Ergonomie informatique contre Troubles Musculo-Squelettiques : prévenir ou subir – Hadrien MATRINGE, Fondateur de Zenlap

Les Troubles Musculo-Squelettiques (TMS) sont de loin la première maladie professionnelle en France. Les soins liés aux TMS représentent les trois quarts des coûts de l’Assurance Maladie et cette épidémie progresse : de 2002 à 2012, le nombre de TMS indemnisés a augmenté en moyenne de 18% par an . Depuis 2009, la lutte contre les TMS est donc devenue une priorité gouvernementale (www.travailler-mieux.gouv.fr). Mais la prévention accuse aujourd’hui en France un retard préoccupant par rapport à des pays plus « matures » comme le Danemark, les Pays-Bas ou encore les Etats-Unis.
Syndrome du canal carpien (80 000 interventions chirurgicales par an en France), tendinite de Quervain, syndrome de la loge de Guyon, épicondylite: ces troubles résultent en grande partie de la répétition de gestes qui usent les articulations au fil des années et peuvent endommager de façon irréversible tendons, nerfs et muscles.
Contrairement à une idée reçue, les TMS sont loin de se cantonner aux métiers manuels et progressent rapidement dans le milieu tertiaire avec l’adoption précoce généralisée des TIC, l’inexorable informatisation de la société et le vieillissement de la population active. Le manque de prévention et d’information contraint la victime, surtout à un poste informatique fixe, considéré sans risque pour la santé, à minimiser les premiers symptômes, à se taire ou se culpabiliser, considérant que « si je suis le seul du bureau à avoir mal au poignet, ça doit être moi », au risque d’aggraver rapidement les troubles et d’accroître la souffrance au travail.
Conscients de l’évolution inquiétante de ces phénomènes, des spécialistes ont commencé à importer des solutions ergonomiques informatiques pour répondre à la demande croissante des entreprises et des particuliers. Depuis plusieurs années, ils reçoivent les mêmes questions de la part d’utilisateurs en souffrance qui ont en France un accès difficile à l’information alors que ces solutions se sont déjà largement diffusées dans plusieurs pays. Les souris verticales et les claviers ergonomiques existent depuis une vingtaine d’années aux Etats Unis et les bureaux réglables en hauteur se sont popularisés en Scandinavie dès le début des années 90.
Douleurs croissantes, absentéisme, frais médicaux, coût d’interim, perte de productivité : le coût d’un seul syndrome du canal carpien pour une entreprise se chiffre en milliers d’Euro, alors qu’avec des mesures simples et efficaces de prévention, il peut être évité dans 100% des cas à moindre coût. Si la prévention est donc rentable dès le premier collaborateur et permet d’éviter souffrances physiques et psychiques, qu’attendons-nous pour agir?
Il est urgent d’entamer un dialogue avec les personnes et instances chargées de la prévention, médecins de travail et CHSCT, pour informer et déculpabiliser la victime de TMS, l’encourager à en parler dès les premiers symptômes et préserver ainsi à la fois sa propre santé et la productivité de l’entreprise.

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Ergonomie informatique contre Troubles Musculo-Squelettiques : prévenir ou subir – Hadrien MATRINGE, Fondateur de Zenlap

18th juin, 2014
Les Troubles Musculo-Squelettiques (TMS) sont de loin la première maladie professionnelle en France. Les soins liés aux TMS représentent les trois quarts des coûts de l’Assurance Maladie et cette épidémie progresse : de 2002 à 2012, le nombre de TMS indemnisés a augmenté en moyenne de 18% par an . Depuis 2009, la lutte contre les TMS est donc devenue une priorité gouvernementale (www.travailler-mieux.gouv.fr). Mais la prévention accuse aujourd’hui en France un retard préoccupant par rapport à des pays plus « matures » comme le Danemark, les Pays-Bas ou encore les Etats-Unis.
Syndrome du canal carpien (80 000 interventions chirurgicales par an en France), tendinite de Quervain, syndrome de la loge de Guyon, épicondylite: ces troubles résultent en grande partie de la répétition de gestes qui usent les articulations au fil des années et peuvent endommager de façon irréversible tendons, nerfs et muscles.
Contrairement à une idée reçue, les TMS sont loin de se cantonner aux métiers manuels et progressent rapidement dans le milieu tertiaire avec l’adoption précoce généralisée des TIC, l’inexorable informatisation de la société et le vieillissement de la population active. Le manque de prévention et d’information contraint la victime, surtout à un poste informatique fixe, considéré sans risque pour la santé, à minimiser les premiers symptômes, à se taire ou se culpabiliser, considérant que « si je suis le seul du bureau à avoir mal au poignet, ça doit être moi », au risque d’aggraver rapidement les troubles et d’accroître la souffrance au travail.
Conscients de l’évolution inquiétante de ces phénomènes, des spécialistes ont commencé à importer des solutions ergonomiques informatiques pour répondre à la demande croissante des entreprises et des particuliers. Depuis plusieurs années, ils reçoivent les mêmes questions de la part d’utilisateurs en souffrance qui ont en France un accès difficile à l’information alors que ces solutions se sont déjà largement diffusées dans plusieurs pays. Les souris verticales et les claviers ergonomiques existent depuis une vingtaine d’années aux Etats Unis et les bureaux réglables en hauteur se sont popularisés en Scandinavie dès le début des années 90.
Douleurs croissantes, absentéisme, frais médicaux, coût d’interim, perte de productivité : le coût d’un seul syndrome du canal carpien pour une entreprise se chiffre en milliers d’Euro, alors qu’avec des mesures simples et efficaces de prévention, il peut être évité dans 100% des cas à moindre coût. Si la prévention est donc rentable dès le premier collaborateur et permet d’éviter souffrances physiques et psychiques, qu’attendons-nous pour agir?
Il est urgent d’entamer un dialogue avec les personnes et instances chargées de la prévention, médecins de travail et CHSCT, pour informer et déculpabiliser la victime de TMS, l’encourager à en parler dès les premiers symptômes et préserver ainsi à la fois sa propre santé et la productivité de l’entreprise.

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