Les grands enjeux de l’Intelligence Artificielle (IA) | Valentine Levacque pour DOCaufutur

Pascal Moreau, élu du POLD Puteaux et rapporteur du groupe « économie, soutien aux entreprises innovantes », nous a chaleureusement accueillis le 24 octobre dernier au sein du centre de conférences Cœur Défense afin de parler des enjeux de l’Intelligence Artificielle. Cette matinée de tables rondes était organisée par l’Observatoire COM MEDIA. Le but de cette rencontre au sein du cluster était de faire se rencontrer la quasi-totalité des acteurs de l’entreprise.

Pascal Moreau insiste dans son discours d’ouverture : « les politiques sont là pour faciliter et arranger les choses pour que les entreprises fassent ce qu’elles savent faire : du business ». Au programme, revenir sur les grands enjeux de l’Intelligence Artificielle (IA).

« Le digital est une évolution; l’Intelligence Artificielle est une révolution qu’il faut orienter et accompagner »

Tous les intervenants de la matinée en sont persuadés. Il n’existe pas une personne au monde qui ne sera impactée par l’Intelligence Artificielle. C’est en ce sens qu’Elon Musk, célèbre PDG de Telsa et DG de Space X, affirme qu’il ne faut pas laisser l’IA aux mains de n’importe qui. En d’autres termes, il ne faudrait pas laisser l’IA aux mains d’un docteur Folamour. En effet, lors d’une conférence de l’Association Nationale des Gouverneurs américains, en 2017, il a fait part de ses grandes inquiétudes en matière d’IA, qui représenterait, selon lui, un danger pour l’humanité, si aucune régulation ne l’encadrait.

« Tant que les gens ne verront pas des robots tuer des gens dans la rue, ils ne réagiront pas » déclarait alors le patron de Tesla.

Alors qu’est-ce que l’Intelligence Artificielle ? Sommes-nous sûrs de savoir la définir ? Comprenons-nous correctement ses enjeux ?

En 2019, les startups françaises dédiées à l’IA ont récolté plus de fonds que les startups britanniques. Grâce à l’ambition du chef de l’État français en 2018 de placer la France en position de « leader de l’intelligence artificielle », la France est en effet devenue une terre d’accueil pour des acteurs de l’IA. Par exemple, Facebook y a installé son hub européen Facebook AI Research (FAIR). De même, le centre de recherche en IA de Google se trouve à Paris. La France est d’ailleurs le 3ème producteur d’articles scientifiques à ce sujet.

L’IA semble donc bien être le monde de demain. Pour débattre de ses enjeux, Dominique Scalia, Président de l’Observatoire COM MEDIA a réuni autour d’une même table ronde Marco Landi, Jérôme Monceau et Pascal Latouche.

Comprendre l’Intelligence Artificielle du point de vue des humains

« Qu’est-ce que l’IA ? » est bien évidement la première question posée aux invités de la table ronde. Marco Landi, ancien Président Monde d’Apple est le premier à prendre la parole. Il déplore tout d’abord le terme utilisé « intelligence artificielle ».

D’après lui, par cette terminologie, « on cherche à dire que l’on veut imiter l’intelligence humaine. Alors que ça n’existe pas ! »

Marco Landi affirme que l’intelligence artificielle n’existe pas. Ce terme recouvre uniquement des algorithmes et des formules mathématiques.

L’ancien Président Monde d’Apple regrette également la vision que les films hollywoodiens donnent de l’IA. Autrement dit, que les robots puissent se rebeller comme HAL 9000 dans 2001, l’Odyssée de l’espace, film de Stanley Kubrick. D’après lui, cette mauvaise image pousserait l’être humain à stopper le développement de l’IA alors qu’au contraire, aujourd’hui plus que jamais il faudrait se positionner entre les GAFAM et les BATX.

Jérôme Monceau, fondateur de Spoon et ex co-fondateur d’Aldebaran Robotics, préfère quant à lui partir de l’assimilation faite entre robots et Intelligence Artificielle; puis définir l’IA selon trois niveaux d’analyses différents:

  • D’une part, le niveau microscopique. L’IA représente des calculs mathématiques qui permettent d’optimiser une variable.
  • D’autre part, l’échelle humaine. Comment nous, humains, pouvons percevoir l’IA.

« Nous sommes fascinés par l’autre artificiel » déclare Jérôme Monceau. « Il s’agit d’un dispositif non humain qui peut regarder nos actions. Cela pose alors la question de savoir comme nous-mêmes voyons le monde autour de nous ».

  • Enfin, le niveau macroscopique. L’Intelligence Artificielle va faire évoluer notre rapport au monde. En créant de nouveaux écosystèmes, l’IA normalise notre rapport au monde pour transporter notre culture.

Pourquoi avoir peur de l’IA ?

Afin d’animer la table ronde, Dominique Scalia a fait appel à Pascal Latouche, Directeur Orange Fab France et Coordinateur du réseau Orange Fab. Or à ce stade de la conversation entre les intervenants, Pascal Latouche soulève le problème de la compréhension de ce qu’est l’IA.

« Les gens ont peur de quelque chose qu’ils ne comprennent pas ».

Jérôme Monceau explique que l’Intelligence Artificielle peut faire peur, car elle peut forger la manière dont on voit le monde. Il s’agit donc d’un danger si un petit groupe s’approprie les outils de l’IA et en fait une dictature. Pour Marco Landi, l’Homme a toujours eu peur des nouvelles technologies. Il n’est donc pas étonnant qu’il ait peur de l’IA.

« Le simple fait de l’appeler Intelligence Artificielle sous-entend qu’elle peut nous dépasser ». Il rappelle qu’à son avis, l’IA ne représente rien de plus que des systèmes experts sans conscience. « Le problème ce n’est pas la technologie mais l’Homme. Il faut avoir peur de l’utilisation que l’Homme va en faire ».

En synthèse

Pour conclure cette table ronde, Pascal Latouche se propose de synthétiser les allocutions en trois points.

  • L’IA serait une capacité donnée à la programmation. Un facilitateur qui donne un pouvoir particulier, une spécificité. Cette capacité viendrait d’un ensemble de choses qui touchent tous les individus dans leur quotidien.
  • De qui a-t-on peur ? De l’IA ou de nous-même ? L’être humain donne à la programmation une capacité qui vient de nos comportements. Or l’être humain sait qui il est. Dire que nous avons peur de l’IA revient à dire que nous avons peur de nous-mêmes.
  • Enfin, peu importe ce qu’est l’IA. La vraie question est celle de l’usage : à quoi sert l’IA ? Quels sont ses cas d’usages ?
Valentine
Arrivée sur terre il y a quelques lustres, Valentine entre aujourd’hui dans le métier de la communication. C’est non sans intrépidité qu’elle a intégré la Sorbonne en philosophie après une classe préparatoire littéraire (A/L). Après un mémoire sur la place de l’éthique dans la société actuelle à partir d’Aristote, Valentine poursuit son cursus en éthique appliquée. Autrement dit elle s’intéresse aux actions des entreprises et des institutions publiques, proposant alors des solutions de conseil afin d’accompagner leurs prises de décision. Au coeur de l’économie numérique, les rouages de la communication autour de l’innovation la passionnent. C’est pour cela que Valentine a rejoint l’équipe de Tikibuzz, une agence de communication et de marketing, en 2018. Aujourd’hui, elle a le plaisir de s’aventurer sur le terrain de l’éditique et de la gestion de la communication client, afin de vous proposer chers lecteurs, des reportages et des témoignages pour votre média DOCaufutur.

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