L’imprimeur du futur est un vrai prestataire de service

Le paradigme du marché de l’impression a changé. Nous ne sommes clairement plus dans une course effrénée à la productivité, faute à la chute des commandes de gros volumes d’impression. Les imprimeurs se réinventent en devenant de vrais prestataires de service qui maîtrisent parfaitement les étapes pré et post-impression d’un document ou d’un packaging. 

Pour Jean-Pierre Blanger, Directeur Solutions & Services, marketing et communication chez Ricoh France, cette restructuration du marché de l’impression doit transformer la vision qu’a l’imprimeur de son métier. « Les notions de parcours client, multicanal, hyper personnalisation, web to print, Analytics … doivent faire partie de leur vocabulaire » précise t-il. Il prévient cependant de ne pas considérer le papier et le numérique comme des ennemis, mais au contraire de profiter de leur complémentarité pour proposer des solutions hybrides à forte valeur ajoutée.  Pour Valentina Mazzi en charge des services de personnalisation pour l’impression de production chez Xerox, « l’impression numérique va contribuer à l’émergence de l’Internet des objets. Le secteur de l’impression aura toute sa place dans cette fusion entre les mondes physique et numérique ».

Olivier Zwartjes est Directeur Des Ventes PPS chez Riso où près de 10% du chiffre d’affaires est investi en recherche et développement. « L’innovation est importante, tout comme la connaissance du client. Chez Riso, nous avons réorganisé notre direction commerciale pour qu’elle prenne plus en considération les problèmes de gestion du document de nos clients. On rentre ainsi plus en profondeur via des audits poussés qui nous permettent de proposer des solutions additionnelles pertinentes à nos clients ». Comprendre le client est très important et ce n’est pas François Gouverneur, fondateur et président de Valeurs stratégiques qui dira le contraire. « Les imprimeurs aiment tellement l’outil (machines de production) qu’ils en oublient parfois sa destination : produire un bien ou un service. Ils doivent penser à parler le même langage que leur client, connaître ses codes, ses besoins et les points de frictions ». Selon lui, cet effort de compréhension du client et de son client final va conduire l’imprimeur à proposer des services nouveaux, homogènes et variés. Il doit chercher et comprendre la valeur stratégique et la valeur économique des informations qui lui sont confiées. Il pourra ainsi remonter la chaîne de valeur de son client, y reprendre toute sa place. Pour enrichir le papier et l’information, il doit les augmenter !

La technologie au service de la créativité 

Didier Bioche, Responsable de Programmes Marketing Customer Communication Management  chez Canon, parle de la communication cross-média comme d’une richesse, chiffres à l’appui. Selon une étude de Mc Kinsey de 2016, les entreprises qui décident de développer une expérience client multi-canal ont un potentiel de croissance de 12% de leur chiffre d’affaires. « Les imprimeurs doivent saisir cette opportunité. Il est reconnu qu’une campagne cross média a une efficacité nettement supérieure à une opération de marketing direct papier. Les imprimeurs ont l’opportunité de l’appliquer pour eux-mêmes et de proposer ce nouveau service à leur clientèle. La réussite de ces campagnes de communication cross-média est liée à la cohérence des messages entre les différents médias papier et digitaux ainsi qu’à la personnalisation du contenu en fonction du client ciblé. Pour mettre en place ce type de projet, il s’agit de prêter autant d’attention à l’humain, l’économique et le technologique » précise Didier Bioche. Son collègue Jean-François Genestout, directeur marketing grand format chez Canon, insiste sur la flexibilité et la souplesse incroyable que permet le numérique, ainsi que sur le besoin croissant d’automatisation. « Face à des demandes de plus en plus pressées, on répond aujourd’hui en moins de 48 heures grâce au digital en proposant un essai de travail en numérique avant de lancer la production, ou en automatisant la finition ». Autre tendance de fond qu’a constaté Jean-François Genestout, c’est la logique de personnalisation. Grâce au système de données variables, les imprimeurs sont capables d’imprimer de très courtes séries tout en restant productifs. Il peut s’agir par exemple d’imprimer une étiquette sur une bouteille de champagne avec différents noms, d’imprimer sur une balle de golf en fonction des messages différents, ou de communiquer par l’objet avec l’impression 3D. Xerox se concentre actuellement sur cette logique de personnalisation et la manière dont les imprimeurs et leurs clients peuvent s’en servir dans leur business. « Le champ de nouvelles opportunités est incroyable » s’enthousiasme Valentina Mazzi de Xerox. Tous ces nouveaux business suivent une logique de continuité dans l’offre des imprimeurs.

L’autre effet du numérique est une augmentation de la polyvalence des salariés. Les opérateurs des presses offset sont très qualifiés mais restent dans un spectre restreint. Avec les presses numériques et l’automatisation, les opérateurs n’ont pas besoin d’expertise spécifique et peuvent donc également se concentrer sur d’autres tâches telles que le pilotage de la machine ou l’amélioration de la gestion de production. Cette évolution des équipes techniques est à mener de concert avec celle des équipes commerciales, le métier de vendeur étant toujours aussi important : son appétence et aptitude à travailler avec de nouveaux interlocuteurs afin de développer une activité de nouveaux produits et services sont les clés de succès de l’imprimerie du futur.

L’imprimerie du futur ne peut pas être une imprimerie qui travaille seule dans son coin. Pour accompagner son client vers des services si divers, elle se doit de travailler en réseau. Jean-Pierre Blanger de Ricoh nous parle de partenaires tels que des start-ups, des agences web, d’autres imprimeurs pour mutualiser les compétences. « Faire partie d’une association, s’impliquer dans l’organisation d’un salon comme par exemple Graphitec, être membre d’une communauté d’intérêt est un bon moyen pour faire de la veille sur toutes innovations de son secteur » précise t-il. L’intelligence collective semble être le chemin que doivent emprunter les imprimeurs pour un futur plein d’espoir !

 

Maud Laurent pour DOCaufutur

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L’imprimeur du futur est un vrai prestataire de service

1st mai, 2017

Le paradigme du marché de l’impression a changé. Nous ne sommes clairement plus dans une course effrénée à la productivité, faute à la chute des commandes de gros volumes d’impression. Les imprimeurs se réinventent en devenant de vrais prestataires de service qui maîtrisent parfaitement les étapes pré et post-impression d’un document ou d’un packaging. 

Pour Jean-Pierre Blanger, Directeur Solutions & Services, marketing et communication chez Ricoh France, cette restructuration du marché de l’impression doit transformer la vision qu’a l’imprimeur de son métier. « Les notions de parcours client, multicanal, hyper personnalisation, web to print, Analytics … doivent faire partie de leur vocabulaire » précise t-il. Il prévient cependant de ne pas considérer le papier et le numérique comme des ennemis, mais au contraire de profiter de leur complémentarité pour proposer des solutions hybrides à forte valeur ajoutée.  Pour Valentina Mazzi en charge des services de personnalisation pour l’impression de production chez Xerox, « l’impression numérique va contribuer à l’émergence de l’Internet des objets. Le secteur de l’impression aura toute sa place dans cette fusion entre les mondes physique et numérique ».

Olivier Zwartjes est Directeur Des Ventes PPS chez Riso où près de 10% du chiffre d’affaires est investi en recherche et développement. « L’innovation est importante, tout comme la connaissance du client. Chez Riso, nous avons réorganisé notre direction commerciale pour qu’elle prenne plus en considération les problèmes de gestion du document de nos clients. On rentre ainsi plus en profondeur via des audits poussés qui nous permettent de proposer des solutions additionnelles pertinentes à nos clients ». Comprendre le client est très important et ce n’est pas François Gouverneur, fondateur et président de Valeurs stratégiques qui dira le contraire. « Les imprimeurs aiment tellement l’outil (machines de production) qu’ils en oublient parfois sa destination : produire un bien ou un service. Ils doivent penser à parler le même langage que leur client, connaître ses codes, ses besoins et les points de frictions ». Selon lui, cet effort de compréhension du client et de son client final va conduire l’imprimeur à proposer des services nouveaux, homogènes et variés. Il doit chercher et comprendre la valeur stratégique et la valeur économique des informations qui lui sont confiées. Il pourra ainsi remonter la chaîne de valeur de son client, y reprendre toute sa place. Pour enrichir le papier et l’information, il doit les augmenter !

La technologie au service de la créativité 

Didier Bioche, Responsable de Programmes Marketing Customer Communication Management  chez Canon, parle de la communication cross-média comme d’une richesse, chiffres à l’appui. Selon une étude de Mc Kinsey de 2016, les entreprises qui décident de développer une expérience client multi-canal ont un potentiel de croissance de 12% de leur chiffre d’affaires. « Les imprimeurs doivent saisir cette opportunité. Il est reconnu qu’une campagne cross média a une efficacité nettement supérieure à une opération de marketing direct papier. Les imprimeurs ont l’opportunité de l’appliquer pour eux-mêmes et de proposer ce nouveau service à leur clientèle. La réussite de ces campagnes de communication cross-média est liée à la cohérence des messages entre les différents médias papier et digitaux ainsi qu’à la personnalisation du contenu en fonction du client ciblé. Pour mettre en place ce type de projet, il s’agit de prêter autant d’attention à l’humain, l’économique et le technologique » précise Didier Bioche. Son collègue Jean-François Genestout, directeur marketing grand format chez Canon, insiste sur la flexibilité et la souplesse incroyable que permet le numérique, ainsi que sur le besoin croissant d’automatisation. « Face à des demandes de plus en plus pressées, on répond aujourd’hui en moins de 48 heures grâce au digital en proposant un essai de travail en numérique avant de lancer la production, ou en automatisant la finition ». Autre tendance de fond qu’a constaté Jean-François Genestout, c’est la logique de personnalisation. Grâce au système de données variables, les imprimeurs sont capables d’imprimer de très courtes séries tout en restant productifs. Il peut s’agir par exemple d’imprimer une étiquette sur une bouteille de champagne avec différents noms, d’imprimer sur une balle de golf en fonction des messages différents, ou de communiquer par l’objet avec l’impression 3D. Xerox se concentre actuellement sur cette logique de personnalisation et la manière dont les imprimeurs et leurs clients peuvent s’en servir dans leur business. « Le champ de nouvelles opportunités est incroyable » s’enthousiasme Valentina Mazzi de Xerox. Tous ces nouveaux business suivent une logique de continuité dans l’offre des imprimeurs.

L’autre effet du numérique est une augmentation de la polyvalence des salariés. Les opérateurs des presses offset sont très qualifiés mais restent dans un spectre restreint. Avec les presses numériques et l’automatisation, les opérateurs n’ont pas besoin d’expertise spécifique et peuvent donc également se concentrer sur d’autres tâches telles que le pilotage de la machine ou l’amélioration de la gestion de production. Cette évolution des équipes techniques est à mener de concert avec celle des équipes commerciales, le métier de vendeur étant toujours aussi important : son appétence et aptitude à travailler avec de nouveaux interlocuteurs afin de développer une activité de nouveaux produits et services sont les clés de succès de l’imprimerie du futur.

L’imprimerie du futur ne peut pas être une imprimerie qui travaille seule dans son coin. Pour accompagner son client vers des services si divers, elle se doit de travailler en réseau. Jean-Pierre Blanger de Ricoh nous parle de partenaires tels que des start-ups, des agences web, d’autres imprimeurs pour mutualiser les compétences. « Faire partie d’une association, s’impliquer dans l’organisation d’un salon comme par exemple Graphitec, être membre d’une communauté d’intérêt est un bon moyen pour faire de la veille sur toutes innovations de son secteur » précise t-il. L’intelligence collective semble être le chemin que doivent emprunter les imprimeurs pour un futur plein d’espoir !

 

Maud Laurent pour DOCaufutur

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