Le digital, un levier pour l’égalité professionnelle entre femmes et hommes

  • Les femmes attendent beaucoup du digital dans leur vie professionnelle. Près de 60% d’entre elles sont certaines que le digital les aidera à progresser professionnellement, et 74% des femmes comme des hommes jugent que les technologies digitales facilitent la vie professionnelle des femmes,
  • 74% des femmes et des hommes pensent que le digital est un accélérateur professionnel pour se lancer professionnellement,
  • 73% des femmes et 61% des hommes pensent que les femmes ont un rôle spécifique à jouer dans la transformation digitale des entreprises,
  • Même si le digital offre des belles perspectives, 53% des femmes pensent qu’elles n’ont pas le même accès que les hommes aux positions de leadership, alors que 66% des hommes sont persuadés du contraire.

Comment le digital transforme-t-il la place des femmes dans l’entreprise ? Quelles nouvelles opportunités offre-t-il ? Réduisent-elles les inégalités au travail ?

C’est ce que l’étude internationale Digital equality? Women in the digital revolution, réalisée par Roland Berger en partenariat avec La Journée de la Femme Digitale, et Numa, a cherché à mieux comprendre à travers un sondage en ligne auprès de 3000 personnes (femmes et hommes), mené d’octobre à décembre 2016, dans plus de 60 pays.

Trois thèmes ont été passés en revue, correspondant aux étapes clés de la vie active : l’entrée dans la vie professionnelle (incluant l’entrepreneuriat et l’intrapreneuriat), le développement de carrière, et l’accès à des positions de responsabilité.

Qui est la femme digitale ?

A cette question, 40% des répondant.e.s définissent la femme digitale comme une femme connectée qui utilise quotidiennement les outils numériques, 27% comme une femme avec une culture web, 24% comme un état d’esprit. Mais la majorité des répondant.e.s croit fondamentalement qu’il n’y a aucune différence entre une femme digitale et un homme digital.

Cette conviction que femmes et hommes jouent maintenant sur un pied d’égalité dans le monde digital est confirmée par les faits : les femmes qui se lancent dans l’aventure réussissent souvent mieux que les hommes. Malheureusement, au-delà de ces constats très positifs, certains stéréotypes genrés demeurent. Alors que digital pour les hommes fait référence à des compétences techniques, le terme digital pour les femmes reste plutôt attaché à des aspects plus softs de communication, de réseau. Les femmes ne se sont pas encore entièrement appropriées toutes les dimensions du digital.

Le digital, essentiel pour se projeter sur le long terme

L’étude souligne l’existence d’un large consensus sur les effets positifs du digital : 74% des femmes comme des hommes jugent que les technologies digitales facilitent la vie professionnelle des femmes; et qu’il est essentiel pour la construction de carrière sur le long terme. Les femmes considèrent également que le digital les aide à mettre en avant certaines qualités spécifiques : 72% pensent que les projets digitaux menés par les femmes diffèrent de ceux menés par les hommes, essentiellement sur le mode de management.

Malgré tous les bénéfices du digital, le plafond de verre se maintient

Sur les questions de leadership, femmes et hommes, ne sont plus d’accord : 53% des femmes pensent qu’elles n’ont pas le même accès que les hommes aux positions de leadership, alors que 66% des hommes sont convaincus du contraire. 64% des femmes pensent que leur sexe a probablement ou certainement inhibé leur succès professionnel. Les plus optimistes sont, logiquement, ceux qui ont déjà atteint un certain niveau d’ancienneté et de responsabilité. Mais le pessimisme des jeunes interrogent sur la capacité à développer des rôles modèles permettant aux plus jeunes de se projeter.

Néanmoins, les femmes attendent beaucoup du digital pour les aider à surmonter les stéréotypes de genre : près de 60% sont certaines que le digital les aidera dans la poursuite de leur carrière.

En général, les femmes sont plus optimistes que les hommes quant à l’impact positif du digital sur leur carrière. Cette proportion est plus élevée pour les managers (60%) et les entrepreneur.e.s (68%). Là encore, on observe comme une « prime aux habitué.e.s ».

La transformation digitale des entreprises : une formidable opportunité pour les femmes

Sur le plan de l’évolution professionnelle, 60% des femmes comme des hommes pensent que les entreprises qui ont engagé une transformation digitale ont ainsi créé des opportunités pour les femmes. 73% des femmes et 61% des hommes pensent que les femmes ont un rôle spécifique à jouer dans la révolution digitale.

Certains sont plus optimistes que d’autres, par exemple les entrepreneur.e.s (63%) et les managers (62%). Les plus familier.e.s au digital, sont les plus conscient.e.s de ses effets positifs.

L’égalité Femmes/Hommes avant tout une priorité de la Direction

81% des femmes considèrent que l’égalité professionnelle devrait être une des cinq priorités des chefs d’entreprises : compter uniquement sur le digital pour transformer les pratiques et les mentalités ne leur paraît pas suffisant.

Cependant la transformation digitale doit rester soutenue par une politique d’égalité professionnelle de l’entreprise. 75% des femmes (vs. 60% des hommes) pensent que l’égalité femmes-hommes doit faire partie des indicateurs clés de performance suivis dans une organisation.

Des différences significatives apparaissent en fonction des zones géographiques

Les Etats-Unis et le Canada sont plus optimistes sur les capacités du digital à offrir des opportunités professionnelles aux femmes. Mais ils sont moins sensibles aux différences de genre : seuls 45% pensent que les projets digitaux menés par les femmes sont spécifiques, et ils sont moins nombreux à juger important que l’égalité professionnelle soit une priorité des chefs d’entreprises (69%). Les Européen.e.s à l’inverse sont moins optimistes sur les opportunités offertes par le digital, et plus sensibles au « gender gap ». L’Asie se caractérise à la fois par un optimisme fort, et une vision très genrée du sujet (93% des répondant.e.s pensent que les projets portés par des femmes sont différents).

“Le temps n’est plus uniquement à stimuler les vocations scientifiques chez les générations futures de femmes, même si cela reste absolument indispensable, mais à engager immédiatement la mise en œuvre de politiques actives pour recruter, promouvoir et retenir les femmes dans le secteur économique « le plus porteur » pour l’emploi, et les perspectives de progression professionnelle”, souligne Delphine Remy- Boutang, co-fondatrice de la Journée de la Femme Digitale et fondatrice du JFD Connect.

“Le digital est une opportunité unique pour les femmes de se développer. Il ouvre les réseaux, offrent de nouveaux modèles de développement, accélère le temps. Les femmes doivent s’en emparer, surtout que les projets digitaux menés par des femmes sont souvent plus performants que la moyenne. Il est temps d’oser et s’emparer de ces opportunités”, Anne Bioulac, Senior Partner chez Roland Berger.

Corinne
Depuis plus de 25 ans dans le métier de la communication et du marketing, Corinne a démarré sa carrière à la télévision avant de rejoindre une agence événementielle. Curieuse dans l’âme, elle poursuit sa carrière dans l’IT et intègre une société de conseil en éditique puis entre chez un éditeur de logiciels leader sur son marché, SEFAS. Elle est ensuite nommée Directrice Communication chez MGI Digital Graphic, constructeur de matériel d’impression numérique et de finition international coté en bourse. Revenue en 2008 chez SEFAS au poste de Directrice Marketing et Communication groupe, elle gère une équipe répartie sur 3 géographies (France, Etats-Unis et Angleterre), crée le groupe utilisateurs de l’entreprise et lance un projet de certification ISO 9001, ISO 14001 et ISO 26000 couronné de succès. Pendant 7 ans membre du conseil d’administration de l’association professionnelle Xplor France et 2 ans sa Présidente, Corinne a créé dès 2010 TiKibuzz, son agence de marketing et de communication. Elle devient Directrice de la Communication en charge des Relations Presse, du Lobbying et du marketing digital chez DOCAPOST, groupe La Poste, durant 3 ans avant de rejoindre la start-up FINTECH Limonetik, en 2013. C'est cette même année qu'elle crée votre média professionnel, DOCaufutur, l'avenir du document.

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