Étude Happydemics : 1/3 des Français n’ont pas confiance dans les instituts d’études et de sondages, qui manquent de transparence sur la collecte des données.

Les Français ont un sentiment partagé vis-à-vis des instituts d’études, qu’ils jugent, dans l’ordre des réponses, fiables (28 %), mais aussi biaisés (21 %) et opaques (20 %).
Pour les Français, ce qui crédibilise une information est d’abord sa source (71 %), un point de vue d’expert (34 %) et des chiffres (22 %).
Les répondants déclarent avoir confiance en un chiffre grâce principalement à la nature du média qui le relaye (48 %) et la mention de sa source (46 %).
Cependant, une majorité des sondés (57 %) pense que les instituts de sondage collectent encore aujourd’hui les données par appel téléphonique alors que ce mode de collecte n’est plus utilisé que pour des sujets d’études très ciblés.

Image mitigée, méconnaissance sur la façon dont les instituts d’études collectent leurs données et interrogent les sondés et panels, émergence d’une certaine défiance envers ces organisations…Tels sont les principaux résultats d’une étude récente intitulée « Quel regard les Français portent-ils sur la crédibilité des instituts d’études ? » menée par Happydemics, la scale-up leader de la transformation digitale des études. Dans le cadre de cette enquête nationale, 1 017 répondants représentatifs de la population française ont ainsi été interrogés dans toute la France dont 51 % de femmes et 49 % d’hommes. L’étude définit notamment deux grandes catégories de sondés : ceux qui ont confiance dans les chiffres et ceux qui n’en n’ont pas.

« Alors que les sondages réalisés par les instituts sur leur perception de la crise sanitaire et du confinement se multiplient, les Français sont en général dans l’attente d’une plus grande transparence de ces organisations sur l’origine des informations et chiffres qu’elles relaient, déclare Tarek Ouagguini, co-fondateur de Happydemics. Ce sentiment est renforcé par l’actualité : sondages sur des thématiques qui peuvent manquer de recul voire de légitimité (tenue vestimentaire à l’école), ou encore hystérisation du débat autour de l’utilisation du marketing digital aux USA à l’occasion des élections… Le rôle de l’ensemble des acteurs de l’écosystème des études doit donc être de renforcer la confiance des Français dans l’information qu’ils délivrent, dont notamment la fiabilité de leurs données. »

La source de l’information : vecteur de confiance des Français

Parmi les enseignements clés de cette étude, il ressort que 71 % des Français considèrent que la source est clé pour rendre crédible une information communiquée. Une opinion qui est partagée par 81 % des sondés de la tranche d’âge des 18-24 ans. De surcroît, les répondants déclarent avoir confiance en un chiffre grâce principalement à la nature du média qui le relaye (48 %) mais également à la mention de sa source (46 %). Ils sont 61 % de la tranche d’âge des 25-34 ans à être d’accord avec ce dernier avis.

Cependant, même si près de 7 Français sur 10 (68 %) ont confiance dans les chiffres – une part qui atteint 82 % des répondants de la tranche d’âge des plus jeunes de 18-24 ans –, les chiffres ne sont pas perçus en premier comme clés pour crédibiliser une information (22 %) et arrivent derrière le point de vue d’expert (34 %). 38 % des 18 et 24 ans estiment cependant que les chiffres crédibilisent bien une information.

Au-delà du rôle déterminant de la source pour rendre crédible une information et d’une confiance des Français à renforcer dans la crédibilité des chiffres, l’étude met en lumière le facteur décisif de la transparence sur la collecte des données pour redorer l’image des instituts de sondage.

Question : qu’est-ce qui impacte votre confiance dans les chiffres diffusés par les instituts d’études ?


(source : Happydemics – étude sur la confiance des Français dans les instituts d’études)

L’écueil des instituts : un manque de transparence sur la collecte des données

En effet, l’étude souligne que près de la moitié des Français (47 %) n’ont pas confiance dans les chiffres en raison du manque de contexte donné par les instituts de sondage sur la façon dont ils ont été obtenus. Cette part atteint 64 % pour la tranche d’âge des 35-44 ans. La confiance des Français dans les chiffres est également entravée à part égale par un manque d’accès aux informations sur la collecte des données (32 %) et de clarté de leur source (32 %). La nature du média qui les relaye joue, par ailleurs, un rôle non négligeable (37 %) et s’avère clé pour 61 % des sondés de la tranche d’âge 18-24 ans dans la confiance qu’ils accordent aux chiffres.

Ainsi, même plus de la moitié des répondants qui déclarent avoir confiance dans les chiffres (52 %) estime que les instituts devraient mieux communiquer sur leur façon d’administrer les sondages. De leurs côtés, 37 % des sondés de la tranche d’âge des plus jeunes (18-24 ans) considèrent qu’ils devraient être moins politisés et 32 % de celle des 25-34 ans de ne pas seulement traiter de sujets médiatisés ou polémiques.

De surcroît, plus de la moitié des Français se déclare assez réticent (28 %) ou très réticent (26 %) à répondre à des sondages ancrés dans l’actualité et couvrant des sujets sensibles comme les violences conjugales ou encore la tenue vestimentaire à l’école. Savoir à l’avance comment les réponses vont être exploitées ressort comme une condition de participation à ces sondages pour 19 % des sondés. En parallèle, répondre à des sondages moins politisés fait partie des attentes des sondés (25 %), une part qui atteint 37 % pour la tranche d’âge des 18-24 ans.

Enfin, l’étude révèle une vraie méconnaissance des sondés sur les méthodes de travail des instituts. En effet, lorsqu’interrogés sur leur moyen de collecte des données, les Français pensent en premier qu’ils recourent aux appels téléphoniques (57 %) – une part qui atteint même 66 % pour la catégorie des sondés qui ont confiance dans les chiffres – suivi des sites internet (41 %), des applications sur smartphone (37 %) et du mail (25 %).

« La méthode de collecte de données par téléphone a aujourd’hui majoritairement disparu, les instituts d’études n’y ayant recours que pour des sondages réalisés sur des sujets sensibles, notamment en santé publique ou en politique, déclare Charlotte Taupin, directrice de la stratégie de Happydemics. La méthode la plus utilisée reste le mail, mais de nouvelles méthodologies, plus ancrées dans nos façons de vivre actuelles, émergent également pour collecter une opinion toujours plus instantanée, et aussi plus fiable. »

Pour accéder aux résultats de l’étude dans son intégralité, cliquez-ICI.

Morgane Palomo
Diplômée d'un master un brand management marketing, sa curiosité et sa soif de savoir ne sont étanchées. De nature créative, elle a su diversifier ses expériences. De la création graphique, à l'événementiel en passant par la communication interne et le marketing digital, elle s’est construit un savoir pluriel et avant tout polyvalent.

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