Mixité femmes-hommes en entreprise… dans votre entreprise comment cela se passe-t-il ?

Les femmes prennent de plus en plus en de place en entreprise, ce n’est pas DOCaufutur qui le dit mais la dernière enquête Viadéo; et ça ne sort pas d’un chapeau mais d’une étude réalisée sur un panel de 765 membres Viadéo ayant accepté de se prêter au jeu.

Et vous, qu’en pensez-vous ? La diversité, qu’elle qu’elle soit, nous semble quelque chose de tellement logique, valorisant et satisfaisant que nous ne voyions pas, à priori, pourquoi on en fait débat. Mais étant un sujet qui use pas mal de touches d’ordinateurs et grille quelques neurones dans toutes les strates de la société, il nous semble que le sujet mérite d’être exploré. D’autant que quelques jours après avoir reçu cette enquête Viadéo nous avons reçu un rapport nommé « Le digital : quelles opportunités professionnelles pour les femmes ? » Pas glop ! « Pourquoi le digital serait-il une opportunité uniquement pour les femmes ? » nous sommes-nous aussitôt dit… et de voir s’afficher sur le mur LinkedIn d’autres articles de tous poils sur le sujet qui fait recette.

En résumé l’étude Viadéo indiquait ceci :

  • les hommes ont plus de facilité à concilier vie professionnelle et vie privée (64% vs 52%) car ils sacrifieraient moins leur vie professionnelle pour leur vie privée et familiale
  • les hommes comme les femmes aimeraient consacrer plus de temps à des activités personnelles ainsi qu’à leur famille
  • si les hommes ne se sentent pas plus à même de prendre des décisions que les femmes et ne pensent pas mieux résister au stress qu’elles, une forte majorité d’entre eux restent persuadés qu’elles sont plus émotives et moins ambitieuses
  • 73% des hommes interrogés pensent que la mixité risque de rompre certaines habitudes de façon positive
  • Environ 45% des hommes (vs 32% des femmes) disent ne pas se sentir concernés par les difficultés que rencontrent parfois les femmes à accéder à des postes de direction.
  • Les hommes comme les femmes pensent que les choses ont encore du mal à bouger et il reste quelques combats à mener pour une mixité et un équilibre femmes–hommes en entreprise.

Pour aborder ce sujet de manière pragmatique mais non exhaustive, nous avons interrogé une chef d’entreprise du secteur de l’éditique et de la GED pour savoir comment, dans sa société, ce point était ressenti et un Directeur Marketing d’un grand constructeur. Evelyne Maisonneuve est Directrice de la société E.M.S à Bordeaux, spécialisée dans l’ingénierie et la production documentaire. Jean-Pierre Blanger est Directeur des Offres de Services à la  Direction Marketing et Communication de Ricoh France SAS.

DOCaufutur : Evelyne, Jean-Pierre, pourquoi les femmes semblent-elles, à priori, déranger dans le monde professionnel ?

Evelyne MaisonneuveEM : En tant que chef d’entreprise « femelle » je ne dirai pas les femmes dérangent mais simplement qu’elles ont du mal à se faire une place au soleil lorsque celle-ci est convoitée par un homme si tant est qu’elle puisse d’ailleurs accéder au concours pour admission… les mentalités ont certes un peu changé car nous voyons de plus en plus de femmes occuper des postes à responsabilités. Je dirai qu’elles sont tout simplement différentes et que la société est habituée à des méthodes de management, d’organisation qu’il est complexe de transformer. Personne n’est de mauvaise volonté mais les habitudes sont ce qu’elles sont et nous ne pouvons réduire le délai du changement de celles-ci, même s’il s’agit d’égalité.

Jean-Pierre Blanger-250JPB: Je ne suis pas sûr que les femmes dérangent le monde professionnel aujourd’hui. Bien au contraire. Mais, je suis certainement un peu optimiste car quand je pose la question aux femmes qui travaillent autour de moi, elles ne sont pas toujours de mon avis. Alors, quand c’est le cas, car si je suis plus raisonné, il est certain que cela arrive, c’est certainement un problème de culture d’entreprise. Dans une entreprise de main d’œuvre où l’effort physique prime sur la réflexion, on voit assez bien comment une femme peut déranger les hommes « machos » plus par habitude que par raison. Dans une entreprise du tertiaire on sait combien parfois par le poids de l’histoire, les femmes n’ont pas accès aux postes à très hautes responsabilités. Cette situation tend tout de même à s’atténuer, même s’il y a certainement encore à faire, par une prise de conscience collective de l’injustice d’une telle discrimination.

Mais, même dans une situation équilibrée entre hommes et femmes, ces dernières semblent déranger qui ? Les hommes ? Non, elle dérange les mâles dominants mal éduqués qui ne perçoivent pas l’intérêt de l’intelligence collective pour construire une entreprise agile. Elles dérangent les jaloux qui, homme ou femme, ne reconnaissent pas les compétences de leurs challengeurs. Elles dérangent ceux qui ne reconnaissent pas l’intérêt de l’effort collectif, de l’esprit d’équipe ou de l’imagination collaborative. Dans l’entreprise qui veut être agile dans les transformations imposées par l’économie numérique, ceux qui sont dérangés… sont des freins à éduquer en priorité car si elles semblent déranger, les femmes ne peuvent être le bouc émissaire de tous les maux.

DaF : Comment est organisée votre entreprise pour lutter contre la discrimination ?

EM : Chez E.M.S nous ne luttons pas contre la discrimination puisque le fait de lutter reviendrait à dire qu’elle existe. Comment une entreprise managée par une femme devrait lutter ? Je constate simplement que dans le domaine qu’il m’incombe de manager il est plus compliqué de séduire les femmes. Il ne faut pas généraliser car la nature humaine est faite de façon à ce que certains métiers ne soient jamais dans la parité. Un manager recrute la ressource dont il a besoin et personnellement je ne cherche pas à savoir s’il s’agit d’un homme ou d’une femme, je veux simplement trouver la bonne compétence ; alors, je ne me base pas sur les statistiques mais sur le bon sens à recruter selon le cas un homme ou une femme, indépendamment.

JPB: Mon entreprise Ricoh a pris le problème à bras le corps depuis des années, avec un accord sur la diversité et dans le prolongement avec un accord triennal (2015-2018) pour une démarche en faveur de l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes au sein de l’entreprise. Cet accord vise à  garantir la non-discrimination entre salariés, en raison du sexe, qu’elle soit directe ou indirecte. Il vise aussi l’égalité effective des chances tout au long de la vie professionnelle.

L’accord relatif à l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes s’inscrit dans le cadre des dispositions légales précisées à l’article L.2242-5 du Code du travail et complétées par le décret No 2011-822 du 7 juillet 2011 et la loi No 2014-873 du 4 août 2014 relative à l’égalité entre les femmes et les hommes dans la vie professionnelle.

Afin de montrer l’exemple, notre comité exécutif s’attache à une présence féminine. Récemment, la direction financière et aujourd’hui la direction marketing et communication est occupée par une femme. L’équilibre homme/femme penche au bénéfice des hommes mais cela apparaît plus suite à une sélection par la compétence que par le genre.

Mon entreprise s’impose des règles strictes à l’embauche. Nos responsables RH nous rappellent nos accords et nos devoirs avant toute sélection de CV et de candidats aux entretiens d’embauche. Résultat, tant nos équipes back-office que force de vente sont équilibrées par une présence féminine en forte de croissance depuis quelques années.

Sur certaines fonctions back-office telles que l’administration des ventes, le contrôle des données ou les responsables produits, la présence masculine reste faible alors qu’elle est très forte dans les fonctions techniques et de support. Il apparaît clairement pour certaines fonctions, que l’entreprise seule ne peut pas inverser des tendances lourdes qui manifestement remontent à la formation première bien avant l’engagement professionnel.

Il m’est donné d’embaucher et clairement pour des fonctions de business développement, de responsable produit et d’études marketing or, je dois dire qu’à y regarder de plus près pour répondre à la question posée, je découvre qu’à une personne près l’équilibre entre hommes et femmes est respectée dans mon équipe… au bénéfice des femmes. Cette découverte ne m’étonne pas car c’est la compétence professionnelle et l’adéquation des candidats aux postes qui guide mes décisions et cela, pour le bien de l’entreprise.

DaF : Que ressentez-vous sur le terrain, en dehors de votre entreprise ?

EM : Le fait d’être une femme dans un monde relativement masculin ne me pose pas de souci particulier. Il est vrai que lorsque je me retrouve dans une réunion avec très peu, voire aucune femme, ça m’interroge mais passé le délai de l’interrogation, tout se passe comme si nous étions dans un monde unisexe. Toutes les idées sont échangées ou retenues qu’elles soient féminines ou masculines. L’idée n’a pas de sexe, il faut simplement qu’elle soit bonne !

JPB: Sur le terrain, l’évolution s’est accentuée sur les vingt dernières années. Aujourd’hui homme comme femmes sont crédibles dans toutes les fonctions des entreprises. Evidemment, certaines fonctions comme déménageurs ou livreurs de courses sont plus facilement accessibles à des hommes musclés mais les fonctions d’accueil ou de back-office sont quant à elles, souvent plus accessibles à la gente féminine. Alors n’opposons pas les genres et conjuguons les talents avec intelligence.

Je constate dans mon entourage que hommes comme femmes sont ambitieux dans leur parcours professionnels et que si la famille compte, l’un comme l’autre s’organisent pour que chacun puisse privilégier sa réussite professionnelle. Le projet de vie s’enchevêtre avec les projets professionnels dans un dialogue coopératif à la recherche de l’équilibre pour chacun.

Je ressens aussi que la mixité a progressé. On ne demande plus aux femmes de jouer le rôle de potiches décoratives dans les salons. La raison n’en est pas seulement un marché de l’emploi resserré. On demande tout simplement plus de productivité à chacun. Le ratio Compétence/Paraître privilégie dorénavant très largement la capacité de conseil et de savoir-faire. L’apparence et le genre sont mis au second plan.

Sur le terrain, la mixité est une réalité. Dans le quotidien qui est encore étonné de la réussite d’une femme ? Personne. Le talent fait la différence au-delà du débat homme femme, dans la  diversité.

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Mixité femmes-hommes en entreprise… dans votre entreprise comment cela se passe-t-il ?

1st mai, 2016

Les femmes prennent de plus en plus en de place en entreprise, ce n’est pas DOCaufutur qui le dit mais la dernière enquête Viadéo; et ça ne sort pas d’un chapeau mais d’une étude réalisée sur un panel de 765 membres Viadéo ayant accepté de se prêter au jeu.

Et vous, qu’en pensez-vous ? La diversité, qu’elle qu’elle soit, nous semble quelque chose de tellement logique, valorisant et satisfaisant que nous ne voyions pas, à priori, pourquoi on en fait débat. Mais étant un sujet qui use pas mal de touches d’ordinateurs et grille quelques neurones dans toutes les strates de la société, il nous semble que le sujet mérite d’être exploré. D’autant que quelques jours après avoir reçu cette enquête Viadéo nous avons reçu un rapport nommé « Le digital : quelles opportunités professionnelles pour les femmes ? » Pas glop ! « Pourquoi le digital serait-il une opportunité uniquement pour les femmes ? » nous sommes-nous aussitôt dit… et de voir s’afficher sur le mur LinkedIn d’autres articles de tous poils sur le sujet qui fait recette.

En résumé l’étude Viadéo indiquait ceci :

  • les hommes ont plus de facilité à concilier vie professionnelle et vie privée (64% vs 52%) car ils sacrifieraient moins leur vie professionnelle pour leur vie privée et familiale
  • les hommes comme les femmes aimeraient consacrer plus de temps à des activités personnelles ainsi qu’à leur famille
  • si les hommes ne se sentent pas plus à même de prendre des décisions que les femmes et ne pensent pas mieux résister au stress qu’elles, une forte majorité d’entre eux restent persuadés qu’elles sont plus émotives et moins ambitieuses
  • 73% des hommes interrogés pensent que la mixité risque de rompre certaines habitudes de façon positive
  • Environ 45% des hommes (vs 32% des femmes) disent ne pas se sentir concernés par les difficultés que rencontrent parfois les femmes à accéder à des postes de direction.
  • Les hommes comme les femmes pensent que les choses ont encore du mal à bouger et il reste quelques combats à mener pour une mixité et un équilibre femmes–hommes en entreprise.

Pour aborder ce sujet de manière pragmatique mais non exhaustive, nous avons interrogé une chef d’entreprise du secteur de l’éditique et de la GED pour savoir comment, dans sa société, ce point était ressenti et un Directeur Marketing d’un grand constructeur. Evelyne Maisonneuve est Directrice de la société E.M.S à Bordeaux, spécialisée dans l’ingénierie et la production documentaire. Jean-Pierre Blanger est Directeur des Offres de Services à la  Direction Marketing et Communication de Ricoh France SAS.

DOCaufutur : Evelyne, Jean-Pierre, pourquoi les femmes semblent-elles, à priori, déranger dans le monde professionnel ?

Evelyne MaisonneuveEM : En tant que chef d’entreprise « femelle » je ne dirai pas les femmes dérangent mais simplement qu’elles ont du mal à se faire une place au soleil lorsque celle-ci est convoitée par un homme si tant est qu’elle puisse d’ailleurs accéder au concours pour admission… les mentalités ont certes un peu changé car nous voyons de plus en plus de femmes occuper des postes à responsabilités. Je dirai qu’elles sont tout simplement différentes et que la société est habituée à des méthodes de management, d’organisation qu’il est complexe de transformer. Personne n’est de mauvaise volonté mais les habitudes sont ce qu’elles sont et nous ne pouvons réduire le délai du changement de celles-ci, même s’il s’agit d’égalité.

Jean-Pierre Blanger-250JPB: Je ne suis pas sûr que les femmes dérangent le monde professionnel aujourd’hui. Bien au contraire. Mais, je suis certainement un peu optimiste car quand je pose la question aux femmes qui travaillent autour de moi, elles ne sont pas toujours de mon avis. Alors, quand c’est le cas, car si je suis plus raisonné, il est certain que cela arrive, c’est certainement un problème de culture d’entreprise. Dans une entreprise de main d’œuvre où l’effort physique prime sur la réflexion, on voit assez bien comment une femme peut déranger les hommes « machos » plus par habitude que par raison. Dans une entreprise du tertiaire on sait combien parfois par le poids de l’histoire, les femmes n’ont pas accès aux postes à très hautes responsabilités. Cette situation tend tout de même à s’atténuer, même s’il y a certainement encore à faire, par une prise de conscience collective de l’injustice d’une telle discrimination.

Mais, même dans une situation équilibrée entre hommes et femmes, ces dernières semblent déranger qui ? Les hommes ? Non, elle dérange les mâles dominants mal éduqués qui ne perçoivent pas l’intérêt de l’intelligence collective pour construire une entreprise agile. Elles dérangent les jaloux qui, homme ou femme, ne reconnaissent pas les compétences de leurs challengeurs. Elles dérangent ceux qui ne reconnaissent pas l’intérêt de l’effort collectif, de l’esprit d’équipe ou de l’imagination collaborative. Dans l’entreprise qui veut être agile dans les transformations imposées par l’économie numérique, ceux qui sont dérangés… sont des freins à éduquer en priorité car si elles semblent déranger, les femmes ne peuvent être le bouc émissaire de tous les maux.

DaF : Comment est organisée votre entreprise pour lutter contre la discrimination ?

EM : Chez E.M.S nous ne luttons pas contre la discrimination puisque le fait de lutter reviendrait à dire qu’elle existe. Comment une entreprise managée par une femme devrait lutter ? Je constate simplement que dans le domaine qu’il m’incombe de manager il est plus compliqué de séduire les femmes. Il ne faut pas généraliser car la nature humaine est faite de façon à ce que certains métiers ne soient jamais dans la parité. Un manager recrute la ressource dont il a besoin et personnellement je ne cherche pas à savoir s’il s’agit d’un homme ou d’une femme, je veux simplement trouver la bonne compétence ; alors, je ne me base pas sur les statistiques mais sur le bon sens à recruter selon le cas un homme ou une femme, indépendamment.

JPB: Mon entreprise Ricoh a pris le problème à bras le corps depuis des années, avec un accord sur la diversité et dans le prolongement avec un accord triennal (2015-2018) pour une démarche en faveur de l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes au sein de l’entreprise. Cet accord vise à  garantir la non-discrimination entre salariés, en raison du sexe, qu’elle soit directe ou indirecte. Il vise aussi l’égalité effective des chances tout au long de la vie professionnelle.

L’accord relatif à l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes s’inscrit dans le cadre des dispositions légales précisées à l’article L.2242-5 du Code du travail et complétées par le décret No 2011-822 du 7 juillet 2011 et la loi No 2014-873 du 4 août 2014 relative à l’égalité entre les femmes et les hommes dans la vie professionnelle.

Afin de montrer l’exemple, notre comité exécutif s’attache à une présence féminine. Récemment, la direction financière et aujourd’hui la direction marketing et communication est occupée par une femme. L’équilibre homme/femme penche au bénéfice des hommes mais cela apparaît plus suite à une sélection par la compétence que par le genre.

Mon entreprise s’impose des règles strictes à l’embauche. Nos responsables RH nous rappellent nos accords et nos devoirs avant toute sélection de CV et de candidats aux entretiens d’embauche. Résultat, tant nos équipes back-office que force de vente sont équilibrées par une présence féminine en forte de croissance depuis quelques années.

Sur certaines fonctions back-office telles que l’administration des ventes, le contrôle des données ou les responsables produits, la présence masculine reste faible alors qu’elle est très forte dans les fonctions techniques et de support. Il apparaît clairement pour certaines fonctions, que l’entreprise seule ne peut pas inverser des tendances lourdes qui manifestement remontent à la formation première bien avant l’engagement professionnel.

Il m’est donné d’embaucher et clairement pour des fonctions de business développement, de responsable produit et d’études marketing or, je dois dire qu’à y regarder de plus près pour répondre à la question posée, je découvre qu’à une personne près l’équilibre entre hommes et femmes est respectée dans mon équipe… au bénéfice des femmes. Cette découverte ne m’étonne pas car c’est la compétence professionnelle et l’adéquation des candidats aux postes qui guide mes décisions et cela, pour le bien de l’entreprise.

DaF : Que ressentez-vous sur le terrain, en dehors de votre entreprise ?

EM : Le fait d’être une femme dans un monde relativement masculin ne me pose pas de souci particulier. Il est vrai que lorsque je me retrouve dans une réunion avec très peu, voire aucune femme, ça m’interroge mais passé le délai de l’interrogation, tout se passe comme si nous étions dans un monde unisexe. Toutes les idées sont échangées ou retenues qu’elles soient féminines ou masculines. L’idée n’a pas de sexe, il faut simplement qu’elle soit bonne !

JPB: Sur le terrain, l’évolution s’est accentuée sur les vingt dernières années. Aujourd’hui homme comme femmes sont crédibles dans toutes les fonctions des entreprises. Evidemment, certaines fonctions comme déménageurs ou livreurs de courses sont plus facilement accessibles à des hommes musclés mais les fonctions d’accueil ou de back-office sont quant à elles, souvent plus accessibles à la gente féminine. Alors n’opposons pas les genres et conjuguons les talents avec intelligence.

Je constate dans mon entourage que hommes comme femmes sont ambitieux dans leur parcours professionnels et que si la famille compte, l’un comme l’autre s’organisent pour que chacun puisse privilégier sa réussite professionnelle. Le projet de vie s’enchevêtre avec les projets professionnels dans un dialogue coopératif à la recherche de l’équilibre pour chacun.

Je ressens aussi que la mixité a progressé. On ne demande plus aux femmes de jouer le rôle de potiches décoratives dans les salons. La raison n’en est pas seulement un marché de l’emploi resserré. On demande tout simplement plus de productivité à chacun. Le ratio Compétence/Paraître privilégie dorénavant très largement la capacité de conseil et de savoir-faire. L’apparence et le genre sont mis au second plan.

Sur le terrain, la mixité est une réalité. Dans le quotidien qui est encore étonné de la réussite d’une femme ? Personne. Le talent fait la différence au-delà du débat homme femme, dans la  diversité.

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