La Fintech et l’investisseur : une histoire partie pour durer ?

Né de la parfaite combinaison des mots finance et technologie, le terme définit par le guide des Fintech désigne les entreprises technologiques qui assistent et transforment les services bancaires et financiers depuis une dizaine d’années. Essentiellement fondées par d’ex- banquiers et traders ayant quitté les grands organismes financiers suite à la crise de 2008 pour lancer leur propre start-up, ces entreprises visionnaires sont aujourd’hui projetées sur le devant de la scène et attirent des investissements exponentiels.

La Fintech en France

À l’origine sceptique face à ces futurs géants de la finance moderne, la France a elle aussi rejoint l’engouement général pour les Fintech. De fait, les entreprises françaises, longtemps négligées par les investisseurs multinationaux, voient soudain leurs capitaux boostés par une confiance internationale grandissante. Selon une étude récente de KPGM, les investissements dans des Fintech françaises depuis 2010 atteindraient 1,5 milliard d’euro, dont 354 millions rien que sur le premier semestre 2019 ; des levées de fonds qui atteignent donc en 6 mois l’équivalent de toute l’année précédente et promettent de continuer dans la même direction.

Parmi les grands noms, on retrouve notamment l’entreprise d’automatisation des paiements Lemon Way qui détient le record avec une levée de 25 millions d’euros de la part de Toscafund, la société de logistique numérique Wynd qui a obtenu la modique somme de 75 millions d’euros, ou encore les 65 millions levés dans le plus grand secret par la première plateforme en ligne de crédit à la consommation Younited. Si le marché des Fintech a toujours été en croissance, depuis 2015, les investisseurs français ont passé la vitesse supérieure.

Silicon Paris

Ce qu’espère évidemment les traders, c’est un bon retour sur leur investissement, mais aussi de voir leur investissement éventuellement devenir une licorne; le fameux terme emprunté à l’anglais pour désigner une start-up dont le capital atteint 1m de dollars dans les dix premières années. Il est de tradition de voir la Silicon Valley californienne produire la majorité des pépites avec Google ou Amazon; et la France compte encore aujourd’hui un nombre dérisoire de licornes. L’année 2019 en a toutefois vu arriver deux nouvelles sur le marché de la Frenchtech : la plateforme de gestion des rendez-vous médicaux Doctolib et la plateforme de photographie participative Meero. Avec Londres en pleine crise du Brexit et la Californie sujette à l’effet Trump, Paris pourrait bien tirer parti de ce nouvel engouement pour les start-ups françaises et devenir la nouvelle City européenne.

Une croissance toujours plus inventive

Le marché se diversifie déjà vers d’autres applications. On a ainsi vu émerger près de 200 start-ups en France sur le marché de l’Assurtech qui comprend les fournisseurs de technologie aux compagnies d’assurance, comme la société d’automatisation de la gestion de sinistres Zelros, et les Regtech, qui attiraient 6% des investissements français en 2018. On trouve des sociétés françaises dans cette industrie comme Mon Avocat et Captain Contrat.

Fortes de ces nouvelles liquidités, nombreuses sont les start-ups dont la croissance a dépassé l’ambition d’origine. À tel point que ces nouveaux groupes aux investissements multinationaux sont à leur tour en mesure de financer d’autres concepts, créant ainsi de vastes écosystèmes financiers qui attirent encore et toujours l’attention des traders.

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