L’Intelligence émotionnelle au service de l’entreprise – Maud Laurent pour DOCaufutur

Notre réussite professionnelle dépendrait moins de notre QI ou de nos diplômes que de notre savoir-faire émotionnel. Les managers et cadres dirigeants ressentent beaucoup de pression au quotidien pour gérer leurs équipes. C’est alors que l’intelligence émotionnelle entre en jeu. 

Pour Didier Gailliegue, consultant et auteur du livre l’intelligence émotionnelle, une alliée pour votre vie personnelle et professionnelle et ancien DRH, le capital émotionnel en entreprise est particulièrement important aujourd’hui : « tous les paramètres sont bouleversés, nous connaissons des périodes de ruptures, quelles soient numérique, financière, philosophique, commerciale ou technologique ». Toutes ces zones de rupture et d’instantanéité font que « les salariés ont de plus en plus de mal à gérer leurs angoisses » constate Christophe Haag, docteur en comportement organisationnel et professeur chercheur à l’EM Lyon.

Exprimer ses émotions était autrefois considéré comme un signe de faiblesse. Il fallait les laisser à la porte de l’entreprise et se concentrer sur ses tâches quotidiennes. Aujourd’hui on constate que c’est en laissant parler ses émotions et en écoutant celles des autres que l’on gagnera en performance. Pour Kim Nguyen Phuoc, Directrice de Do it, l’intelligence émotionnelle est intra et interpersonnelle, « c’est la capacité d’un individu à identifier, comprendre, réguler et estimer ses émotions afin d’interagir au mieux avec l’autre ». Laurence Darnauld, Fondatrice d’Harveston, ajoute que l’intelligence émotionnelle est synonyme d’authenticité.

Les experts en intelligence émotionnelle représentent moins de 2% de la population managériale  

Pour Florie Fonterme, responsable certification chez TTI Success Insights, « on reconnaît une personne au quotient émotionnel élevé s’il fait preuve de motivation, d’empathie, de compétences sociales tout en ayant une bonne conscience et maîtrise de soi ». Ce sont d’ailleurs ces 5 dimensions qui sont évaluées dans le questionnaire d’évaluation EQ proposé. L’idéal n’étant pas forcément d’avoir des résultats élevés, mais avant tout équilibrés. Les compétences techniques s’apprennent, les compétences émotionnelles se travaillent. Les chercheurs tel que Christophe Haag préfèrent se focaliser sur le modèle pur de Salovey et Mayer (les pères de l’intelligence émotionnelle) en développant des tests dit de performance plutôt que des tests d’auto-évaluation.

Un enfant exprime quantité d’émotions, mais la répétition de remarques comme ‘arrête de pleurer’ ou ‘ne te mets pas en colère’ va entraîner un refoulement de celles-ci » explique Latifa Gallo, coach et auteur du livre les 50 règles d’or de l’Intelligence émotionnelle. Cela peut remonter à notre petite enfance, mais également à notre histoire personnelle et notre parcours. L’intelligence émotionnelle est une conjugaison entre inné et acquis. Certaines personnes expriment plus facilement leurs émotions alors que d’autres y voient un signe de faiblesse. Mais la véritable force d’un individu est d’accepter ses fragilités et cela s’apprend.

Christophe Haag nous cite les caractéristiques d’une personne au QE élevé : elle secrète moins d’hormones de stress et d’anxiété, elle prend des risques, a une vie de couple et une vie sociale épanouie, elle souffre moins de maux de tête, de ventre ou d’insomnie et n’a pas d’addiction. Son bien être général en fait une personne ayant confiance en elle, motivée et créative et ne s’estime pas au dessus des autres. Ces experts du QE ne représentent que 2% de la population managériale. Pour atteindre un meilleur niveau d’intelligence émotionnelle, le coaching peut être une solution adaptée. « Grâce au coaching, les managers apprennent à mieux se connaître, à repérer leurs forces et leurs fragilités tout en testant des outils et des techniques très opérationnelles » indique Latifa Gallo.

Du carnet des émotions aux réunions avec café et croissants 

Florie Fonterme conseille de constituer un carnet des émotions pour mieux se comprendre, « dès qu’une émotion se présente, écrivez les symptômes physiques que vous ressentez, votre manière de réagir et l’impact qu’elle peut avoir sur votre performance ; analysez les facteurs déclencheurs, et prenez du recul sur la stratégie émotionnelle que vous avez mis en place pour essayer de la contrôler »« En mettant en place ce travail d’introspection, on réalise que ce n’est pas nécessairement l’autre qui est responsable de notre colère lorsque l’on nous fait remarque que l’on juge désagréable. On comprend que c’est seulement l’élément déclencheur, parce qu’il touche à l’une de nos valeurs profondes » ajoute Laurence Darnault.

Autre contexte, autre exemple. Laurence Darnault nous parle de l’un de ses clients qui dès le lundi matin 9h organisait une réunion très formelle et cadrée avec ses équipes. Ce rendez-vous hebdomadaire n’étant pas très productif, il a décidé d’apporter café et croissants et de conduire la réunion de manière plus décontractée et informelle… « Résultat : les collaborateurs ont été force de propositions. Quelques semaines plus tard, ce sont eux qui amenaient les croissants ! ».

Un salarié écouté et autonome sera plus efficace au travail, contrairement à un salarié stressé. Kim Nguyen Phuoc conseille de ne pas envoyer de mails à son collaborateur le vendredi soir. Ce dernier risque de l’avoir en tête tout le weekend et arrivera perturbé le lundi matin. « Il s’agit de faire preuve d’empathie, de se mettre à la place de l’autre pour ensuite reprendre sa place ». Le travail sur l’IE sera un élément clé en entreprise dans les cinq prochaines années. 

Pour Didier Gailliegue, « le leader de demain sera performant s’il sait orienter ses émotions au profit de son épanouissement personnel et celui de ses collaborateurs. L’émotion doit être au cœur de l’entreprise pour en améliorer la performance. Une info présentée avec une connotation émotionnelle favorise grandement la mémorisation.

Les nouvelles générations sont beaucoup plus enclines à s’ouvrir à leurs émotions, dans leur vie privée comme au travail. Management participatif, bien être au travail, autonomie, développement personnel, aménagement des horaires, bonne ambiance de travail … Les entreprises qui réussiront à recruter et retenir les jeunes talents seront, à n’en pas douter, celles qui utiliseront l’intelligence émotionnelle.

Corinne
Depuis plus de 25 ans dans le métier de la communication et du marketing, Corinne a démarré sa carrière à la télévision avant de rejoindre une agence événementielle. Curieuse dans l’âme, elle poursuit sa carrière dans l’IT et intègre une société de conseil en éditique puis entre chez un éditeur de logiciels leader sur son marché, SEFAS. Elle est ensuite nommée Directrice Communication chez MGI Digital Graphic, constructeur de matériel d’impression numérique et de finition international coté en bourse. Revenue en 2008 chez SEFAS au poste de Directrice Marketing et Communication groupe, elle gère une équipe répartie sur 3 géographies (France, Etats-Unis et Angleterre), crée le groupe utilisateurs de l’entreprise et lance un projet de certification ISO 9001, ISO 14001 et ISO 26000 couronné de succès. Pendant 7 ans membre du conseil d’administration de l’association professionnelle Xplor France et 2 ans sa Présidente, Corinne a créé dès 2010 TiKibuzz, son agence de marketing et de communication. Elle devient Directrice de la Communication en charge des Relations Presse, du Lobbying et du marketing digital chez DOCAPOST, groupe La Poste, durant 3 ans avant de rejoindre la start-up FINTECH Limonetik, en 2013. C'est cette même année qu'elle crée votre média professionnel, DOCaufutur, l'avenir du document.

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