Près d’un travailleur français sur cinq consacre au moins 90 minutes par jour à ses déplacements domicile-lieu de travail

Les travailleurs qui parcourent de longues distances sont trois fois plus susceptibles de chercher un nouvel emploi
Plus d’un tiers optent rarement, voire jamais, pour le travail à domicile lorsque l’occasion leur est donnée

En 2018, près d’un travailleur français sur cinq met 90 minutes ou plus pour faire l’aller-retour domicile-travail. En moyenne, les travailleurs français passent 1 heure et 22 minutes par jour entre leur domicile et leur lieu de travail, parcourant 25,76 km au total. Les trajets effectués empiètent non seulement sur la durée de travail, mais ils peuvent aussi peser lourdement sur la vie privée. Ces résultats proviennent de la dernière enquête menée à travers six pays européens par le prestataire de services RH & payroll SD Worx

Plus de la moitié des Français interrogés (62,9 %) affirment mettre moins d’une heure en moyenne pour aller au travail et en revenir chaque jour. Plus d’un tiers d’entre eux (38,1 %) effectuent leurs trajets quotidiens en moins d’une demi-heure, tandis que 43,6 % doivent compter entre 30 minutes et une heure. Parmi les travailleurs des pays sondés, ce sont les Britanniques qui consacrent le plus de temps à leurs déplacements, avec un temps de trajet d’au moins 90 minutes pour 28,8 % d’entre eux. Viennent ensuite les travailleurs belges, dont 24 % d’entre eux affirment y consacrer plus d’une heure et demie, tandis que les travailleurs allemands ferment la marche avec 17,9 %.

Pour ce qui est de la distance, plus d’un cinquième des travailleurs français (21,7 %) parcourt en moyenne plus de 40 km chaque jour, voire même beaucoup plus, quand 32,7 % d’entre eux parcourent moins de 10 km. Le temps de trajet domicile-lieu de travail est toutefois plus révélateur que la distance parcourue, car même si le lieu de résidence se situe à 15 km du lieu de travail, la durée du trajet peut varier énormément selon la destination, la disponibilité des transports en commun et les moyens de transport utilisés

Les travailleurs qui effectuent des trajets domicile-lieu de travail plus longs sont plus susceptibles de chercher un nouvel emploi

Il existe une corrélation entre le temps du trajet domicile-lieu de travail et le roulement du personnel. Les salariés français qui comptabilisent 30 minutes de trajet ou plus chaque jour ont davantage tendance à rechercher activement un autre employeur (38 % contre à peine 9 % parmi ceux qui comptabilisent moins de 30 minutes de trajet). L’impact des longs déplacements domicile-lieu de travail se manifeste davantage chez les Français et les Néerlandais, dont le pourcentage de travailleurs à la recherche d’un autre emploi s’élève à 28 % et 25 %, respectivement, lorsque le temps de trajet atteint au moins une heure et demie. À l’opposé, les personnes travaillant en Belgique sont les moins susceptibles d’être découragées par les déplacements. En effet, parmi ceux dont le temps de trajet quotidien dépasse 90 minutes, seuls 8 % envisagent activement de changer d’emploi.

La solution passe par le travail à domicile

L’adoption de conditions de travail flexibles peut contribuer à pallier les longs déplacements domicile-lieu de travail. En Europe, près d’un tiers (30,2 %) des salariés ont la possibilité de travailler depuis leur domicile. Parmi eux, les travailleurs français et autrichiens sont les moins susceptibles de se voir offrir cette chance (23,3 % et 25,4 %, respectivement). Les Pays-Bas s’imposent quant à eux comme les chefs de file en la matière, avec 40,1 % des personnes interrogées indiquant bénéficier de cette option. Si la majeure partie des personnes sondées se réjouissent d’avoir cette opportunité, comme le montre l’avis positif exprimé par 45,1 % des travailleurs français à cet égard, 23,1 % ont affirmé ne peut pas être intéressées (peut-être parce qu’elles n’aiment pas ça ou parce qu’elles résident à proximité de leur travail) et 31,9 % ont indiqué qu’elles bénéficiaient de cette option mais se trouvaient dans la quasi-impossibilité de la mettre à profit dans le cadre de leur travail. Cela dit, les employeurs ne proposent pas le travail flexible comme option à tous leurs salariés, et certains salariés ne peuvent pas adopter ce mode de travail dans la pratique. Parmi ceux qui ne se voient pas proposer cette option en France, 25,4 % ont indiqué être déçus, 12,7 % ne sont pas intéressés et 61,9 % ont affirmé qu’il n’était tout simplement pas possible de la mettre en œuvre dans leurs fonctions.

Les avantages offerts par le travail flexible sont légion. Les employés jouissent d’une plus grande autonomie et subissent moins de contraintes de temps, ce qui leur permet d’orchestrer plus facilement leur sphère privée. Cette liberté contribue dans une large mesure à maintenir un meilleur équilibre travail-privé et à améliorer leur efficacité. Aussi, alors que le télétravail est une option appréciée par les salariés qui effectuent de longs trajets, la durée des déplacements domicile-lieu de travail et le temps économisé constituent deux facteurs importants.

Pourtant, tout le monde ne saisit pas cette opportunité. Parmi les Européens qui ont la possibilité de travailler de manière flexible, 30,7 % n’en profitent rarement, voire jamais, et 12,7 % le font un jour par mois, si ce n’est moins. Les Français se hissent au second rang des travailleurs les plus susceptibles de ne jamais opter pour cette option (26,2 %), juste derrière les Allemands (28,2 %).

En France, les travailleurs de moins de trente ans, dont 24,8 % travaillent à distance plusieurs jours par semaine, sont les plus enclins à profiter des initiatives leur permettant de travailler depuis leur domicile. Les travailleurs âgés de 30 à 45 ans sont quant à eux les plus susceptibles de travailler à domicile une fois par semaine (21,2 %).

« En tout état de cause, le travail flexible ne contribuera qu’en partie à résoudre le problème de mobilité, explique Jean-Marie Mozziconacci, directeur général de SD Worx. La mise en place du télétravail devra s’accompagner de nombreuses autres mesures pour traiter les enjeux de mobilité au sens large. Outre une politique de mobilité gouvernementale cohérente et rationnelle, les employeurs doivent également élaborer une politique de mobilité globale et détaillée pour les salariés, qui optimise et traite conjointement l’accessibilité, les trajets domicile-lieu de travail et les options de transport des salariés ».

Morgane Palomo
Diplômée d'un master un brand management marketing, sa curiosité et sa soif de savoir ne sont étanchées. De nature créative, elle a su diversifier ses expériences. De la création graphique, à l'événementiel en passant par la communication interne et le marketing digital, elle s’est construit un savoir pluriel et avant tout polyvalent.

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