Digitalisation des médias « Internet a été un tournant stratégique pour la presse professionnelle » – Yasmine Jourdan, DG du Pôle Presse de Wolters Kluwer France

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L’Officiel des Transporteurs, Tour Hebdo, Liaisons sociales magazine ou encore Droit & Patrimoine … Wolters Kluwer – éditeur incontournable de la presse spécialisée avec 12 titres presse en transport et logistique, tourisme, social-RH, droit et action sociale – est le trait d’union entre ces titres dédiés à des univers bien différents. Yasmine Jourdan, Directrice Générale du Pôle Presse de Wolters Kluwer France, revient sur la mutation numérique qui a transformé le secteur et les usages des lecteurs. Loin d’être un frein, le digital est une source d’innovation et de proximité qui a permis aux acteurs de la presse de se réinventer.

A la recherche d’un nouveau modèle pour exister

Le secteur de la presse papier a été marqué par l’avènement et la concurrence d’Internet, ainsi que par le boom de la presse gratuite, qui ont poussé les acteurs à se réinventer. La presse, qu’elle soit grand public ou professionnelle, est sans doute l’un des secteurs qui connait la plus grande mutation, avec celui de l’industrie de la musique. Certains titres ont subit de plein fouet ce que l’on appelle « la crise de la presse papier », n’ayant pas réussi à appréhender cette transformation à l’instar du quotidien France Soir qui a disparu ou de La Tribune, aujourd’hui devenu hebdomadaire.

Internet a nécessité un immense travail de réinvention qui a été mené à différents niveaux par les professionnels de la presse.

Accompagner les professionnels dans leur utilisation progressive du digital

Avec le recul, notre secteur connaît plus une évolution qu’une révolution. L’un des principaux enjeux a été d’anticiper la mutation sans s’y précipiter. Nous avons cependant compris très vite qu’il nous fallait apprendre en marchant : nos premiers portails métiers B to B ont vu le jour à partir de 2007.

Autre pilier de notre action : jouer un rôle de pédagogue en démontrant la valeur de l’information. L’écoute et la compréhension des besoins des lecteurs ont joué un rôle clé dans la transformation de nos supports. Nous avons adapté une politique de développement propre à chaque secteur en fonction de son niveau de maturité en termes d’usage digital. Le but n’était pas de démultiplier la présence d’un média sur tous les fronts s’il n’y avait pas d’intérêt et de demande de la part des professionnels. Les lecteurs de la presse B to B ont besoin d’informations fiables, de décryptage et de perspectives dans leur domaine d’activité.

La digitalisation offre la possibilité d’extraire des passages de dossiers, de réaliser des infographies, de recompiler les informations pour éditer des livres blancs, dans l’optique de répondre aux mieux attentes des lecteurs. La crédibilité bien ancrée de nos différents titres a permis de mener à bien ce processus. Par ailleurs, Internet a contribué à moderniser l’ensemble des titres de presse et à véhiculer une image plus innovante auprès des populations les plus jeunes. Cette mutation s’est également faite grâce à la capacité d’adaptation des rédactions dans le passage au bi-média.

Il est essentiel de souligner le rôle important qu’ont joué les équipes éditoriales qui doivent produire des informations fiables, de qualité et ce, en continu.

Allier papier, digital et événementiel, pour renforcer la proximité avec les lecteurs

Dans cette optique de proximité, des événements sont régulièrement créés dans chaque univers pour valoriser des métiers, à l’instar du prix Transporteur de l’année qui fête cette année sa 28e édition. Il y a une réelle volonté de notre part de faire connaître des secteurs et des métiers, parfois peu ou mal connus, et de les valoriser le plus en amont possible en créant des partenariats avec des écoles par exemple. Internet a permis de développer des plateformes dédiées à l’emploi dans les secteurs d’activités en demande, comme le transport ou le social entre autres. Nous avons identifié une forte attente des professionnels, qu’il s’agisse des recruteurs comme des demandeurs d’emploi.

C’est ainsi qu’en 2014, Wolters Kluwer a lancé le salon de l’emploi Social et Médico-Social, sous l’égide des Actualités Sociales Hebdomadaires (ASH), un titre leader sur son secteur. Au-delà des nouveautés digitales, nous nous sommes interrogés sur les moyens d’offrir à nos lecteurs davantage de services afin de les accompagner au mieux dans leur quotidien mais aussi pour conserver notre position de leader et de référent. Les partenariats sont apparus comme une source d’innovation majeure pour se réinventer.

Mutualiser grâce aux partenariats

Au cours des dernières années, Wolters Kluwer France a noué de nombreux partenariats pour renforcer la notoriété de ses titres et répondre aux attentes des clients. A titre d’exemple, nous avons noué récemment un partenariat avec BVA-BPI Group pour Liaisons sociales magazine, concernant l’Observatoire du travail ; nous nous sommes aussi associés aux rendez-vous experts de l’APEC pour Liaisons Sociales Magazine et Entreprise & Carrières, ou encore avec Les Echos Business pour notre portail WK-RH et la Lettre des Juristes d’Affaires. La progression de Wolters Kluwer se fera grâce au feed-back des lecteurs, qui nous permet d’être de plus en plus dans le sur-mesure et la personnalisation des contenus en fonction des échanges via les plateformes digitales (blogs, Facebook, Twitter).

S’il est indéniable qu’Internet a transformé le secteur et fragilisé certains médias, avec le recul, le digital est aussi une source d’opportunités très riches pour notre activité. D’éditeur de la presse papier nous passons à animateur de communautés. La digitalisation permet de mettre en scène le contenu de manière multicanal et d’être encore plus proche des lecteurs et de leurs besoins. Le journalisme et le média papier sont loin d’être morts. La crise de la presse papier a profondément transformé ce secteur mais, tout comme la presse traditionnelle n’a pas disparu avec l’apparition de la radio et de la télévision, elle survivra malgré la concurrence d’Internet.

Les lecteurs sont toujours en quête d’une information de qualité, à laquelle s’ajoute la recherche d’instantanéité et d’interactivité. C’est le défi auquel sont confrontés les acteurs des médias, appelés à créer de nouvelles façons de consommer l’information, en déployant de nouveaux formats et des passerelles bi-média.

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Digitalisation des médias « Internet a été un tournant stratégique pour la presse professionnelle » – Yasmine Jourdan, DG du Pôle Presse de Wolters Kluwer France

INFO 5th mai, 2015

L’Officiel des Transporteurs, Tour Hebdo, Liaisons sociales magazine ou encore Droit & Patrimoine … Wolters Kluwer – éditeur incontournable de la presse spécialisée avec 12 titres presse en transport et logistique, tourisme, social-RH, droit et action sociale – est le trait d’union entre ces titres dédiés à des univers bien différents. Yasmine Jourdan, Directrice Générale du Pôle Presse de Wolters Kluwer France, revient sur la mutation numérique qui a transformé le secteur et les usages des lecteurs. Loin d’être un frein, le digital est une source d’innovation et de proximité qui a permis aux acteurs de la presse de se réinventer.

A la recherche d’un nouveau modèle pour exister

Le secteur de la presse papier a été marqué par l’avènement et la concurrence d’Internet, ainsi que par le boom de la presse gratuite, qui ont poussé les acteurs à se réinventer. La presse, qu’elle soit grand public ou professionnelle, est sans doute l’un des secteurs qui connait la plus grande mutation, avec celui de l’industrie de la musique. Certains titres ont subit de plein fouet ce que l’on appelle « la crise de la presse papier », n’ayant pas réussi à appréhender cette transformation à l’instar du quotidien France Soir qui a disparu ou de La Tribune, aujourd’hui devenu hebdomadaire.

Internet a nécessité un immense travail de réinvention qui a été mené à différents niveaux par les professionnels de la presse.

Accompagner les professionnels dans leur utilisation progressive du digital

Avec le recul, notre secteur connaît plus une évolution qu’une révolution. L’un des principaux enjeux a été d’anticiper la mutation sans s’y précipiter. Nous avons cependant compris très vite qu’il nous fallait apprendre en marchant : nos premiers portails métiers B to B ont vu le jour à partir de 2007.

Autre pilier de notre action : jouer un rôle de pédagogue en démontrant la valeur de l’information. L’écoute et la compréhension des besoins des lecteurs ont joué un rôle clé dans la transformation de nos supports. Nous avons adapté une politique de développement propre à chaque secteur en fonction de son niveau de maturité en termes d’usage digital. Le but n’était pas de démultiplier la présence d’un média sur tous les fronts s’il n’y avait pas d’intérêt et de demande de la part des professionnels. Les lecteurs de la presse B to B ont besoin d’informations fiables, de décryptage et de perspectives dans leur domaine d’activité.

La digitalisation offre la possibilité d’extraire des passages de dossiers, de réaliser des infographies, de recompiler les informations pour éditer des livres blancs, dans l’optique de répondre aux mieux attentes des lecteurs. La crédibilité bien ancrée de nos différents titres a permis de mener à bien ce processus. Par ailleurs, Internet a contribué à moderniser l’ensemble des titres de presse et à véhiculer une image plus innovante auprès des populations les plus jeunes. Cette mutation s’est également faite grâce à la capacité d’adaptation des rédactions dans le passage au bi-média.

Il est essentiel de souligner le rôle important qu’ont joué les équipes éditoriales qui doivent produire des informations fiables, de qualité et ce, en continu.

Allier papier, digital et événementiel, pour renforcer la proximité avec les lecteurs

Dans cette optique de proximité, des événements sont régulièrement créés dans chaque univers pour valoriser des métiers, à l’instar du prix Transporteur de l’année qui fête cette année sa 28e édition. Il y a une réelle volonté de notre part de faire connaître des secteurs et des métiers, parfois peu ou mal connus, et de les valoriser le plus en amont possible en créant des partenariats avec des écoles par exemple. Internet a permis de développer des plateformes dédiées à l’emploi dans les secteurs d’activités en demande, comme le transport ou le social entre autres. Nous avons identifié une forte attente des professionnels, qu’il s’agisse des recruteurs comme des demandeurs d’emploi.

C’est ainsi qu’en 2014, Wolters Kluwer a lancé le salon de l’emploi Social et Médico-Social, sous l’égide des Actualités Sociales Hebdomadaires (ASH), un titre leader sur son secteur. Au-delà des nouveautés digitales, nous nous sommes interrogés sur les moyens d’offrir à nos lecteurs davantage de services afin de les accompagner au mieux dans leur quotidien mais aussi pour conserver notre position de leader et de référent. Les partenariats sont apparus comme une source d’innovation majeure pour se réinventer.

Mutualiser grâce aux partenariats

Au cours des dernières années, Wolters Kluwer France a noué de nombreux partenariats pour renforcer la notoriété de ses titres et répondre aux attentes des clients. A titre d’exemple, nous avons noué récemment un partenariat avec BVA-BPI Group pour Liaisons sociales magazine, concernant l’Observatoire du travail ; nous nous sommes aussi associés aux rendez-vous experts de l’APEC pour Liaisons Sociales Magazine et Entreprise & Carrières, ou encore avec Les Echos Business pour notre portail WK-RH et la Lettre des Juristes d’Affaires. La progression de Wolters Kluwer se fera grâce au feed-back des lecteurs, qui nous permet d’être de plus en plus dans le sur-mesure et la personnalisation des contenus en fonction des échanges via les plateformes digitales (blogs, Facebook, Twitter).

S’il est indéniable qu’Internet a transformé le secteur et fragilisé certains médias, avec le recul, le digital est aussi une source d’opportunités très riches pour notre activité. D’éditeur de la presse papier nous passons à animateur de communautés. La digitalisation permet de mettre en scène le contenu de manière multicanal et d’être encore plus proche des lecteurs et de leurs besoins. Le journalisme et le média papier sont loin d’être morts. La crise de la presse papier a profondément transformé ce secteur mais, tout comme la presse traditionnelle n’a pas disparu avec l’apparition de la radio et de la télévision, elle survivra malgré la concurrence d’Internet.

Les lecteurs sont toujours en quête d’une information de qualité, à laquelle s’ajoute la recherche d’instantanéité et d’interactivité. C’est le défi auquel sont confrontés les acteurs des médias, appelés à créer de nouvelles façons de consommer l’information, en déployant de nouveaux formats et des passerelles bi-média.

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