Plus d’une entreprise française sur trois a adapté sa politique des RH pour les freelances – SD WORX

  • Six entreprises françaises sur dix (59,2 %) évaluent les freelances selon la même procédure que les travailleurs permanents
  • La moitié des entreprises françaises (49,3 %) offre des formations spécifiques aux freelances
  • Dans sept entreprises françaises sur dix (70,4 %), les freelances sont intégrés dans la culture d’entreprise

En raison de la pénurie persistante sur le marché de l’emploi, les entreprises éprouvent de plus en plus de difficultés à trouver les collaborateurs appropriés. Ce constat explique en partie pourquoi 95 % des entreprises font appel aux travailleurs indépendants, capables d’intervenir rapidement et de manière flexible. Plus d’une entreprise française sur trois (34,9 %) pratique une politique RH distincte pour les freelances, tandis que 38,2 % n’établissent aucune différence entre les travailleurs indépendants et le personnel permanent dans leur politique. Près de la moitié (49,3 %) des entreprises françaises prévoient des formations spécifiques pour les freelances, soit le deuxième score le plus élevé dans les pays interrogés. C’est ce qui ressort d’une étude internationale menée par le prestataire de services RH SD Worx et l’Antwerp Management School.

Près de quatre entreprises françaises sur dix (38,2 %) ne font pas de différence entre les collaborateurs permanents et les freelances dans leur politique RH. Cette part est assez faible en comparaison avec les autres pays interrogés (Cf tableau ci-dessous). En revanche, plus d’une entreprise française sur trois (34,9 %) a élaboré une politique RH adaptée aux freelances tandis que 27 % ont une politique RH exclusivement destinée aux travailleurs permanents.

UK

BE

ALL

FRA

NL

Moyenne

Politique RH uniquement pour le personnel du payroll

22,2 %

33,8 %

20,1 %

27 %

24 %

24,5 %

Pas de différence dans la politique RH entre le personnel permanent et les free-lances

41,9 %

37,5 %

42,8 %

38,2 %

50,4 %

42,3 %

Politique RH distincte pour les free-lances

35,9 %

28,8 %

37,1 %

34,9 %

25,6 %

33,2 %

La moitié des entreprises françaises investissent dans des formations spécifiques pour les freelances

Près de la moitié des entreprises françaises (49,3 %) prévoient des formations spécifiques pour les freelances. Seul le Royaume-Uni enregistre un résultat plus élevé de 54,5 %. L’Allemagne (47,8 %), la Belgique (38,8 %) et les Pays-Bas (34,4 %) présentent des résultats inférieurs aux nôtres.

Six entreprises françaises sur dix (59,2 %) évaluent les freelances de la même manière que leurs salariés. À cet égard, la France se situe dans la moyenne. Dans les autres pays interrogés, la moyenne s’élève à 57,8 %, avec la Belgique en dernière position (37,5 %). Il en va de même pour le feed-back sur les prestations : environ sept entreprises françaises sur dix (70,4 %) n’établissent aucune distinction entre les collaborateurs permanents et les freelances dans la procédure. Dans les autres pays, la moyenne correspond à 66,5 %.

Jean-Marie Mozziconacci, Directeur Général de SD Worx France explique que « Le cadre légal en France est assez strict. Les employés permanents travaillent dans un lien de subordination, mais pas les indépendants ou freelances. Traditionnellement, nous associons une politique RH à la relation employeur-travailleur classique. Dans la collaboration avec les freelances, l’autorité patronale doit absolument être évitée car dans le cas contraire, il est question de statut de faux indépendant. Par conséquent, les indications classiques d’autorité patronale ne peuvent pas s’appliquer dans une politique RH pour les collaborateurs externes. Le freelance profite de plus de liberté dans l’organisation du travail et d’horaires aménagées qu’un contrat classique. Mais le contexte connaît du changement, la frontière entre travailleurs et indépendants devient plus mince et un nombre croissant d’entreprises font appel aux freelances. Des voix s’élèvent également pour que la législation suive aussi cette évolution. Dans tous les cas, nous prônons une politique RH inclusive. Il n’y a aucune raison juridique pour laquelle les organisations ne pourraient pas mener une politique RH pour les collaborateurs externes. Bien entendu, cette politique doit tenir compte de la législation : les éléments qui indiquent un lien de subordination et une autorité patronale sont interdits. »

Les freelances français sont bien intégrés dans la culture d’entreprise

Plus de sept entreprises françaises sur dix (70,4 %) tentent d’intégrer les free-lances dans la culture d’entreprise et la méthode de travail propres. Dans ce domaine, les entreprises françaises obtiennent de meilleurs résultats que les autres pays interrogés, dont la moyenne affiche 65,5 %. En France, les travailleurs indépendants sont un peu moins impliqués dans les activités organisées pour le personnel permanent, comme par exemple, les fêtes d’entreprise (63,2 %). Après la Belgique (53,8 %), cela représente le score le plus bas de l’ensemble des pays interrogés.

Jean-Marie Mozziconacci nous expose son état des lieux, pour lui, « Un nombre croissant d’entreprises sollicitent des freelances. De plus, ces derniers travaillent de plus en plus longtemps dans les organisations. Dès lors, il importe que les entreprises adaptent leur politique RH à cette évolution. Si les freelances ne relèvent pas de l’autorité patronale, ils font malgré tout partie de l’équipe. Par conséquent, il vaut mieux les impliquer le plus possible au sein de l’entreprise, évidemment dans les limites fixées par le cadre légal. Cela peut notamment se traduire par une implication dans des formations et des évaluations, mais aussi par une participation aux activités en dehors du travail. Ces pratiques favorisent l’engagement et donc aussi la productivité. »

« Nombre d’entreprises font de nos jours appel à des freelances pour des missions ponctuelles ou à plus long terme. Une politique RH visant cette catégorie de collaborateurs ne revêt pas seulement un intérêt pour l’entreprise elle-même. Dans l’intérêt de la durabilité de la carrière du freelance également, il est important que ce dernier reçoive un feed-back au sujet de ses prestations, ou puisse discuter d’aspects comme le développement professionnel et les perspectives de carrière. », explique Ans de Vos, professeur à l’Antwerp Management School.

À propos de l’enquête

Les répondants potentiels ont été approchés par l’intermédiaire d’un panel en ligne, avec des échantillons basés sur la taille et le secteur. L’étude complète se trouve ici.

Morgane Palomo
Diplômée d'un master un brand management marketing, sa curiosité et sa soif de savoir ne sont étanchées. De nature créative, elle a su diversifier ses expériences. De la création graphique, à l'événementiel en passant par la communication interne et le marketing digital, elle s’est construit un savoir pluriel et avant tout polyvalent.

More from author

Restez connectez !

Nous diffusons une Newsletter mensuelle incluant des dossiers thématiques, interviewes et investigations réalisées par nos journalistes indépendants.
Vous souhaitez recevoir notre lettre d’informations?