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La dématérialisation est-elle réellement une démarche écologique ? – Par Guillaume Villeneuve, PFU Ltd

. Au-delà de transformer des documents papiers en fichiers numériques, il s’agit également d’optimiser informatiquement les processus métiers et back office de l’entreprise. Seulement, le numérique possède également un impact environnemental non négligeable. Le volume mondial de données numériques a atteint 33 zettaoctets en 2018 et dépassera 610 zettaoctets en 2020. La dématérialisation s’intègre-t-elle réellement dans une démarche écoresponsable ?

Vers une transformation des habitudes gourmandes en papier

Changer les procédures administratives ancrées depuis des décennies n’est pas chose facile, mais la dématérialisation possède de nombreux avantages pour les organisations. Tout d’abord, cette démarche représente une économie d’argent et de productivité non négligeable : réduction du papier, gain de place consacré au stockage et à l’archivage, augmentation de la rapidité des échanges commerciaux et des recherches d’information… De plus, la dématérialisation permet de gérer le niveau de sécurité et pérennité des documents. Un document papier est victime du temps, des conditions d’archivage (lumière, humidité…), et des nombreuses manipulations humaines. A travers des logiciels et des procédures informatiques instaurées, il est plus aisé de surveiller l’historique de toutes les modifications d’un fichier, de sécuriser les données et de lutter contre la fraude grâce à la signature électronique. Celle-ci donne aux documents numériques la même légitimité qu’un document papier.

La réduction du papier : une démarche environnementale

Certains calculs se font simplement : 1kg de papier consomme 2kg de bois et jusqu’à 60 litres d’eau. De plus, la France compte 13 millions d’employés de bureaux, ces derniers consomment 120 à 140 kg de déchets par an en moyenne au bureau (dont trois quarts sont du papier)[1].

Il est évident qu’en réduisant l’utilisation du papier consacrée chaque année à l’édition des documents administratifs, l’entreprise réduit considérablement son impact environnemental. La numérisation et la transformation de certaines taches en processus informatique gourmands en papier s’inscrit effectivement dans une politique RSE pour de nombreuses organisations.

Seulement, le numérique possède, lui aussi, un poids écologique. De nos jours, il reste difficile d’aborder la dématérialisation comme une démarche intrinsèquement bonne ou mauvaise pour l’environnement.

Le poids environnemental du numérique : le stockage sur serveur

Les messages, les e-mails, les téléchargements et bien d’autres manipulations informatiques ont un impact environnemental. Derrière chaque requête se cache de la donnée, stockée dans un data center. Le stockage de tous ces échanges sur des serveurs consomment de l’énergie. Pour cela, il est primordial que les entreprises considèrent sérieusement l’impact écologique direct et indirect de leurs activités, et d’axer leurs démarches RSE vers le développement de solutions disruptives.

Certaines grandes entreprises ont commencé à se diriger vers des solutions plus propres pour l’environnement. Les grands groupes dont l’activité demande une forte utilisation de serveurs et donc une consommation d’énergie pharamineuse, se doivent de réfléchir aux alternatives pouvant réduire leur impact sur l’environnement. Par exemple, les géants de la Silicon Valley et le leader du commerce en ligne investissent dans les énergies renouvelables : Google, Facebook et Amazon ont créé leurs propres parcs d’énergies renouvelables qui leur permettent de s’alimenter, intégralement ou en grande majorité, en électricité.

La dématérialisation est un pas considérable pour les entreprises souhaitant réaliser des économies d’argent mais également réduire leur impact environnemental. 300 millions de tonnes de papier seraient produites chaque année, ce qui contribueraient à la destruction de 60 000 km2 de forêts, représentant près de 40% de la déforestation dans le monde.

Ce processus est aussi une démarche RSE que de nombreuses entreprises ont entrepris. Seulement, il est important de garder en tête que la numérisation et le stockage des données découlant de la dématérialisation possède également un poids non négligeable dans la production d’énergie et d’émissions de gaz à effet de serre. Les émissions de gaz à effet de serre (GES) du numérique, représentaient 2,5 % en 2013, et passeront à 4 % en 2020. L’impact du numérique sur notre planète dépend en grande partie de notre manière de l’utiliser. Aujourd’hui, il incombe aux entreprises de penser aux moyens de dépendre d’énergies renouvelables, plus propres et plus respectueuses de l’environnement.

[1] Selon l’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe).

Written by Morgane Palomo

Diplômée d'un master un brand management marketing, sa curiosité et sa soif de savoir ne sont étanchées. De nature créative, elle a su diversifier ses expériences. De la création graphique, à l'événementiel en passant par la communication interne et le marketing digital, elle s’est construit un savoir pluriel et avant tout polyvalent.