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Retards de paiements : les femmes sont plus touchées que les hommes dans le monde – Par Laurent Dechaux, Sage

La Journée internationale de la femme est l’occasion de souligner à quel point les femmes veulent faire évoluer les normes sociales et politiques. Mais cela nous rappelle aussi qu’en dépit de certains progrès, l’inégalité est un défi que nombre d’entre elles doivent relever quotidiennement, notamment dans le monde des affaires, comme en témoignent les campagnes #MeToo ou #TimesUp.

Près de 40% des chefs d’entreprise dans le monde sont des femmes, et toute forme de discrimination est inacceptable d’un point de vue culturel et/ou économique, en particulier lorsqu’il s’agit de ne pas payer ce qui est dû. L’impact des retards de paiement sur les petites entreprises fait l’objet d’un débat qui dépasse les frontières géographiques et qui doit être éradiqué pour tous les entrepreneurs. A l’occasion de la Journée internationale de la femme, nous devons mettre en lumière les domaines où il reste encore beaucoup à faire pour éradiquer les inégalités.

Une récente étude de Sage souligne que cette discrimination n’affecte pas seulement les femmes dans les grandes entreprises. En effet, une tendance inquiétante se dessine : les femmes chefs d’entreprise subissent plus de retards de paiement que leurs homologues masculins.

Dans 6 des 11 régions du monde étudiées par Sage, les femmes ont signalé des cas plus nombreux de retards de paiement. L’Australie, le Canada, le Royaume-Uni, l’Afrique du Sud, l’Espagne et Singapour sont les pays où les femmes sont plus touchées que les hommes par les retards de paiement. Il est important de souligner qu’il ne s’agit pas seulement de paiements en attente car en effet, une facture sur dix est qualifiée de créance irrécouvrable. La France est l’un des meilleurs élèves, les retards de paiement touchant les hommes et les femmes à part égale.

Les petites entreprises ne sont pas en mesure d’absorber ces coûts et les heures consacrées à la gestion administrative. Au cours des 12 prochains mois, dans le monde une femme entrepreneure sur quatre accordera la priorité à recouvrer les impayés pour être plus rentable et, deviendra, du coup, moins productive. Dès le démarrage de leurs activités, les femmes chefs d’entreprise sont confrontées à plus de facteurs de discrimination que les hommes, c’est désormais un constat endémique.

Le fait que, les femmes chefs d’entreprise sont plus souvent confrontées à des retards ou des non-paiements fait partie de ce problème plus vaste. De nombreuses femmes à travers le monde témoignent des commentaires sexistes qu’elles entendent, de l’indifférence qu’elles constatent à l’égard de leurs ambitions et de l’absence de mentors féminins. Tous ces éléments expliquent pourquoi il y aurait maintenant une stigmatisation culturelle accrue autour de la réclamation des sommes dues chez les femmes entrepreneurs, plus que chez les hommes.

Il n’y a pas de place pour la partialité dans les affaires et tous les entrepreneurs, quel que soit leur genre, devraient être libres de poursuivre leurs ambitions sans subir les conséquences de ce type de barrières culturelles si préjudiciables à l’entrepreneuriat.

L’impact des retards de paiement sur les entreprises dirigées par des femmes entrepreneures :

Source: Retards de paiement, l’effet Domino, 2017

Par Laurent Dechaux, EVP Sage Europe du Sud

Written by Morgane Palomo

Diplômée d'un master un brand management marketing, sa curiosité et sa soif de savoir ne sont étanchées. De nature créative, elle a su diversifier ses expériences. De la création graphique, à l'événementiel en passant par la communication interne et le marketing digital, elle s’est construit un savoir pluriel et avant tout polyvalent.