La démarche d’innovation de Fujitsu, une discussion avec Axel Mery, Chief Technical Officer (CTO) de Fujitsu France – Par Guillaume Villon de Benveniste

Thoughtful businessman at computer designing an idea

Comment une entreprise comme Fujitsu, 5ème acteur mondial des services informatiques, accompagne-t-elle ses clients dans la démarche d’innovation ? Comment parvient-elle à aider ses clients à réaliser des gains de productivité ou à accroître son avantage concurrentiel ? Voici quelques-unes des questions que j’ai abordées avec Axel Mery, Chief Technical Officer (CTO) de Fujitsu France.

Une démarche d’innovation fondée sur une posture d’ouverture

Axel Mery – CTO chez Fujitsu France

La première chose qu’Axel Mery m’a dit, c’est que Fujitsu adopte une posture d’ouverture. L’entreprise nipponne ne cherche pas à répondre aux problématiques de ses clients en se limitant aux solutions internes de l’entreprise. Même si l’entreprise, forte de 40 milliards de dollars de chiffres affaires, dispose d’actifs technologiques considérables, il arrive qu’elle ne dispose pas des solutions nécessaires pour répondre aux enjeux particuliers de certains de ses clients. Dans ce cas-là, le constructeur japonais se tourne vers un écosystème de startups et se charge de fabriquer elle-même la solution en incorporant des technologies externes à l’entreprise. Autrement dit, ce qui est intéressant c’est que Axel porte son attention d’abord sur le problème du client et ensuite de la solution apportée. Il ne cherche pas tellement à pousser des technologies ou des solutions faisant déjà partie de la gamme de produits. Son objectif consiste avant tout à répondre aux problèmes particuliers de ses clients. Il s’agit là d’ailleurs de l’un des préceptes du Lean Startup : se focaliser sur les problèmes du marché plutôt que de pousser une solution existante.

Le Proof of Concept (POC) chez un grand pétrolier : comment minimiser les actes frauduleux ?

Le pétrolier français s’est rapproché du constructeur japonais avec un problème très précis. Ses stations à essence sont sujettes à un certain nombre d’actes frauduleux entraînant une double conséquence :

  • D’une part, le matériel dégradé demeure coûteux à réparer
  • D’autre part, ces actes de malveillance entraînent aussi un problème d’image

On peut citer différents actes de malveillance. Mais, s’il fallait n’en retenir que deux, on mentionnerait les suivants :

  • D’une part, on trouve des consommateurs qui superposent sur le lecteur de carte bancaire un dispositif en plastique visant à copier la carte bancaire du client lorsque celle-ci est introduite au moment du paiement.
  • D’autre part, on trouve aussi des clients qui laissent le pistolet de distribution dans le réservoir d’essence du véhicule. Lorsque le véhicule se remet en marche, celui-ci est déchiré de sa base.

Fujitsu met en place un système d’analyse d’images visant à prévenir ce type d’actes de malveillance. Étant donné que l’ensemble des stations essences sont filmées, on a ajouté un logiciel capable d’identifier le consommateur sur les images. En outre, celui-ci se montre capable de détecter des comportements pouvant se conduire à des dégradations de matériel. Lorsque ceux-ci sont identifiés, une alerte est envoyée au responsable de la station essence en question. Averti du risque de malveillance, celui-ci prend les dispositions nécessaires pour les prévenir, si le risque paraît effectivement réel.

Un deuxième PoC avec une grande école d’ingénieur

En partenariat avec une grande école d’ingénieur, la direction des opérations d’un grand acteur du CAC 40 cherche à optimiser ses capacités de maintenance dans ses usines. Très souvent, le personnel sur place ne parvient pas à réaliser la maintenance nécessaire sur la totalité des machines et des robots industriels présents sur le site. Pourquoi ? Tout simplement parce que ce matériel reste extrêmement compliqué, très technique, très complexe et que toute erreur de manipulation peut avoir des conséquences graves.

Jusqu’à présent, la coutume consistait à déplacer le personnel spécialisé sur le site afin de réaliser les actes de maintenance idoines. Mais, Fujitsu développe des lunettes à réalité augmentée. Elles permettent dès lors de réaliser un certain nombre d’actes de maintenance à distance. Comment cela fonctionne-t-il ? Le personnel sur site met les lunettes et entre en communication avec le personnel spécialisé. Ces derniers voient très exactement ce que voit le personnel sur place. Le personnel sur place effectue des opérations qui lui sont suggérées par le personnel à distance. La communication se fait de façon simple puisqu’elle a lieu par Skype sur une image qui apparaît comme en surimpression de la réalité.

Ce type d’innovation permet de réaliser des gains de productivité considérable étant donné que l’exploitation des machines, déjà très coûteuse, s’en trouve optimisée. En outre, elle permet une formation de l’ensemble du personnel : le personnel sur site se familiarise avec des actes de maintenance complexe tandis que le personnel spécialisé partage son savoir-faire.

Le 9 juin prochain, ou l’aperçu du futur !

Le 9 juin prochain, au Parc Floral des Expositions de Vincennes, Fujitsu organise une journée entière dédiée à l’innovation. Les laboratoires européens du constructeur nippon viendront notamment présenter, en exclusivité, un certain nombre d’innovations. Je n’en citerai que deux :

  • En premier lieu, on peut citer l’espace de travail digital. À l’aide de plusieurs rétroprojecteurs disposés à différents endroits d’une salle, on est capable de créer un espace virtuel. Par exemple, on dessine des traits digitaux, sur un mur pourtant bien, avec l’insouciance que permet le numérique tandis qu’un logiciel dactylographie ou reproduit ce qui est dessiné.
  • En second lieu, le distributeur bancaire fait également l’objet d’innovations. L’identification du client est réalisée par une empreinte digitale tandis que les opérations bancaires les plus confidentielles sont affichées, non pas sur l’écran du distributeur trop exposé aux regards des curieux, mais sur le smartphone de l’utilisateur. Enfin, un système de code-bar facilite les transferts de sommes modestes d’un utilisateur à un autre.

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La démarche d’innovation de Fujitsu, une discussion avec Axel Mery, Chief Technical Officer (CTO) de Fujitsu France – Par Guillaume Villon de Benveniste

Thoughtful businessman at computer designing an idea 10th mai, 2016

Comment une entreprise comme Fujitsu, 5ème acteur mondial des services informatiques, accompagne-t-elle ses clients dans la démarche d’innovation ? Comment parvient-elle à aider ses clients à réaliser des gains de productivité ou à accroître son avantage concurrentiel ? Voici quelques-unes des questions que j’ai abordées avec Axel Mery, Chief Technical Officer (CTO) de Fujitsu France.

Une démarche d’innovation fondée sur une posture d’ouverture

Axel Mery – CTO chez Fujitsu France

La première chose qu’Axel Mery m’a dit, c’est que Fujitsu adopte une posture d’ouverture. L’entreprise nipponne ne cherche pas à répondre aux problématiques de ses clients en se limitant aux solutions internes de l’entreprise. Même si l’entreprise, forte de 40 milliards de dollars de chiffres affaires, dispose d’actifs technologiques considérables, il arrive qu’elle ne dispose pas des solutions nécessaires pour répondre aux enjeux particuliers de certains de ses clients. Dans ce cas-là, le constructeur japonais se tourne vers un écosystème de startups et se charge de fabriquer elle-même la solution en incorporant des technologies externes à l’entreprise. Autrement dit, ce qui est intéressant c’est que Axel porte son attention d’abord sur le problème du client et ensuite de la solution apportée. Il ne cherche pas tellement à pousser des technologies ou des solutions faisant déjà partie de la gamme de produits. Son objectif consiste avant tout à répondre aux problèmes particuliers de ses clients. Il s’agit là d’ailleurs de l’un des préceptes du Lean Startup : se focaliser sur les problèmes du marché plutôt que de pousser une solution existante.

Le Proof of Concept (POC) chez un grand pétrolier : comment minimiser les actes frauduleux ?

Le pétrolier français s’est rapproché du constructeur japonais avec un problème très précis. Ses stations à essence sont sujettes à un certain nombre d’actes frauduleux entraînant une double conséquence :

  • D’une part, le matériel dégradé demeure coûteux à réparer
  • D’autre part, ces actes de malveillance entraînent aussi un problème d’image

On peut citer différents actes de malveillance. Mais, s’il fallait n’en retenir que deux, on mentionnerait les suivants :

  • D’une part, on trouve des consommateurs qui superposent sur le lecteur de carte bancaire un dispositif en plastique visant à copier la carte bancaire du client lorsque celle-ci est introduite au moment du paiement.
  • D’autre part, on trouve aussi des clients qui laissent le pistolet de distribution dans le réservoir d’essence du véhicule. Lorsque le véhicule se remet en marche, celui-ci est déchiré de sa base.

Fujitsu met en place un système d’analyse d’images visant à prévenir ce type d’actes de malveillance. Étant donné que l’ensemble des stations essences sont filmées, on a ajouté un logiciel capable d’identifier le consommateur sur les images. En outre, celui-ci se montre capable de détecter des comportements pouvant se conduire à des dégradations de matériel. Lorsque ceux-ci sont identifiés, une alerte est envoyée au responsable de la station essence en question. Averti du risque de malveillance, celui-ci prend les dispositions nécessaires pour les prévenir, si le risque paraît effectivement réel.

Un deuxième PoC avec une grande école d’ingénieur

En partenariat avec une grande école d’ingénieur, la direction des opérations d’un grand acteur du CAC 40 cherche à optimiser ses capacités de maintenance dans ses usines. Très souvent, le personnel sur place ne parvient pas à réaliser la maintenance nécessaire sur la totalité des machines et des robots industriels présents sur le site. Pourquoi ? Tout simplement parce que ce matériel reste extrêmement compliqué, très technique, très complexe et que toute erreur de manipulation peut avoir des conséquences graves.

Jusqu’à présent, la coutume consistait à déplacer le personnel spécialisé sur le site afin de réaliser les actes de maintenance idoines. Mais, Fujitsu développe des lunettes à réalité augmentée. Elles permettent dès lors de réaliser un certain nombre d’actes de maintenance à distance. Comment cela fonctionne-t-il ? Le personnel sur site met les lunettes et entre en communication avec le personnel spécialisé. Ces derniers voient très exactement ce que voit le personnel sur place. Le personnel sur place effectue des opérations qui lui sont suggérées par le personnel à distance. La communication se fait de façon simple puisqu’elle a lieu par Skype sur une image qui apparaît comme en surimpression de la réalité.

Ce type d’innovation permet de réaliser des gains de productivité considérable étant donné que l’exploitation des machines, déjà très coûteuse, s’en trouve optimisée. En outre, elle permet une formation de l’ensemble du personnel : le personnel sur site se familiarise avec des actes de maintenance complexe tandis que le personnel spécialisé partage son savoir-faire.

Le 9 juin prochain, ou l’aperçu du futur !

Le 9 juin prochain, au Parc Floral des Expositions de Vincennes, Fujitsu organise une journée entière dédiée à l’innovation. Les laboratoires européens du constructeur nippon viendront notamment présenter, en exclusivité, un certain nombre d’innovations. Je n’en citerai que deux :

  • En premier lieu, on peut citer l’espace de travail digital. À l’aide de plusieurs rétroprojecteurs disposés à différents endroits d’une salle, on est capable de créer un espace virtuel. Par exemple, on dessine des traits digitaux, sur un mur pourtant bien, avec l’insouciance que permet le numérique tandis qu’un logiciel dactylographie ou reproduit ce qui est dessiné.
  • En second lieu, le distributeur bancaire fait également l’objet d’innovations. L’identification du client est réalisée par une empreinte digitale tandis que les opérations bancaires les plus confidentielles sont affichées, non pas sur l’écran du distributeur trop exposé aux regards des curieux, mais sur le smartphone de l’utilisateur. Enfin, un système de code-bar facilite les transferts de sommes modestes d’un utilisateur à un autre.

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