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Transformation digitale et changement de culture font-ils la paire? Maud Laurent pour DOCaufutur

Les entreprises ont aujourd’hui pris conscience qu’un virage vers le numérique est essentiel pour chacune d’entre elles. Les outils digitaux impliquent de nouvelles règles du jeu en relation client, management, mobilité, etc. Nous verrons ici en quoi cette transformation digitale va de paire avec un changement de culture en entreprise. 

Pascal Mennesson, cofondateur de Maltem Consulting
Group
, parle du numérique comme d’une révolution civilisationnelle. « Nous avons connu 3 phases de diffusion de la connaissance à l’échelle de l’humanité : l’écriture, l’imprimerie et Internet. Depuis 1955, 80% des 500 plus grandes entreprises mondiales ont disparu, faute d’avoir su prendre le virage numérique » prévient t-il. Nous pouvons imaginer que celles qui sauront s’adapter à la violence de cette transformation ne sont pas nombreuses.

Concepto de Fintech.« On sent que les entreprises ont réellement pris conscience du danger imminent de l’ubérisation. La Fintech est arrivée avec l’explosion d’innovations qui l’accompagne et qui a fait naître de nombreuses startups qui cassent les codes » ajoute Pascal Mennesson. Claus Hintermeier, associé chez Infosys consulting observe des processus d’action, la vague numérique faisant maintenant partie intégrante des établissements bancaires, secteur dans lequel il travaille et qui se place en 3ème position des industries les plus digitalisées.

« Les entreprises n’ont plus aujourd’hui le loisir de s’interroger sur la nécessité de s’adapter à ces nouveaux usages.  Quel commercial pourrait envisager de travailler sans avoir accès aux documents de l’entreprise alors qu’il est en visite chez un de ses clients ? » se demande Nathalie Chamblain, Directrice Marketing Sharp Business Systems Europe du sud de Sharp.

L’humain est au cœur de cette transformation, les clients comme les collaborateurs

Les nouvelles technologies ont paradoxalement la mission de valoriser l’humain, et c’est en cela que les entreprises changent leur culture. « Les sociétés doivent mettre en place des mécanismes qui permettent d’impliquer les parties prenantes, qui sont au nombre de quatre : l’utilisateur, les métiers, l’IT et les RH »indique Martial Jibrayel, Responsable développement des offres solutions chez Computacenter France. L’IT ne joue pas un rôle de prescripteur, mais un rôle de facilitateur dans un processus de transformation où l’utilisateur doit être mis au centre. L’enjeu est vraiment de fournir un environnement de travail qui convient aux utilisateurs, leur apportant une expérience à celle qu’ils connaissent déjà dans leur vie personnelle, afin qu’ils adhèrent aux transformations et éviter le développement du shadow IT (services IT publics amenés en entreprise). Les entreprises doivent en effet s’adapter à la digitalisation de la société : « les collaborateurs sont désormais connectés, mobiles et veulent retrouver leurs usages personnels au travail. Ils souhaitent pour cela avoir accès à leurs données n’importe où n’importe quand, depuis leur PC, leur tablette, leur smartphone » explique Nathalie Chamblain. Quant aux Ressources humaines, elles occupent une place centrale dans cette transformation numérique : « elles doivent comprendre les utilisateurs, s’occuper des ramifications légales des nouveaux processus mais également accompagner les salariés, mesurer leurs satisfactions » ajoute Martial Jibrayel.

Dans le secteur bancaire, trois axes orientés clients sont adoptés par la majorité des établissements. Claus Hintermeier les détaille : « L’omnicanal (mobile, Ipad, tablette, ordinateur), le CRM pour proposer les bons produits ‘just in time’ avec le client et le STP (Straight Through Processing) pour qu’il n’y ait aucune interruption pendant qu’un système traite une requête d’un client ». Pour mettre en place ces processus, les entreprises doivent rentrer dans la tête du client. Pour cela, elles ont tout intérêt à utiliser des méthodes agiles, plus modernes et adaptées à des changements fréquents.

Caution, Doors Do Not Open. for the unemployed.Les notions de mode projet et de décloisonnement ont fait leur nid. « L’espace de bureau numérique est n’importe où. Qu’il soit fourni ou non par mon employeur, mes outils me permettent de travailler dans n’importe quel espace, à condition d’avoir du wifi » explique Arnaud Le Hung, directeur Marketing Europe du Sud et Afrique chez Aruba. Il précise que certaines entreprises invitent même le salarié à acheter le matériel qu’il souhaite pour être le plus à son aise possible. Arnaud Le Hung dit que les outils digitaux tels que les objets connectés permettent d’automatiser des tâches répétitives assez basiques. Les collaborateurs peuvent ainsi se concentrer sur leur cœur de métier et pourquoi pas monter en compétences. « On assiste à une certaine redistribution des rôles. Les fonctions ne sont plus figées, de nouveaux besoins créent de nouvelles vocations » précise t-il.

Les digital natives poussent les entreprises à décloisonner et décomplexer

Pour Pascal Mennesson, il faut décloisonner mais aussi décomplexer. On fait tomber les barrières avec le télétravail, les openspace et les coworking. L’information circule ainsi dans tous les sens et ne vient pas juste du top management. « La vitesse de mise en action d’un projet doit être aujourd’hui accélérée et optimisée pour le client et être au plus près de celle des startups. Les digital natives poussent d’ailleurs les entreprises à emprunter ce nouveau chemin ».

Pascal Mennesson explique qu’il y a quelques années en arrière, on jugeait une entreprise au seul critère de son chiffre d’affaires, et donc de sa rentabilité. Aujourd’hui de nombreux autres critères entrent en jeu : politique de RSE, sens/valeurs, e-réputation, notoriété sur le marché, éthique, etc. Les nouveaux modes de communication nous font accéder à ces informations qui prennent de plus en plus d’importance aux yeux des consommateurs-citoyens-travailleurs. 

La transformation numérique touche tous les secteurs et toutes les fonctions de l’entreprise, quelle que soit sa taille. La transformation digitale ne doit pas être appréhendée comme un passage obligé mais comme une occasion de se réinventer. On redonne ainsi du pouvoir à l’humain en repensant sa culture d’entreprise.

Written by Corinne

Depuis plus de 25 ans dans le métier de la communication et du marketing, Corinne a démarré sa carrière à la télévision avant de rejoindre une agence événementielle. Curieuse dans l’âme, elle poursuit sa carrière dans l’IT et intègre une société de conseil en éditique puis entre chez un éditeur de logiciels leader sur son marché, SEFAS. Elle est ensuite nommée Directrice Communication chez MGI Digital Graphic, constructeur de matériel d’impression numérique et de finition international coté en bourse. Revenue en 2008 chez SEFAS au poste de Directrice Marketing et Communication groupe, elle gère une équipe répartie sur 3 géographies (France, Etats-Unis et Angleterre), crée le groupe utilisateurs de l’entreprise et lance un projet de certification ISO 9001, ISO 14001 et ISO 26000 couronné de succès.
Pendant 7 ans membre du conseil d’administration de l’association professionnelle Xplor France et 2 ans sa Présidente, Corinne a créé dès 2010 TiKibuzz, son agence de marketing et de communication.
Elle devient Directrice de la Communication en charge des Relations Presse, du Lobbying et du marketing digital chez DOCAPOST, groupe La Poste, durant 3 ans avant de rejoindre la start-up FINTECH Limonetik, en 2013. C'est cette même année qu'elle crée votre média professionnel, DOCaufutur, l'avenir du document.