Save the Data : ce qu’il faut retenir de l’Université du numérique du Medef – Par Frédéric Ichay, avocat associé Pinsent Masons

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« Au grand festin du numérique, serez-vous à table ou dans l’assiette? » Une formule directe et incisive du MEDEF donnant clairement le ton pour cette deuxième Edition de l’Université du Numérique qui s’est tenue à Paris les 16 et 17 mars.

Entre conférences, keynotes et intervenants venus de tous horizons – de la start-up débutante aux géants du numérique – la priorité était donnée aux thèmes emblématiques: la transformation à grande vitesse des modèles économiques, les objets connectés, l’industrie du futur, ou encore l’accompagnement du changement. Tout le gratin du numérique était rassemblé pour permettre à la France et à l’Europe de tirer leur épingle du jeu et de devenir ainsi les acteurs incontournables de cette nouvelle économie numérique mondiale.

Lors de son discours d’ouverture, le président du MEDEF a présenté les trois principaux leviers de croissance qui constituent le terrain de l’offensive de l’organisation: la mondialisation, les filières d’avenir et le numérique transversal. Selon ses propos, le numérique est tout à la fois générateur de nouveaux modèles, de nouveaux secteurs d’activité et l’élément perturbateur des secteurs classiques. De facto nulle entreprise n’est censée ignorer ce mouvement de fond et les évolutions futures doivent, à présent, être sur le radar de tous les managers et dirigeants.

Au travers du prisme du numérique, il est incontestable que les nouveaux modèles économiques peuvent s’appliquer à tous les secteurs d’activité tels que la finance, le commerce, la santé, le transport, l’hôtellerie, la restauration ou même en cuisine! Partout, de nouveaux entrants, appelés « barbares » – en accord avec l’esprit du slogan – challengent les acteurs déjà établis et font évoluer les modèles, les services et les standards.

Georges Nahon, patron de l’observatoire de l’innovation d’Orange Silicon Valley, présente cette révolution avec des exemples frappants: Uber est la plus grande compagnie de taxis au monde, sans en posséder un seul, Airbnb est le plus grand service d’hébergement sans être propriétaire d’un seul hôtel, Netflix ne possède pas un seul cinéma et Amazon est le plus grand commerçant sans posséder un seul magasin. Ainsi, le bouleversement devient sociétal, notamment grâce à la démocratisation des modes de consommation jusqu’alors inédit.

La Blockchain

Suivi du colloque «Blockchain : Disruption et Opportunités» présenté à l’Assemblée nationale la semaine suivante, le programme présenté au MEDEF commençait fort avec un focus sur les Blockchains et les registres décentralisés. Partant de l’exemple connu du Bitcoin, les intervenants ont expliqué cette innovation de rupture, son concept ainsi que ses nombreuses applications susceptibles d’être applicables dans l’intermédiation, la sécurisation des systèmes d’information, ou l’Internet des objets. Même le World Economic Forum reste bouche bée face aux blockchains, au point de ne pouvoir émettre un avis à leur sujet. En effet, comme toute technologie de rupture, celle-ci comporte des risques, mais ses usages ne sont pas encore assez connus.

De grands cabinets d’experts comptables, comme Grant Thornton, y porte une attention toute particulière : à terme, ce système permettrait – notamment grâce à des certifications possibles – de remplacer les travailleurs en col blanc (notaires, banquiers, assureurs et commissaires aux comptes) dans l’exercice de leur rôle d’intermédiaires, et non d’experts.  A l’avenir, ces technologies permettront des transferts d’actifs, ou bien encore des services de traçabilité, comme pour les produits de luxe. Par exemple, la start-up britannique Everledger utilise ses services de traçabilité dans le business du diamant, pour s’assurer de son exploitation tout au long de son parcours de la mine à la bijouterie. Le succès d’Ethereum et Vitalik Buterin, son développeur de 21 ans, avec ses smart-contracts et sa crypto-monnaie Ether témoigne encore de l’utilité de la Blockchain. Selon les spécialistes co-fondateurs du hub Blockchain France, les avantages de la Blockchain sont la décentralisation (comme le peer to peer) et la désintermédiation.

L’inéluctable évolution des secteurs et les « barbares » du numérique

«Comment les équilibres se modifient-ils face à l’entrée de nouveaux acteurs disruptifs ? Grands groupes et plus petites entreprises doivent faire face à ces nouveaux « barbares » : quelles innovations, quelles stratégies mises en œuvre, quelles nouvelles opportunités ?» Ces questions ont été évoquées lors de deux cessions et on démontrait que de nombreux secteurs – tels que la restauration, le transport, l’immobilier et la construction, la banque et les fintech, la beauté et l’hôtellerie – ont modifié les problématiques relatives à leur tectonique des secteurs.

Même si ces secteurs diffèrent, leur capacité de résilience est commune. Dans le secteur de la logistique et du transport, l’avènement d’Uber a entraîné deux conséquences majeures: l’apparition d’un nouveau business modèle et celle du taxi low-cost. L’apparition d’Airbnb dans l’hébergement est un autre exemple de ces duels opposant les établis et les nouveaux challengers sur un même secteur. Ainsi, le numérique touche et bouleverse tous les modèles. Dans ces secteurs distincts, une même thématique incite au changement: le fait que les logiques disruptives soient fortes. Dans ces secteurs d’activité, le réseau et le fait d’être connecté avec ses clients ont de plus en plus de valeur.

Ainsi, les entrepreneurs font face à pléthore d’opportunités. In fine, l’actuelle mutation numérique est une immense aubaine pour la création de richesse et l’activité dans tous les secteurs. Riche d’une forte capacité d’innovation, de nombreux talents formés par un système de formation supérieur d’excellent niveau, d’entreprises innovantes à forte croissance et présentant une véritable dynamique de création d’entreprise, la France doit absolument saisir cette chance. Voilà tout l’enjeu actuel auquel cette dernière doit et devra faire face dans les années à venir.

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Save the Data : ce qu’il faut retenir de l’Université du numérique du Medef – Par Frédéric Ichay, avocat associé Pinsent Masons

521692 5th avril, 2016

« Au grand festin du numérique, serez-vous à table ou dans l’assiette? » Une formule directe et incisive du MEDEF donnant clairement le ton pour cette deuxième Edition de l’Université du Numérique qui s’est tenue à Paris les 16 et 17 mars.

Entre conférences, keynotes et intervenants venus de tous horizons – de la start-up débutante aux géants du numérique – la priorité était donnée aux thèmes emblématiques: la transformation à grande vitesse des modèles économiques, les objets connectés, l’industrie du futur, ou encore l’accompagnement du changement. Tout le gratin du numérique était rassemblé pour permettre à la France et à l’Europe de tirer leur épingle du jeu et de devenir ainsi les acteurs incontournables de cette nouvelle économie numérique mondiale.

Lors de son discours d’ouverture, le président du MEDEF a présenté les trois principaux leviers de croissance qui constituent le terrain de l’offensive de l’organisation: la mondialisation, les filières d’avenir et le numérique transversal. Selon ses propos, le numérique est tout à la fois générateur de nouveaux modèles, de nouveaux secteurs d’activité et l’élément perturbateur des secteurs classiques. De facto nulle entreprise n’est censée ignorer ce mouvement de fond et les évolutions futures doivent, à présent, être sur le radar de tous les managers et dirigeants.

Au travers du prisme du numérique, il est incontestable que les nouveaux modèles économiques peuvent s’appliquer à tous les secteurs d’activité tels que la finance, le commerce, la santé, le transport, l’hôtellerie, la restauration ou même en cuisine! Partout, de nouveaux entrants, appelés « barbares » – en accord avec l’esprit du slogan – challengent les acteurs déjà établis et font évoluer les modèles, les services et les standards.

Georges Nahon, patron de l’observatoire de l’innovation d’Orange Silicon Valley, présente cette révolution avec des exemples frappants: Uber est la plus grande compagnie de taxis au monde, sans en posséder un seul, Airbnb est le plus grand service d’hébergement sans être propriétaire d’un seul hôtel, Netflix ne possède pas un seul cinéma et Amazon est le plus grand commerçant sans posséder un seul magasin. Ainsi, le bouleversement devient sociétal, notamment grâce à la démocratisation des modes de consommation jusqu’alors inédit.

La Blockchain

Suivi du colloque «Blockchain : Disruption et Opportunités» présenté à l’Assemblée nationale la semaine suivante, le programme présenté au MEDEF commençait fort avec un focus sur les Blockchains et les registres décentralisés. Partant de l’exemple connu du Bitcoin, les intervenants ont expliqué cette innovation de rupture, son concept ainsi que ses nombreuses applications susceptibles d’être applicables dans l’intermédiation, la sécurisation des systèmes d’information, ou l’Internet des objets. Même le World Economic Forum reste bouche bée face aux blockchains, au point de ne pouvoir émettre un avis à leur sujet. En effet, comme toute technologie de rupture, celle-ci comporte des risques, mais ses usages ne sont pas encore assez connus.

De grands cabinets d’experts comptables, comme Grant Thornton, y porte une attention toute particulière : à terme, ce système permettrait – notamment grâce à des certifications possibles – de remplacer les travailleurs en col blanc (notaires, banquiers, assureurs et commissaires aux comptes) dans l’exercice de leur rôle d’intermédiaires, et non d’experts.  A l’avenir, ces technologies permettront des transferts d’actifs, ou bien encore des services de traçabilité, comme pour les produits de luxe. Par exemple, la start-up britannique Everledger utilise ses services de traçabilité dans le business du diamant, pour s’assurer de son exploitation tout au long de son parcours de la mine à la bijouterie. Le succès d’Ethereum et Vitalik Buterin, son développeur de 21 ans, avec ses smart-contracts et sa crypto-monnaie Ether témoigne encore de l’utilité de la Blockchain. Selon les spécialistes co-fondateurs du hub Blockchain France, les avantages de la Blockchain sont la décentralisation (comme le peer to peer) et la désintermédiation.

L’inéluctable évolution des secteurs et les « barbares » du numérique

«Comment les équilibres se modifient-ils face à l’entrée de nouveaux acteurs disruptifs ? Grands groupes et plus petites entreprises doivent faire face à ces nouveaux « barbares » : quelles innovations, quelles stratégies mises en œuvre, quelles nouvelles opportunités ?» Ces questions ont été évoquées lors de deux cessions et on démontrait que de nombreux secteurs – tels que la restauration, le transport, l’immobilier et la construction, la banque et les fintech, la beauté et l’hôtellerie – ont modifié les problématiques relatives à leur tectonique des secteurs.

Même si ces secteurs diffèrent, leur capacité de résilience est commune. Dans le secteur de la logistique et du transport, l’avènement d’Uber a entraîné deux conséquences majeures: l’apparition d’un nouveau business modèle et celle du taxi low-cost. L’apparition d’Airbnb dans l’hébergement est un autre exemple de ces duels opposant les établis et les nouveaux challengers sur un même secteur. Ainsi, le numérique touche et bouleverse tous les modèles. Dans ces secteurs distincts, une même thématique incite au changement: le fait que les logiques disruptives soient fortes. Dans ces secteurs d’activité, le réseau et le fait d’être connecté avec ses clients ont de plus en plus de valeur.

Ainsi, les entrepreneurs font face à pléthore d’opportunités. In fine, l’actuelle mutation numérique est une immense aubaine pour la création de richesse et l’activité dans tous les secteurs. Riche d’une forte capacité d’innovation, de nombreux talents formés par un système de formation supérieur d’excellent niveau, d’entreprises innovantes à forte croissance et présentant une véritable dynamique de création d’entreprise, la France doit absolument saisir cette chance. Voilà tout l’enjeu actuel auquel cette dernière doit et devra faire face dans les années à venir.

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