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Engagement des salariés à l’ère digitale

Le numérique favorise t-il l’engagement des salariés ? Trois experts dans ce domaine nous expliquent en quoi les nouvelles technologies peuvent être à la fois un frein et un levier de l’engagement collaborateur. 

La recherche prouve que dans le monde occidental, environ 75% de la main d’œuvre n’est pas engagée ou même activement désengagée et n’est pas loyale envers son organisation (source livre Engagement 4.0). Les raisons principales du désengagement sont l’inquiétude face à l’avenir, le stress dû à la pression excessive au travail, la recherche de mobilité et le manque de mobilité.

Engagement et performance vont de pair, le premier devenant ainsi un enjeu fort

Déjà en 2012, un rapport de McKinsey sur le capital humain indiquait que les organisations avec les meilleurs scores de motivation et d’engagement des collaborateurs avaient 60% de chances de se retrouver dans le quartier supérieur des entreprises les plus performantes. Le digital est devenu un levier incontournable pour y parvenir!

Kevin Bourgeois est le fondateur de Supermood. Il pense que le numérique permet à tous les collaborateurs de s’exprimer sur un pied d’égalité, de manière anonyme. La prise en compte du terrain est déterminante tout comme la communication entre la « base » et les strates plus hautes de l’entreprise.

« Visibilité, personnalisation, analyse et objectivation font partie des avantages que peut apporter le numérique aux collaborateurs qui ont alors la sensation d’être mieux entendus » explique le chef d’entreprise.

En revanche, Kevin Bourgeois pointe aussi les contraintes qu’impose souvent le numérique : « dans un monde où l’instantanéité est loi, la pression est plus forte. On peut être contacté n’importe où et n’importe quand et du coup être incité à répondre aux demandes très rapidement. La proximité avec les clients est également plus grande avec les outils numériques ». MAIS la pression et le stress font partie des causes de désengagement; vigilance s’impose.

Nombreux sont les salariés qui ne souhaitent pas s’engager sur une seule activité. Ces « slasheurs » veulent pouvoir participer à des projets transverses, à des tâches différentes les unes des autres. Pour Jean-Marie Peretti, professeur et chercheur français en ressources humaines, le digital (outils collaboratifs, intranet, espace de travail mobile) est un moyen d’offrir cette possibilité aux collaborateurs, tout en leur facilitant la vie.

Bernard Coulaty, auteur du livre Engagement 4.0 et consultant, anciennement DRH pendant 25 ans, associe digital et flexibilité.

« Avec le numérique, il existe une porosité entre la vie privée et la vie professionnelle. Le lieu de travail et le temps passé à travailler sur un projet deviennent secondaires – les collaborateurs sont plus libres de ce côté là. Par contre, les entreprises deviennent plus exigeantes sur la qualité et la quantité des livrables qu’elles demandent ».

Il faut cultiver l’engagement 

L’auteur conseille aux collaborateurs et aux managers d’apprendre à gérer leurs temps et leurs priorités face aux flux d’informations et de sollicitations qu’ils reçoivent à longueur de journée sur différents canaux digitaux.

« Certaines personnes sont très à l’aise avec le télétravail et la collaboration à distance quand d’autres préfèrent avoir un cadre de travail bien défini. Selon moi, l’entreprise doit laisser le choix pour que chacun trouve sa place et donc … son engagement. Pour travailler au mieux l’engagement, il faut mettre en place un travail de co-production. Cela doit être une vraie rencontre entre 4 acteurs : l’entreprise (marque employeur, culture), le manager (qui doit donner envie de s’engager), l’équipe (esprit de communauté) et le collaborateur lui-même (qui doit prendre du recul pour savoir ce qu’il souhaite pour sa vie professionnelle). » 

Jean-Marie Peretti conseille aux entreprises de créer un univers de co-développement, de collaboration, et de mettre en place des ateliers participatifs tout en créant un écosystème d’appartenance. Le collaborateur sera ainsi dans les meilleures conditions pour mettre l’ensemble de ses compétences au service des missions qui lui sont confiées.

L’engagement durable des salariés n’est pas chose aisée, en particulier sous l’ère du numérique. Le burn out (épuisement), bore out (ennui) ou le brown out (pas de sens) sont des facteurs de désengagement fort. Il s’agit de gérer les nouvelles manières de travailler pour aider le collaborateur à s’épanouir et à s’engager.

Written by Corinne

Depuis plus de 25 ans dans le métier de la communication et du marketing, Corinne a démarré sa carrière à la télévision avant de rejoindre une agence événementielle. Curieuse dans l’âme, elle poursuit sa carrière dans l’IT et intègre une société de conseil en éditique puis entre chez un éditeur de logiciels leader sur son marché, SEFAS. Elle est ensuite nommée Directrice Communication chez MGI Digital Graphic, constructeur de matériel d’impression numérique et de finition international coté en bourse. Revenue en 2008 chez SEFAS au poste de Directrice Marketing et Communication groupe, elle gère une équipe répartie sur 3 géographies (France, Etats-Unis et Angleterre), crée le groupe utilisateurs de l’entreprise et lance un projet de certification ISO 9001, ISO 14001 et ISO 26000 couronné de succès.
Pendant 7 ans membre du conseil d’administration de l’association professionnelle Xplor France et 2 ans sa Présidente, Corinne a créé dès 2010 TiKibuzz, son agence de marketing et de communication.
Elle devient Directrice de la Communication en charge des Relations Presse, du Lobbying et du marketing digital chez DOCAPOST, groupe La Poste, durant 3 ans avant de rejoindre la start-up FINTECH Limonetik, en 2013. C'est cette même année qu'elle crée votre média professionnel, DOCaufutur, l'avenir du document.