Le bonheur est dans le taf … ou quand les entreprises « libérées » appliquent le Happy Management

Beauty Girl Portrait with Colorful Makeup, Hair and Accessories

« Harder, better, faster, stronger… happier ? » La transition numérique aidant, de nouveaux modèles d’entreprises dites « libérées » se développent, innovant tout sur leur passage… y compris la façon de penser l’organisation et le management. Directement inspirées des modèles californiens, de plus en plus d’entreprises développent en France le principe de « Happy Management ». Mais qu’entend-on par Happy Management ? Pourquoi ce phénomène est perçu comme prochaine grande tendance managériale ? Est-ce applicable à toutes les entreprises ? Rencontre avec l’une des pionnières en France, Energie Perspective, qui « carbure » littéralement au Happy Management.

Vous avez dit Happy Management ?

Tout le monde en parle mais il demeure encore beaucoup de mystère autour du happy management. Une chose est certaine, le happy management, quand il s’applique de façon intuitive et naturelle, est souvent l’apanage de sociétés agiles et le propre de structures organiques, autrement appelées « libérées » : « On distingue les structures mécanistes, plus classiques, des structures dites organiques, où le vivant est considéré comme richesse essentielle de l’entreprise. Naturellement, le happy management est plus apte à se propager dans une structure libérée, qui plus est, sans antériorité », expose Claire Adam, Happy Manager chez Energie Perspective. « On parlait hier de culture d’entreprise et de communication interne, aujourd’hui, on fait volontiers plutôt mention de la marque employeur. Le Happy management va encore plus loin, il se situe au carrefour du management, des RH et de la communication globale de l’entreprise. »

« Repenser la façon de manager »

Il flotte comme un vent de légèreté chez Energie Perspective, société nantaise actuellement en train de révolutionner les travaux des particuliers. Sur leur site, sur les réseaux sociaux, dans leur campagnes de communication, la jeune société affiche fièrement son happy management. Les trois fondateurs d’Energie Perspective semblent déjà porter naturellement en eux la « happy touch ». PYM, c’est le nom qui qualifie leur trio : Pierre, Yann, Marc-Antoine. Rencontrés sur les bancs de l’école, ces trois-là ont tout de suite su qu’ils allaient entreprendre ensemble. Ils ont cette chance de s’être trouvés et d’être complémentaires : «Nous avons tous les trois des modes de pensée qui diffèrent mais qui se complètent. Et attention, pas une décision n’est prise sans que les 3 associés ne soient d’accord. Nous sommes en mode collégial, circulaire. » explique Pierre Leroy. Et si cette organisation managériale circulaire était à l’origine du Happy Management ? « Lorsque nous avons fondé l’entreprise, nous n’avons pas réfléchi à un mode de management en particulier. Mais nous souhaitions tout de même repenser la façon de manager, loin des modèles classiques. Nous avons fonctionné à l’instint, en avançant naturellement vers un management bienveillant axé sur le collaboratif et la transmission. C’est, nous en sommes persuadés, un des facteurs clés de succès d’Energie Perspective. » complète Marc-Antoine Catherine. Effectivement, depuis la société a beaucoup grandi. De 3 personnes, l’équipe est désormais composée de 50 personnes. Et les profils diffèrent : de 23 à 57 ans, les UX Designers côtoient les opérateurs de saisie, les Data Scientists copinent avec les commerciaux. C’est cette hyper croissance qui a poussé PYM a vouloir structurer son happy Management, en 2014. Pierre Leroy : «L’hypercroissance doit être accompagnée par l’ensemble des membres de l’équipe, eux-même porteurs des valeurs et le projet d’entreprise. Dans le cas d’Energie Perspective, nous avons vite identifié le besoin de trouver une personne capable de s’emparer du rôle de Happy Manager, pour permettre à chacun de s’épanouir dans l’aventure et pour emmener tout le monde, sans exception dans la même direction. »

Et le Happy Manager fût !

En Juin 2014, PYM recrute Claire pour gérer ses Relations Publiques, mais en intuitant rapidement le potentiel de Happy Manager de cette experte en communication. Pierre Leroy décrypte : « On ne s’improvise pas Happy Manager, il y a certains pré-requis. Il faut d’abord avoir l’énergie et donner envie. Intelligence sociale et quotient émotionnel sont naturellement des atouts indispensables. Enfin, il faut un savoir-faire marketing et le sens de la communication, pour porter l’ensemble. Ce sont 3 qualités que nous immédiatement détectées chez Claire. Il y a eu synchronicité entre notre volonté première et la rencontre avec la personne à même d’incarner le Happy Management.» De son côté, Claire est venue au happy management d’abord par le prisme de la communication : « EP (Energie Perspective, ndlr) fait partie de ces entreprises qui cartonnent mais dont personne ne comprend exactement le(s) métier(s). L’idée de départ était de construire une stratégie de marque employeur forte permettant le rayonnement de l’entreprise sur tous les fronts, en pariant sur l’idée qu’une entreprise visible est une entreprise attractive. En marge de cela, j’ai découvert une entreprise où régnait une ambiance de travail positive et collaborative, avec un esprit d’équipe très fort. Alors, lorsque j’ai finalement été désignée comme Happy Manager, la mission a pris tout son sens : bien-être des membres de l’équipe et de l’ensemble de l’écosystème (partenaires, clients, prestataires), prolifération de la marque employeur sur tous les terrains, animation au quotidien et fidélisation des membres de l’équipe. Le Happy Management, s’est finalement imposé assez naturellement dans toutes les strates de notre écosystème. »

Des outils et du temps

Et ça se voit ! Chez EP, le happy management est partout. Et il ne se matérialise par que dans l’état d’esprit. Ainsi, on ne parle pas d’équipe mais de EP Family avec des membres plus que des salariés. On délivre aux « petits nouveaux » un livret d’accueil avec un trombinoscope de l’ensemble des membres et un mug à leur prénom. Une fois par trimestre, un hackathon de 48h non stop réunit l’ensemble des membres pour réfléchir au projet de société et aux nouveaux produits de la société. EP a également repris et tordu le principe des TedX, mais ce sont cette fois les membres de la Famille qui instruisent deux fois par mois les autres sur un sujet donné. «Mais le Happy Management régit aussi notre façon d’appréhender les RH, le marketing, la communication. Nous démultiplions d’ailleurs les points de contacts : Twitter, Vine, RP, Instagram, Youtube,… On essaie de toujours aborder nos missions en se distançant des référentiels. Cela peut donner des campagnes de communication atypiques et des offres d’emploi originales. Notre écosystème nous le rend bien, les candidatures par exemple que nous recevons sont un concentré de créativité et de « happiness », une preuve de la bonne compréhension de notre état d’esprit par la communauté.. » explique Claire.

Un management ouvert

Mais le happy management ne peut s’appliquer qu’en présence de pré-requis managériaux, comme le confie Marine, Community Manager chez EP : « Travailler sur un projet porté par le happy management c’est bosser en coopération ( et non sous les « ordres » de ) avec des managers disponibles qui portent leur équipe vers le haut, dans la confiance et la transmission. Je bosse sans stress, en me sentant soutenue tout au long de la mission ».

En filigrane du happy management, se cache un outil de performance dont les résultats commencent à poindre : réduction de 28% du turnover et diminution de 50% des frais de recrutement. Dans le cas d’Energie Perspective, ceux ci ont tout bonnement disparu, les offres d’emploi étant maintenant portées par les fans et l’écosystème online EP Family. Quand on vise 100 nouvelles recrues d’ici à 3 ans, comme c’est le cas d’Energie Perspective, le (heureux) jeu en vaut bien la chandelle.

Related Topics
Author
By
@coesteve1
Related Posts

Readers Comments


Add Your Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

In The News

Le bonheur est dans le taf … ou quand les entreprises « libérées » appliquent le Happy Management

Beauty Girl Portrait with Colorful Makeup, Hair and Accessories 27th février, 2015

« Harder, better, faster, stronger… happier ? » La transition numérique aidant, de nouveaux modèles d’entreprises dites « libérées » se développent, innovant tout sur leur passage… y compris la façon de penser l’organisation et le management. Directement inspirées des modèles californiens, de plus en plus d’entreprises développent en France le principe de « Happy Management ». Mais qu’entend-on par Happy Management ? Pourquoi ce phénomène est perçu comme prochaine grande tendance managériale ? Est-ce applicable à toutes les entreprises ? Rencontre avec l’une des pionnières en France, Energie Perspective, qui « carbure » littéralement au Happy Management.

Vous avez dit Happy Management ?

Tout le monde en parle mais il demeure encore beaucoup de mystère autour du happy management. Une chose est certaine, le happy management, quand il s’applique de façon intuitive et naturelle, est souvent l’apanage de sociétés agiles et le propre de structures organiques, autrement appelées « libérées » : « On distingue les structures mécanistes, plus classiques, des structures dites organiques, où le vivant est considéré comme richesse essentielle de l’entreprise. Naturellement, le happy management est plus apte à se propager dans une structure libérée, qui plus est, sans antériorité », expose Claire Adam, Happy Manager chez Energie Perspective. « On parlait hier de culture d’entreprise et de communication interne, aujourd’hui, on fait volontiers plutôt mention de la marque employeur. Le Happy management va encore plus loin, il se situe au carrefour du management, des RH et de la communication globale de l’entreprise. »

« Repenser la façon de manager »

Il flotte comme un vent de légèreté chez Energie Perspective, société nantaise actuellement en train de révolutionner les travaux des particuliers. Sur leur site, sur les réseaux sociaux, dans leur campagnes de communication, la jeune société affiche fièrement son happy management. Les trois fondateurs d’Energie Perspective semblent déjà porter naturellement en eux la « happy touch ». PYM, c’est le nom qui qualifie leur trio : Pierre, Yann, Marc-Antoine. Rencontrés sur les bancs de l’école, ces trois-là ont tout de suite su qu’ils allaient entreprendre ensemble. Ils ont cette chance de s’être trouvés et d’être complémentaires : «Nous avons tous les trois des modes de pensée qui diffèrent mais qui se complètent. Et attention, pas une décision n’est prise sans que les 3 associés ne soient d’accord. Nous sommes en mode collégial, circulaire. » explique Pierre Leroy. Et si cette organisation managériale circulaire était à l’origine du Happy Management ? « Lorsque nous avons fondé l’entreprise, nous n’avons pas réfléchi à un mode de management en particulier. Mais nous souhaitions tout de même repenser la façon de manager, loin des modèles classiques. Nous avons fonctionné à l’instint, en avançant naturellement vers un management bienveillant axé sur le collaboratif et la transmission. C’est, nous en sommes persuadés, un des facteurs clés de succès d’Energie Perspective. » complète Marc-Antoine Catherine. Effectivement, depuis la société a beaucoup grandi. De 3 personnes, l’équipe est désormais composée de 50 personnes. Et les profils diffèrent : de 23 à 57 ans, les UX Designers côtoient les opérateurs de saisie, les Data Scientists copinent avec les commerciaux. C’est cette hyper croissance qui a poussé PYM a vouloir structurer son happy Management, en 2014. Pierre Leroy : «L’hypercroissance doit être accompagnée par l’ensemble des membres de l’équipe, eux-même porteurs des valeurs et le projet d’entreprise. Dans le cas d’Energie Perspective, nous avons vite identifié le besoin de trouver une personne capable de s’emparer du rôle de Happy Manager, pour permettre à chacun de s’épanouir dans l’aventure et pour emmener tout le monde, sans exception dans la même direction. »

Et le Happy Manager fût !

En Juin 2014, PYM recrute Claire pour gérer ses Relations Publiques, mais en intuitant rapidement le potentiel de Happy Manager de cette experte en communication. Pierre Leroy décrypte : « On ne s’improvise pas Happy Manager, il y a certains pré-requis. Il faut d’abord avoir l’énergie et donner envie. Intelligence sociale et quotient émotionnel sont naturellement des atouts indispensables. Enfin, il faut un savoir-faire marketing et le sens de la communication, pour porter l’ensemble. Ce sont 3 qualités que nous immédiatement détectées chez Claire. Il y a eu synchronicité entre notre volonté première et la rencontre avec la personne à même d’incarner le Happy Management.» De son côté, Claire est venue au happy management d’abord par le prisme de la communication : « EP (Energie Perspective, ndlr) fait partie de ces entreprises qui cartonnent mais dont personne ne comprend exactement le(s) métier(s). L’idée de départ était de construire une stratégie de marque employeur forte permettant le rayonnement de l’entreprise sur tous les fronts, en pariant sur l’idée qu’une entreprise visible est une entreprise attractive. En marge de cela, j’ai découvert une entreprise où régnait une ambiance de travail positive et collaborative, avec un esprit d’équipe très fort. Alors, lorsque j’ai finalement été désignée comme Happy Manager, la mission a pris tout son sens : bien-être des membres de l’équipe et de l’ensemble de l’écosystème (partenaires, clients, prestataires), prolifération de la marque employeur sur tous les terrains, animation au quotidien et fidélisation des membres de l’équipe. Le Happy Management, s’est finalement imposé assez naturellement dans toutes les strates de notre écosystème. »

Des outils et du temps

Et ça se voit ! Chez EP, le happy management est partout. Et il ne se matérialise par que dans l’état d’esprit. Ainsi, on ne parle pas d’équipe mais de EP Family avec des membres plus que des salariés. On délivre aux « petits nouveaux » un livret d’accueil avec un trombinoscope de l’ensemble des membres et un mug à leur prénom. Une fois par trimestre, un hackathon de 48h non stop réunit l’ensemble des membres pour réfléchir au projet de société et aux nouveaux produits de la société. EP a également repris et tordu le principe des TedX, mais ce sont cette fois les membres de la Famille qui instruisent deux fois par mois les autres sur un sujet donné. «Mais le Happy Management régit aussi notre façon d’appréhender les RH, le marketing, la communication. Nous démultiplions d’ailleurs les points de contacts : Twitter, Vine, RP, Instagram, Youtube,… On essaie de toujours aborder nos missions en se distançant des référentiels. Cela peut donner des campagnes de communication atypiques et des offres d’emploi originales. Notre écosystème nous le rend bien, les candidatures par exemple que nous recevons sont un concentré de créativité et de « happiness », une preuve de la bonne compréhension de notre état d’esprit par la communauté.. » explique Claire.

Un management ouvert

Mais le happy management ne peut s’appliquer qu’en présence de pré-requis managériaux, comme le confie Marine, Community Manager chez EP : « Travailler sur un projet porté par le happy management c’est bosser en coopération ( et non sous les « ordres » de ) avec des managers disponibles qui portent leur équipe vers le haut, dans la confiance et la transmission. Je bosse sans stress, en me sentant soutenue tout au long de la mission ».

En filigrane du happy management, se cache un outil de performance dont les résultats commencent à poindre : réduction de 28% du turnover et diminution de 50% des frais de recrutement. Dans le cas d’Energie Perspective, ceux ci ont tout bonnement disparu, les offres d’emploi étant maintenant portées par les fans et l’écosystème online EP Family. Quand on vise 100 nouvelles recrues d’ici à 3 ans, comme c’est le cas d’Energie Perspective, le (heureux) jeu en vaut bien la chandelle.

By
@coesteve1
backtotop