Le Beacon dans l’Industrie 4.0 : un potentiel considérable – Par Cyril Vernet, Directeur associé HRC Software

 

Un Beacon est constitué d’un émetteur et d’une batterie : il n’est rien de plus qu’une balise émettant à intervalles réguliers. Mais il fait partie de cette catégorie de technologies fort prometteuses et encore sous utilisées. Le Beacon est l’un des composants de l’Industrie 4.0 et de la transformation numérique de ce secteur historique.

1.      Le Beacon est-il une technologie encore sous utilisée ?

Le concept d’Industrie 4.0 permet l’amélioration des processus et des services dans les entreprises, et s’appuie notamment sur le déploiement d’objets connectés dans le secteur industriel, dont les Beacons.

Le Beacon a l’avantage d’une part, de s’appuyer sur du BLE (Bluetooth Low Energy), largement présent sur les terminaux mobiles et, d’autre part d’avoir une consommation d’énergie très faible. Un Beacon est donc « simple » : ce sont les applications exploitant les données émises par ces balises qui portent toute l’intelligence.

D’après une étude sortie au début de l’année 2020 et réalisée par Reports Monitor, le marché du Beacon devrait représenter 33,7 milliards de dollars d’ici 2025. Le nombre d’appareils déployés devrait par ailleurs tripler chaque année, notamment grâce à la digitalisation du marché industriel, en pleine expansion. Car si le secteur du retail représente à lui seul plus de 50% du marché, ces dernières années, la technologie Beacon s’est fortement développée dans les secteurs de la logistique, du transport et de l’industrie.

Voici tout le potentiel de cette technologie, appliqué au secteur industriel : de plus en plus, les ressources sont mobiles et partagées au sein d’une ou plusieurs entreprises. Le suivi et la localisation de ces ressources sur un site industriel constituent un enjeu important dans la recherche de performance et d’efficacité des entreprises.

Concrètement, la technologie Beacon permet de passer d’une approche « déclarative » (exemple : l’opérateur indique avoir posé le colis dans tel emplacement), à une approche « validante » (exemple : le système détecte que le colis a été placé dans tel emplacement).

2.      Comment le Beacon peut accélérer le progrès de l’Industrie 4.0 ?

Dans le milieu industriel, trois familles d’application exploitant les balises Beacons existent :

  • L’identification (exemple : identification des containers, palettes ou emplacements)
  • La localisation (exemple : tracking des équipements dans les aéroports)
  • La sécurisation (exemple : contrôle d’accès “main-libre”)

Les ressources industrielles, allant d’un gabarit de contrôle à un chariot élévateur, sont amenées à se déplacer, être utilisées et demandées par de nombreuses personnes au sein de l’entreprise. Une problématique majeure est alors de localiser, en temps réel, ces ressources dans un périmètre donné, de reconstruire le trajet effectué, et d’associer des informations et des services directement au pied de ces ressources.

Ces applications Beacon vont pouvoir venir se cumuler avec d’autres pratiques, usages, technologies, … et se coupler avec un système de vidéos, un flux logistique, une intervention de maintenance, une chaîne de production pour définir d’autres usages comme remplacer un mode d’acquisition de données (une saisie manuelle, une lecture de code barre, un badge d’accès, …) ou combiner les informations (vidéo, identification, localisation pour un suivi de litige par exemple).

La technologie Beacon a un sens opérationnel et un sens économique. Gain de productivité, traçabilité des informations ou baisse du taux de litige : de nombreuses entreprises ont d’ores et déjà compris l’intérêt de déployer ces balises au sein de leurs entrepôts ou usines.

Mais bien d’autres cas d’usages restent à étudier pour l’industrie 4.0. La technologie Beacon peut permettre notamment de :

  • Valider des gestes d’opérateurs en détectant les actions réalisées : rangement d’un colis à un emplacement magasin, chargement d’un camion, prélèvement etc.,
  • Apporter à un technicien de maintenance les informations contextuelles d’équipements à proximité ou la localisation d’outils,
  • Réguler la vitesse des véhicules au sein d’un entrepôt.

3.      Quels sont les usages encore insoupçonnés des Beacons ?

Comme toute nouvelle approche, il y a les visionnaires, les early adopters, les réfractaires ou les détracteurs. Ce qui est certain est que l’évolution dans les six dernières années a montré un intérêt grandissant pour les Beacons dans un contexte logistique et industriel mouvant et que de nouvelles applications ont émergé. Là où il s’agissait, lors des premiers salons, d’un sujet confidentiel réservé à un public averti et à une époque où il fallait préciser que Beacon n’était pas Bitcoin, l’évangélisation est aujourd’hui plus large et les acteurs IT ont désormais pour beaucoup entendu parler des Beacons mais sans encore en mesurer le potentiel qui s’y cache.

Deux des raisons pour lesquelles il faut croire au potentiel des Beacons sont, d’une part son extrême simplicité et d’autre part les nombreuses possibilités de coupler ces balises à d’autres innovations : matérielles (exemples : smartwatch, lunettes connectées, drones, capteurs de température, d’humidité ou de vibration), liées à la traçabilité (exemple : blockchain), à la gestion des données (exemples : reporting, analytics, big data…), à l’intelligence artificielle (exemples : aide à la décision, prédictif, optimisation…), aux véhicules autonomes (exemple : camions, voitures, robots, drones…).

En conclusion : les briques technologiques sont là, les coûts sont en baisse, les prérequis insignifiants, et les premiers usages émergent seulement, mais les possibilités des Beacons sont considérables pour l’Industrie 4.0.

 

Quelques chiffres*

 

§ 4 millions : nombre de balises déjà installées en 2015

§ 33,7 milliards de dollars : estimation de ce que représenterait le marché du Beacon en 2025

§ 450 mètres : portée que peuvent avoir certains Beacons

§ 250 : nombre d’acteurs sur le marché mondial

§ 20 ans : autonomie offerte par certaines balises

*Sources : reportsmonitor.com, ela.fr, estimote.com, e-dentic.fr

Morgane Palomo
Diplômée d'un master un brand management marketing, sa curiosité et sa soif de savoir ne sont étanchées. De nature créative, elle a su diversifier ses expériences. De la création graphique, à l'événementiel en passant par la communication interne et le marketing digital, elle s’est construit un savoir pluriel et avant tout polyvalent.

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