Le succès des plateformes numériques expliqué | Maud Laurent pour DOCaufutur

Les plateformes numériques représentent un marché multi versants, c’est-à-dire où plusieurs groupes interagissent.

Comment sont-elles devenues des acteurs déterminants de l’économie ?

Le business modèle est souvent basé sur la publicité, les annonceurs paient mais pas les utilisateurs. La plateforme fait généralement office d’intermédiaire financier; on le voit avec Uber par exemple où le chauffeur VTC reverse une commission de 20% à la société, chez Chauffeur Privé, 25%. Christophe Benavent, Professeur à l’Université Paris Ouest et auteur du livre Plateformes, explique le succès grandissant des-dites plateformes : « le phénomène d’interactions croisées et d’externalité des marchés fonctionne bien. La valeur d’un bien ne dépend pas de ses caractéristiques mais du nombre d’utilisateurs. Les notations et les commentaires influent les conduites des autres usagers et le client devient le produit ». Face aux géants tels que Facebook ou Amazon, le monde de l’entreprise décide d’en faire des alliés en créant des ponts entre leurs activités. C’est le cas d’Ikea ou de Nike qui ouvrent des boutiques en ligne sur Amazon pour mélanger les modes d’achats entre physique et digital.

Le monde des Ressources humaines utilise des plateformes RH pour fluidifier leur processus et trouver des perles rares

Corinne Estève Diemunsch s’occupe, entre autres, des Ressources Humaines au sein de Limonetik. Pour l’aider dans le processus de recrutement, elle utilise notamment les plateformes Geekeener ou Welcome to the jungle : « les équipes de WTTJ sont venues dans l’entreprise réaliser un reportage vidéos, photos, témoignages de salariés et données sur l’entreprise à la clé. C’est une excellente vitrine pour nous; cela montre notre dynamisme et nous rend visible auprès des candidats ». Au delà de la visibilité, la plateforme permet d’interagir de manière fluide avec les candidats grâce à des modèles d’emails et des alertes qui permettent d’aller jusqu’au recrutement. Entre les plateformes et des jobboards tels que Monster, il n’y a pas photo. « Avec les Jobboards, je croule sous les CV qui n’ont malheureusement pas forcément grande adéquation avec l’annonce postée. Avec les plateformes, je teste nos profils de postes et je reçois des candidatures ciblées, souvent de très bonne qualité et des profils jeunes et dynamiques. Je pense immédiatement à 4 collaborateurs recrutés il y a peu de temps; ils avaient postulés en candidature spontanée ». « Avec les plateformes, on touche des personnalités qui sont désormais appelées des talents! Car ces jeunes utilisent systématiquement ce type d’outil; il s’agit de leur monde. Cela tombe bien, Limonetik est une startup et notre moyenne d’âge n’excède pas 32 ans ! » Par contre, selon elle, ces plateformes ne remplacent pas un cabinet de chasse, mais sont complémentaires. « La dimension humaine reste essentielle. Un cabinet est beaucoup plus fin et précis. A chacun son métier! Il pourra repérer les éventuelles failles d’un candidat. Lorsque j’ai des CV intéressants via la plateforme, je les envoie à un cabinet de chasse sous-traitant; cela permet d’être plus performant. Depuis 2 ans 100% de nos recrutements se concrétisent par une confirmation de la période d’essai et nos alternants sont eux aussi recrutés en CDI! »

Christine Gonzalez est l’une des responsables de la plateforme Becoopt. Cet outil numérique RH est dédié au recrutement par cooptation. « Aujourd’hui une grande partie des sociétés rencontre des difficultés à recruter certains profils ‘pénuriques’. Becoopt permet de recruter des profils avant qu’ils ne soient présents sur le marché, grâce à la cooptation. La qualité du recrutement est ainsi améliorée car cette cooptation permet de garantir une meilleure adéquation des besoins de l’entreprise et du candidat ». Christine Gonzalez insiste également sur le développement de la marque employeur grâce à la solution Becoopt. En effet, en offrant la possibilité aux collaborateurs de participer au recrutement via cette plateforme, la société les fidélise et les valorise – une prime est d’ailleurs prévue en cas d’embauche d’une personne recommandée. Autre avantage, les coûts de la solution ne dépendent pas du nombre de recrutés.

Le caractère révolutionnaire des plateformes réside dans la manière avec laquelle elles transforment l’activité d’intermédiation et les business model. Reste à savoir si leur succès va supplanter les modèles des entreprises dites classiques.

Corinne
Depuis plus de 25 ans dans le métier de la communication et du marketing, Corinne a démarré sa carrière à la télévision avant de rejoindre une agence événementielle. Curieuse dans l’âme, elle poursuit sa carrière dans l’IT et intègre une société de conseil en éditique puis entre chez un éditeur de logiciels leader sur son marché, SEFAS. Elle est ensuite nommée Directrice Communication chez MGI Digital Graphic, constructeur de matériel d’impression numérique et de finition international coté en bourse. Revenue en 2008 chez SEFAS au poste de Directrice Marketing et Communication groupe, elle gère une équipe répartie sur 3 géographies (France, Etats-Unis et Angleterre), crée le groupe utilisateurs de l’entreprise et lance un projet de certification ISO 9001, ISO 14001 et ISO 26000 couronné de succès. Pendant 7 ans membre du conseil d’administration de l’association professionnelle Xplor France et 2 ans sa Présidente, Corinne a créé dès 2010 TiKibuzz, son agence de marketing et de communication. Elle devient Directrice de la Communication en charge des Relations Presse, du Lobbying et du marketing digital chez DOCAPOST, groupe La Poste, durant 3 ans avant de rejoindre la start-up FINTECH Limonetik, en 2013. C'est cette même année qu'elle crée votre média professionnel, DOCaufutur, l'avenir du document.

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