La mémoire NAND 3D : une nouvelle dimension technologique – Pascal Cheyroux, Sales Manager, South Europe, SanDisk

Businessman putting last block to the tower

Il ne faut pas longtemps pour imaginer comment tirer parti d’une nouvelle technologie de stockage.

Gutenberg inventa la presse à imprimer en 1454 et, vers 1500, il existait selon les estimations un millier de presses en Europe, produisant 8 millions de livres. En 1946, un ingénieur américain du nom de John Mullin résolut un grand mystère lorsqu’il « découvrit » le magnétophone dans l’Allemagne de l’après-guerre : il s’ensuivit bientôt la radiodiffusion d’émissions préenregistrées, les rediffusions instantanées et la création d’Ampex, l’une des premières success-stories de la Silicon Valley.

Nous sommes aujourd’hui à la veille d’une nouvelle avancée majeure avec l’arrivée en production de la mémoire NAND tridimensionnelle (3D). Dans les puces de mémoire flash 3D, la superposition des transistors permet d’augmenter considérablement la densité des informations stockées : au lieu d’une seule couche de cellules mémoire, chaque composant en comporte 48 voire plus, empilées à la manière des étages d’un gratte-ciel.

Grâce aux progrès du stockage, plusieurs téraoctets vont facilement tenir au creux de la main, tandis qu’un pétaoctet – soit environ 1000 ans de musique MP3 – pourrait un beau jour entrer dans une poche.

Au premier abord, des critiques pourraient trouver ces chiffres démesurés. Avons-nous vraiment besoin d’une discothèque portable remontant au Moyen Age ? Pourtant, l’Histoire montre que des applications pratiques finissent toujours par apparaître. En 2008, le nombre de photos publiées chaque jour sur les principaux réseaux sociaux était négligeable. En 2014, il a dépassé 1,8 milliard quotidiennement1. Cela explique en partie pourquoi la capacité moyenne des smartphones a plus que triplé, passant de 5,2 Go en 2010 à 18,3 Go à l’heure actuelle, selon Forward Insights. Ce qui n’empêche pas les utilisateurs de se retrouver à court de mémoire.

La vidéo UltraHD (4K) commence à peine à se développer sur le marché que bon nombre d’entreprises parlent déjà de 8K. Ces niveaux de résolution apportent un réalisme inédit à la vidéo : imaginez une caméra de sports extrêmes capable de filmer des images d’une qualité telle qu’elle aurait naguère nécessité toute une équipe de tournage. Une seule minute de vidéo UltraHD, cependant, peut consommer plus de 5 Go en fonction du codec employé et d’autres facteurs, selon 4K Shooters. La création et le partage de fichiers UltraHD va demander de nouvelles capacités de traitement, de nouveaux algorithmes et des capacités accrues de stockage.

Cela aura à son tour pour effet de stimuler l’innovation. Les évolutions en matière de stockage font évoluer tout le reste. Malheureusement, les systèmes de stockage traditionnels sont aujourd’hui le maillon faible de l’économie de l’information. Les disques durs sont des équipements mécaniques, constitués de moteurs miniaturisés qui font tourner des plateaux magnétiques. Or, pratiquement tous les autres composants du monde numérique fonctionnent au moyen de signaux électroniques ou d’impulsions lumineuses beaucoup plus rapides. Les data centers sont donc largement conçus comme ils le sont – c’est-à-dire dans des bâtiments imposants consommant quantité d’énergie pour alimenter des ordinateurs souvent « comateux » – afin de tenir compte de la lenteur des disques durs.

En conséquence, à quoi pourrait ressembler ce nouvel environnement ? Imaginez la possibilité d’explorer des archives vidéo à la recherche d’une scène particulière dans un film d’amateur ou bien dans une production des années 1970 et de la retrouver en quelques minutes, voire moins. Ou encore une maison véritablement intelligente, équipée d’un réfrigérateur qui économise automatiquement l’énergie ou d’une porte de garage qui envoie une alerte vidéo sur votre téléphone ou à un service de sécurité si quelqu’un tente de la forcer.

Des applications de ce type sont-elles disponibles aujourd’hui ? Oui, même si elles ne sont pas encorerépandues. Les nouvelles technologies de stockage font baisser le coût de leur expérimentation.

L’accélération des services de streaming et de transmission de données aura également des retombées positives dans la vie quotidienne. La fluidité de Facebook en est un signe avant-coureur : la société a été en effet l’une des premières à adopter la mémoire flash à grande échelle.

Ne nous méprenons pas. La technologie d’enregistrement magnétique a bien été l’un des principaux progrès du 20ème siècle. Elle a vu le jour avec l’invention du premier enregistreur sur bande en 1898 et culminé avec l’apparition du disque dur à 15 000 tr/min en février 2000. Simplement, après 117 années d’existence, cette technologie est arrivée à un palier.

Par chance, nous sommes une fois encore à l’aube d’une grande révolution.

1.  Internet Trends 2014. Mary Meeker. http://kpcbweb2.s3.amazonaws.com/files/85/Internet_Trends_2014_vFINAL_-_05_28_14-_PDF.pdf?1401286773

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La mémoire NAND 3D : une nouvelle dimension technologique – Pascal Cheyroux, Sales Manager, South Europe, SanDisk

Businessman putting last block to the tower 22nd septembre, 2015

Il ne faut pas longtemps pour imaginer comment tirer parti d’une nouvelle technologie de stockage.

Gutenberg inventa la presse à imprimer en 1454 et, vers 1500, il existait selon les estimations un millier de presses en Europe, produisant 8 millions de livres. En 1946, un ingénieur américain du nom de John Mullin résolut un grand mystère lorsqu’il « découvrit » le magnétophone dans l’Allemagne de l’après-guerre : il s’ensuivit bientôt la radiodiffusion d’émissions préenregistrées, les rediffusions instantanées et la création d’Ampex, l’une des premières success-stories de la Silicon Valley.

Nous sommes aujourd’hui à la veille d’une nouvelle avancée majeure avec l’arrivée en production de la mémoire NAND tridimensionnelle (3D). Dans les puces de mémoire flash 3D, la superposition des transistors permet d’augmenter considérablement la densité des informations stockées : au lieu d’une seule couche de cellules mémoire, chaque composant en comporte 48 voire plus, empilées à la manière des étages d’un gratte-ciel.

Grâce aux progrès du stockage, plusieurs téraoctets vont facilement tenir au creux de la main, tandis qu’un pétaoctet – soit environ 1000 ans de musique MP3 – pourrait un beau jour entrer dans une poche.

Au premier abord, des critiques pourraient trouver ces chiffres démesurés. Avons-nous vraiment besoin d’une discothèque portable remontant au Moyen Age ? Pourtant, l’Histoire montre que des applications pratiques finissent toujours par apparaître. En 2008, le nombre de photos publiées chaque jour sur les principaux réseaux sociaux était négligeable. En 2014, il a dépassé 1,8 milliard quotidiennement1. Cela explique en partie pourquoi la capacité moyenne des smartphones a plus que triplé, passant de 5,2 Go en 2010 à 18,3 Go à l’heure actuelle, selon Forward Insights. Ce qui n’empêche pas les utilisateurs de se retrouver à court de mémoire.

La vidéo UltraHD (4K) commence à peine à se développer sur le marché que bon nombre d’entreprises parlent déjà de 8K. Ces niveaux de résolution apportent un réalisme inédit à la vidéo : imaginez une caméra de sports extrêmes capable de filmer des images d’une qualité telle qu’elle aurait naguère nécessité toute une équipe de tournage. Une seule minute de vidéo UltraHD, cependant, peut consommer plus de 5 Go en fonction du codec employé et d’autres facteurs, selon 4K Shooters. La création et le partage de fichiers UltraHD va demander de nouvelles capacités de traitement, de nouveaux algorithmes et des capacités accrues de stockage.

Cela aura à son tour pour effet de stimuler l’innovation. Les évolutions en matière de stockage font évoluer tout le reste. Malheureusement, les systèmes de stockage traditionnels sont aujourd’hui le maillon faible de l’économie de l’information. Les disques durs sont des équipements mécaniques, constitués de moteurs miniaturisés qui font tourner des plateaux magnétiques. Or, pratiquement tous les autres composants du monde numérique fonctionnent au moyen de signaux électroniques ou d’impulsions lumineuses beaucoup plus rapides. Les data centers sont donc largement conçus comme ils le sont – c’est-à-dire dans des bâtiments imposants consommant quantité d’énergie pour alimenter des ordinateurs souvent « comateux » – afin de tenir compte de la lenteur des disques durs.

En conséquence, à quoi pourrait ressembler ce nouvel environnement ? Imaginez la possibilité d’explorer des archives vidéo à la recherche d’une scène particulière dans un film d’amateur ou bien dans une production des années 1970 et de la retrouver en quelques minutes, voire moins. Ou encore une maison véritablement intelligente, équipée d’un réfrigérateur qui économise automatiquement l’énergie ou d’une porte de garage qui envoie une alerte vidéo sur votre téléphone ou à un service de sécurité si quelqu’un tente de la forcer.

Des applications de ce type sont-elles disponibles aujourd’hui ? Oui, même si elles ne sont pas encorerépandues. Les nouvelles technologies de stockage font baisser le coût de leur expérimentation.

L’accélération des services de streaming et de transmission de données aura également des retombées positives dans la vie quotidienne. La fluidité de Facebook en est un signe avant-coureur : la société a été en effet l’une des premières à adopter la mémoire flash à grande échelle.

Ne nous méprenons pas. La technologie d’enregistrement magnétique a bien été l’un des principaux progrès du 20ème siècle. Elle a vu le jour avec l’invention du premier enregistreur sur bande en 1898 et culminé avec l’apparition du disque dur à 15 000 tr/min en février 2000. Simplement, après 117 années d’existence, cette technologie est arrivée à un palier.

Par chance, nous sommes une fois encore à l’aube d’une grande révolution.

1.  Internet Trends 2014. Mary Meeker. http://kpcbweb2.s3.amazonaws.com/files/85/Internet_Trends_2014_vFINAL_-_05_28_14-_PDF.pdf?1401286773

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