juillet. C’est avec beaucoup d’engouement que nous avons soutenu cette annonce. Beaucoup d’articles contenus dans cette feuille de route sont d’ailleurs soutenus chez Lexmark depuis bien longtemps.

L’année dernière, Lexmark a réalisé une étude sur l’obsolescence technologique. Quels sont les grands points à retenir ?

En 2019, à l’initiative du Directeur Marketing de Lexmark, nous avons réalisé une étude sur l’obsolescence technologique informatique. Presque 80% des entreprises interrogées lors de cette étude menée par le cabinet Spoking Polls sont conscientes de l’avènement de ce sujet majeur qui impacte tout leur écosystème. Mais 68% déclarent manquer de temps et de ressources pour mettre en place des solutions.

Pourtant, depuis 1996 nous avons mis en place des programmes de recyclage organisés. Dès les années 2000, nos programmes de containers gratuits de reprise de consommables étaient ouverts quelle que soit la marque. Le problème rencontré aujourd’hui est celui d’une mauvaise connaissance du recyclage. Notre but est donc d’éduquer l’écosystème.

Généralement, les motivations pour agir contre l’obsolescence technologique concernent la réalisation d’économies, la maîtrise de l’innovation et l’engagement écologique. A 63% les entreprises interrogées souhaitent prolonger le cycle de vie des matériels pour faire des économies. Et elles sont 62% à vouloir montrer un engagement en faveur du développement durable.

Tout l’enjeu pour nous est de réussir à identifier des clients avec une politique RSE assise et importante. L’économie circulaire nécessite une démarche pro-active de la part des entreprises. C’est dans ce sens que nous encourageons les produits re-manufacturés. Bien sûr, nous accompagnons nos clients dans leur choix en ayant par exemple conscience des difficultés rencontrées par les équipes IT.

Pensez-vous avoir un rôle d’éducateur vis-à-vis de vos clients ?

Notre communication avec le client est très importante. Nous investissons beaucoup sur l’éducation et la pédagogie. Encore une fois, il n’y a pas d’économie circulaire sans action du client. De la même manière, nous devons évoluer en boucle fermée en étant surs de la qualité des matériaux.

Cela se traduit concrètement par de nombreuses formations réalisées en interne. Ainsi, nous avons constitué un réseau d’ambassadeurs composé de nos commerciaux et de nos techniciens. De ce fait, que ce soit pour présenter nos pratiques, nos produits ou nos services, nos employés sont formés à aborder ces thématiques.

Pour être honnête, il s’agit d’un travail de fourmis. Notre volonté est d’investir et de travailler sur l’humain pour faire évoluer les consciences. Heureusement il y a beaucoup d’avancées de faites grâce à la législation. Elles permettent d’avancer vers la réduction de l’empreinte écologique globale.

Aujourd’hui de nombreuses entreprises ont dépassé le modèle linéaire. Elles ont désormais un modèle qui va de la pré-conception au post-ressources. L’éthique et la transparence régissent la chaîne de valeur et de responsabilité, du producteur à l’usager. N’oublions pas que nous sommes devant une urgence climatique et de ressources qui impose un changement drastique de la part des entreprises.  Il y a encore beaucoup à faire.

Quelle est votre actualité pour la rentrée de septembre chez Lexmark ?

C’est une rentrée chargée qui attend nos équipes ! D’une part, fort de notre expérience sur le réemploi de cartouche, Lexmark participe au programme de recherche Horizon 2020 financé par la commission européenne. Le sujet porte sur l’innovation en re-manufacture. Réfléchir aux procédures à mettre en place au niveau de la R&D, de la supply chain, de la législation, des investissements … Le but est de partager les bonnes pratiques avec d’autres industries et d’autres industriels de notre secteur.

Bien sûr nous continuons de travailler sur la durabilité de nos produits. Par ailleurs, nous mettons l’accent sur l’incorporation de plastique recyclé. Notre objectif est de participer activement à l’objectif politique de  100% de recyclage de tous les plastiques. Dans cette optique, nous avons établi un objectif de 60% de réutilisation de tous nos consommables d’ici 2022. Notre leitmotiv est de toujours prendre les enjeux de manière globale. Quand nous prenons une décision, nous réfléchissons aux impacts qu’elle peut avoir sur d’autres secteurs.

Quid de votre engagement dans l’économie circulaire ?

En plus de partager nos pratiques avec nos clients, nous voulons mobiliser l’ensemble de la société. En ce qui concerne le plastique recyclé, notre objectif sera atteint si tous nos partenaires sont mobilisés. Nous travaillons avec plus de 20 000 fournisseurs dans le monde. La traçabilité est un enjeu primordiale. Nous avons fait un choix clair de réutilisation matière ou de produits pour participer à une réduction drastique de notre empreinte sur les ressources tout au long de cette chaîne de valeur.

Ainsi nous restons très à l’écoute de la législation et des avancées à venir au niveau européen.

 

 

 Sylvie THOMAS, Directrice RSE, Lexmark Europe

Valentine
Arrivée sur terre il y a quelques lustres, Valentine entre aujourd’hui dans le métier de la communication. C’est non sans intrépidité qu’elle a intégré la Sorbonne en philosophie après une classe préparatoire littéraire (A/L). Après un mémoire sur la place de l’éthique dans la société actuelle à partir d’Aristote, Valentine poursuit son cursus en éthique appliquée. Autrement dit elle s’intéresse aux actions des entreprises et des institutions publiques, proposant alors des solutions de conseil afin d’accompagner leurs prises de décision. Au coeur de l’économie numérique, les rouages de la communication autour de l’innovation la passionnent. C’est pour cela que Valentine a rejoint l’équipe de Tikibuzz, une agence de communication et de marketing, en 2018. Aujourd’hui, elle a le plaisir de s’aventurer sur le terrain de l’éditique et de la gestion de la communication client, afin de vous proposer chers lecteurs, des reportages et des témoignages pour votre média DOCaufutur.

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