La banque d’images de Bill Gates ferme boutique, la fin d’un système… Valérie Hersleven et Thierry Maillet – Ooshot

Camera lens close-up

Corbis, la banque d’images appartenant à Bill Gates vient de fermer ses sites web. C’est l’épilogue d’une longue agonie, qui s’est terminée en janvier dernier par la revente de Corbis à Unity Glory, une filiale de Visual China Group, une entité chinoise cotée à la bourse de Shenzhen et alliée de Getty Images, ancien concurrent de Corbis.
La nouvelle n’est pas anodine lorsque l’on sait que le stock photo en question est évalué à 80 millions d’images !

Pour les photographes, soit leurs photos seront gérées directement depuis New York et Londres par Getty Images, soit ce seront les chinois qui les vendront et rétribueront leurs auteurs. En cas de conflit, on imagine aisément la difficulté pour un photographe de saisir les tribunaux chinois…
Cette triste nouvelle est révélatrice d’un changement dans le monde la photographie professionnelle.

Pour Thierry Maillet, co-fondateur de Ooshot, mais également docteur en histoire des entreprises, « L’approche centralisée des banques d’images est sur le déclin. Tout comme d’autres secteurs de l’économie, la photographie est en train de connaître une révolution qui va détruire les systèmes trop centralisés et qui finalement brident la créativité. C’est le même processus qui est à l’œuvre dans d’autres segments de l’économie collaborative. »

Valérie Hersleven, cofondatrice et PDG de Ooshot, rajoute : « Un photographe ne fait pas ce métier par envie de créer du capital. La motivation n’est pas l’argent. C’est l’envie de créer, la création, qui le motive. Et c’est justement parce qu’ils ne sont pas motivés par l’aspect financier qu’ils perdent à ce jeu de négociation, et donc la plupart ne sont pas ou sont mal payés.
Aucun acteur du secteur de l’image n’a jusque maintenant œuvré pour la création d’un marché, avec une structure de prix transparents pour le photographe et le commanditaire. Les prix sont selon la tête du client à ce jour. C’est comme si vous alliez dans une boulangerie et en fonction de votre collier de perles ou pas la boulangère vous annonce le prix de la baguette.
Ce qu’Ooshot veut apporter est justement de créer un cadre, que les prestations soient claires, qu’un client connaisse les prix. Du coup moins de temps passé à parler d’argent et plus de temps à parler création. Et que les commanditaires sachent évaluer au juste prix les différentes prestations des photographes. »

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La banque d’images de Bill Gates ferme boutique, la fin d’un système… Valérie Hersleven et Thierry Maillet – Ooshot

Camera lens close-up 3rd mai, 2016

Corbis, la banque d’images appartenant à Bill Gates vient de fermer ses sites web. C’est l’épilogue d’une longue agonie, qui s’est terminée en janvier dernier par la revente de Corbis à Unity Glory, une filiale de Visual China Group, une entité chinoise cotée à la bourse de Shenzhen et alliée de Getty Images, ancien concurrent de Corbis.
La nouvelle n’est pas anodine lorsque l’on sait que le stock photo en question est évalué à 80 millions d’images !

Pour les photographes, soit leurs photos seront gérées directement depuis New York et Londres par Getty Images, soit ce seront les chinois qui les vendront et rétribueront leurs auteurs. En cas de conflit, on imagine aisément la difficulté pour un photographe de saisir les tribunaux chinois…
Cette triste nouvelle est révélatrice d’un changement dans le monde la photographie professionnelle.

Pour Thierry Maillet, co-fondateur de Ooshot, mais également docteur en histoire des entreprises, « L’approche centralisée des banques d’images est sur le déclin. Tout comme d’autres secteurs de l’économie, la photographie est en train de connaître une révolution qui va détruire les systèmes trop centralisés et qui finalement brident la créativité. C’est le même processus qui est à l’œuvre dans d’autres segments de l’économie collaborative. »

Valérie Hersleven, cofondatrice et PDG de Ooshot, rajoute : « Un photographe ne fait pas ce métier par envie de créer du capital. La motivation n’est pas l’argent. C’est l’envie de créer, la création, qui le motive. Et c’est justement parce qu’ils ne sont pas motivés par l’aspect financier qu’ils perdent à ce jeu de négociation, et donc la plupart ne sont pas ou sont mal payés.
Aucun acteur du secteur de l’image n’a jusque maintenant œuvré pour la création d’un marché, avec une structure de prix transparents pour le photographe et le commanditaire. Les prix sont selon la tête du client à ce jour. C’est comme si vous alliez dans une boulangerie et en fonction de votre collier de perles ou pas la boulangère vous annonce le prix de la baguette.
Ce qu’Ooshot veut apporter est justement de créer un cadre, que les prestations soient claires, qu’un client connaisse les prix. Du coup moins de temps passé à parler d’argent et plus de temps à parler création. Et que les commanditaires sachent évaluer au juste prix les différentes prestations des photographes. »

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