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Télémédecine et dépenses de santé : quels impacts ?

La télémédecine permettrait de réduire de 6 à 21% le coût de la prise en charge de patients atteints de maladies chroniques.

C’est en tous cas le résultat de la dernière étude IQVIA pour l’Association des Laboratoires Japonais Présents en France (LaJaPF) réalisée avec le soutien du Leem. Le plan Santé 2022, présenté par la ministre de la Santé, Agnès Buzyn est sur toutes les lèvres. Le coût et la fluidité du parcours de soins du patient sont au cœur des enjeux structurels.

Le 12 décembre dernier, IQVIA et LaJaPF présentaient les résultats de leur étude sur l’impact de la télémédecine sur les parcours de soins au travers de trois pathologies chroniques : l’hypertension artérielle, le diabète et le cancer de la prostate. Cette étude démontre qu’il existe des marges d’économies significatives pour l’Assurance Maladie. Il suffirait d’accepter un bouleversement majeur de l’organisation de notre système de santé actuel.

La télémédecine : un nouveau prisme

On ne compte plus les avantages promis par la télémédecine. Lutter contre les déserts médicaux, améliorer le suivi et la qualité de vie des patients, baisser le nombre de séjours hospitaliers, les frais de transports des patients et les arrêts de travail liés à des consultations de suivi… La télémédecine se présente à la fois comme LA solution pour optimiser les coûts mais aussi pour améliorer la satisfaction et la qualité des soins.

Dès 1978 la Norvège s’est intéressée à cette technologie. En 1990 les programmes de télémédecine au Canada apparaissent comme une planche de salut. Comment expliquer que la France ait attendu le 15 septembre 2018 pour que l’Assurance-maladie prenne enfin en charge la téléconsultation ?

La télémédecine est définie par le Code de la santé publique comme « une forme de pratique médicale à distance utilisant les technologies de l’information et de la communication » reposant sur :

  • La téléconsultation
  • La téléexpertise
  • La télésurveillance médicale
  • Et la téléassistance médicale.

Elle est aujourd’hui prise au sérieux pour répondre aux défis auxquels l’offre de soin est confrontée.

Une étude inédite sur l’impact de la télémédecine

Il manquait des données fiables pour évaluer l’impact économique de la télémédecine. Aujourd’hui l’étude de l’IQVIA est réalisée à partir de la base de données de l’Assurance-maladie (EGB//SNIIRAM), en partenariat avec l’Université de Lyon. L’objet de cette étude est d’examiner les actes susceptibles d’être pratiqués par la télémédecine et d’en mesurer l’impact budgétaire. C’est-à-dire de mesurer le coût maximum de nomenclature pour que l’efficience soit au moins de 50 % pour les comptes de l’Assurance-maladie.

  • 322 millions d’euros par an grâce à la télésurveillance dans la prise en charge de l’hypertension artérielle
  • 26,3 millions d’euros par an grâce à la téléconsultation dans la prise en charge du cancer de la prostate
  • 8 millions d’euros par an grâce à la téléexpertise dans la prise en charge de la rétinopathie diabétique.

« L’enjeu est d’aller chercher les gains d’efficience dans notre système de santé pour en faire un système plus agile. C’est un des combats du Leem : montrer que le médicament n’est pas une dépense mais un investissement. » assure Philippe Lamoureux directeur général du Leem.

Une méthode au service de l’efficience

Claude Le Pen, conseiller IQVIA et professeur à l’Université Paris-Dauphine nous explique la méthodologie suivie par l’étude. Pour chaque aire thérapeutique choisie :

  • Première étape : littérature. Sélection de publications traitant de l’impact de dispositifs de télémédecine sur le recours aux soins.
  • Deuxième étape : diagnostique. Analyse du recours aux soins dans la vraie vie des patients atteints de ces pathologies via les données EGB.
  • Troisième étape : modélisation. Application des résultats des études publiées sur les données de consommation vraie vie des patients concernes.

Conclusion : il existe un réel potentiel de contribution à l’efficience du système de soin. Mais l’approche de la télémédecine s’effectue au cas par cas en fonction des pathologies. Il n’existe pas de formule magique. Finalement cette première étude nationale démontre pour la première fois qu’il ne peut pas y avoir d’approche universelle en télémédecine. « Les actes de télémédecine doivent s’inscrire dans une temporalité longue », conclut Patrick Errard, président de LaJaPF, « les réformes de santé seront graduelles ».

Written by Valentine

Arrivée sur terre il y a quelques lustres, Valentine entre aujourd’hui dans le métier de la communication.
C’est non sans intrépidité qu’elle a intégré la Sorbonne en philosophie après une classe préparatoire littéraire (A/L). Après un mémoire sur la place de l’éthique dans la société actuelle à partir d’Aristote, Valentine poursuit son cursus en éthique appliquée.
Autrement dit elle s’intéresse aux actions des entreprises et des institutions publiques, proposant alors des solutions de conseil afin d’accompagner leurs prises de décision. Au coeur de l’économie numérique, les rouages de la communication autour de l’innovation la passionnent.
C’est pour cela que Valentine a rejoint l’équipe de Tikibuzz, une agence de communication et de marketing, en 2018.
Aujourd’hui, elle a le plaisir de s’aventurer sur le terrain de l’éditique et de la gestion de la communication client, afin de vous proposer chers lecteurs, des reportages et des témoignages pour votre média DOCaufutur.