Editique : « Hier, il fallait comprendre le document, maintenant, il faut comprendre son contenu » – Interview d’Harald Grümser, CEO et fondateur de Compart AG

En ouverture d’un Comparting 2015 placé sous le signe du changement, Harald Grümser, CEO et fondateur de Compart, a présenté le nouveau positionnement de l’éditeur de la suite DocBridge.

Sur le site de Compart, la notion de production documentaire multicanale laisse la place à une promesse plus large, celle de fournir des solutions technologiques pour les documents et les contenus. Qu’y a-t-il derrière ce changement de slogan ?

Harald Grumser Compart 2Cette nouvelle promesse reflète une évolution nécessaire de notre positionnement compte tenu de l’évolution des attentes de nos clients. Historiquement, Compart était perçu comme un fournisseur de composants technologiques pour l’éditique. Mais le monde autour de nous a considérablement changé. Regardez ce que font nos clients, dans le domaine de l’assurance par exemple. Sous la pression de l’évolution des usages, ils sont en train de construire un monde documentaire numérique parallèle. Dans la plupart des cas, ces nouveaux canaux ne sont pas reliés aux processus traditionnels de production documentaire. Pourtant, il faudra bien le faire un jour. Il en va de l’évolution technologique comme de l’économie : on ne peut pas continuellement évoluer à crédit, en faisant fi de la dette du passé.

Vous ne croyez pas au zéro papier ?

Ce qui est certain, c’est que pour les dix à vingt ans à venir, les processus documentaires métier classiques, tels que l’édition en masse de factures, ne vont pas disparaître. Ils continueront de s’appuyer sur d’anciens systèmes. Mais simultanément, il faut intégrer les nouvelles exigences de communication personnalisée, à ne pas confondre avec l’évolution vers le digital. Le véritable enjeu ici, ce n’est pas la forme mais le fond. Nous passons d’un mode de communication unidirectionnel fondé sur le traitement en masse à une recherche permanente d’interactions personnalisées qui reposent sur une dynamique transactionnelle. Tout l’enjeu, comme je le disais précédemment, est de ne pas accumuler de la dette en empilant des systèmes hétérogènes ou faiblement interopérables. Pour éviter une complexité croissante de la production documentaire, il faut être en mesure d’utiliser les mêmes processus, et donc les mêmes solutions technologiques, pour les traitements en masse et pour le transactionnel. C’est tout le sens de la redéfinition de la promesse de Compart : passer de l’expertise du contenant à celle du contenu.

L’un des thèmes centraux du Comparting 2015 concernait le format HTML 5. Que vient faire cette norme du web dans l’éditique ?

Durant les 15 dernières années, nous étions très fiers chez Compart de savoir reproduire à l’identique un document d’un format à un autre. Grâce à nous, de nombreuses entreprises ont pu relever le défi de la transformation des flux AFP en PDF. Mais les usages ont changé. Il suffit d’essayer de lire un PDF sur l’écran d’un téléphone mobile pour s’en rendre compte. Encore une fois, il s’agit d’éviter de créer des mondes parallèles. HTML-5 est aujourd’hui le seul format qui permette de parvenir à cet objectif en étant exploitable aussi bien pour l’impression que pour la présentation sur les terminaux mobiles. Mais il y a une contrepartie. J’en reviens à ce que je vous disais sur l’évolution de la promesse Compart. HTML-5 exige de repenser totalement la logique de construction des documents. Il faut aller un cran plus loin, comprendre leur structure, l’ordre de lecture, la valeur ajoutée des différents contenus, et en déduire de nouveaux processus automatisés pour adapter dynamiquement la présentation de l’information au support sur lequel elle est consultée. Et cela sans perdre en efficacité industrielle ni en qualité.

Mais cette montée en puissance des technologies web ne marque-t-elle pas plus tôt le recul de l’éditique ?

Moins que jamais, j’en suis convaincu. Regardez l’évolution des canaux de communication en seulement cinq ans. Il faudrait être naïf pour croire que cela va s’arrêter là. Si nous, les fournisseurs de solutions d’éditique et de gestion documentaire, voulons être utiles aux entreprises, c’est en leur apportant les moyens d’absorber cette complexité grandissante sans remettre en cause tous leurs processus métiers à chaque évolution. En termes techniques, cela veut dire que les applications, qu’il s’agisse de la relation client ou des processus métiers fondamentaux, ne devront plus avoir à se soucier des canaux ou des modes de communication. Le véritable enjeu est celui de l’indépendance entre les applications et une couche modulaire de services de communication. Chez Compart, cela fait déjà plusieurs années que nous avons perçu cette tendance et que nous travaillons à en relever les nombreux défis technologiques.

C’est une nouvelle ère qui s’annonce pour l’industrie éditique, avec un nouveau défi à relever aussi passionnant que les précédents, à ceci près que cette fois-ci, les choses vont aller beaucoup plus vite. C’est ce message que nous tenions à faire passer à nos clients et à nos partenaires cette année. Il a fallu dix ans pour achever la transition de l’AFP vers le PDF ; il en faudra sans doute moitié moins avant que la transition vers HTML-5 ne devienne un sujet majeur pour les entreprises.

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Editique : « Hier, il fallait comprendre le document, maintenant, il faut comprendre son contenu » – Interview d’Harald Grümser, CEO et fondateur de Compart AG

1st novembre, 2015

En ouverture d’un Comparting 2015 placé sous le signe du changement, Harald Grümser, CEO et fondateur de Compart, a présenté le nouveau positionnement de l’éditeur de la suite DocBridge.

Sur le site de Compart, la notion de production documentaire multicanale laisse la place à une promesse plus large, celle de fournir des solutions technologiques pour les documents et les contenus. Qu’y a-t-il derrière ce changement de slogan ?

Harald Grumser Compart 2Cette nouvelle promesse reflète une évolution nécessaire de notre positionnement compte tenu de l’évolution des attentes de nos clients. Historiquement, Compart était perçu comme un fournisseur de composants technologiques pour l’éditique. Mais le monde autour de nous a considérablement changé. Regardez ce que font nos clients, dans le domaine de l’assurance par exemple. Sous la pression de l’évolution des usages, ils sont en train de construire un monde documentaire numérique parallèle. Dans la plupart des cas, ces nouveaux canaux ne sont pas reliés aux processus traditionnels de production documentaire. Pourtant, il faudra bien le faire un jour. Il en va de l’évolution technologique comme de l’économie : on ne peut pas continuellement évoluer à crédit, en faisant fi de la dette du passé.

Vous ne croyez pas au zéro papier ?

Ce qui est certain, c’est que pour les dix à vingt ans à venir, les processus documentaires métier classiques, tels que l’édition en masse de factures, ne vont pas disparaître. Ils continueront de s’appuyer sur d’anciens systèmes. Mais simultanément, il faut intégrer les nouvelles exigences de communication personnalisée, à ne pas confondre avec l’évolution vers le digital. Le véritable enjeu ici, ce n’est pas la forme mais le fond. Nous passons d’un mode de communication unidirectionnel fondé sur le traitement en masse à une recherche permanente d’interactions personnalisées qui reposent sur une dynamique transactionnelle. Tout l’enjeu, comme je le disais précédemment, est de ne pas accumuler de la dette en empilant des systèmes hétérogènes ou faiblement interopérables. Pour éviter une complexité croissante de la production documentaire, il faut être en mesure d’utiliser les mêmes processus, et donc les mêmes solutions technologiques, pour les traitements en masse et pour le transactionnel. C’est tout le sens de la redéfinition de la promesse de Compart : passer de l’expertise du contenant à celle du contenu.

L’un des thèmes centraux du Comparting 2015 concernait le format HTML 5. Que vient faire cette norme du web dans l’éditique ?

Durant les 15 dernières années, nous étions très fiers chez Compart de savoir reproduire à l’identique un document d’un format à un autre. Grâce à nous, de nombreuses entreprises ont pu relever le défi de la transformation des flux AFP en PDF. Mais les usages ont changé. Il suffit d’essayer de lire un PDF sur l’écran d’un téléphone mobile pour s’en rendre compte. Encore une fois, il s’agit d’éviter de créer des mondes parallèles. HTML-5 est aujourd’hui le seul format qui permette de parvenir à cet objectif en étant exploitable aussi bien pour l’impression que pour la présentation sur les terminaux mobiles. Mais il y a une contrepartie. J’en reviens à ce que je vous disais sur l’évolution de la promesse Compart. HTML-5 exige de repenser totalement la logique de construction des documents. Il faut aller un cran plus loin, comprendre leur structure, l’ordre de lecture, la valeur ajoutée des différents contenus, et en déduire de nouveaux processus automatisés pour adapter dynamiquement la présentation de l’information au support sur lequel elle est consultée. Et cela sans perdre en efficacité industrielle ni en qualité.

Mais cette montée en puissance des technologies web ne marque-t-elle pas plus tôt le recul de l’éditique ?

Moins que jamais, j’en suis convaincu. Regardez l’évolution des canaux de communication en seulement cinq ans. Il faudrait être naïf pour croire que cela va s’arrêter là. Si nous, les fournisseurs de solutions d’éditique et de gestion documentaire, voulons être utiles aux entreprises, c’est en leur apportant les moyens d’absorber cette complexité grandissante sans remettre en cause tous leurs processus métiers à chaque évolution. En termes techniques, cela veut dire que les applications, qu’il s’agisse de la relation client ou des processus métiers fondamentaux, ne devront plus avoir à se soucier des canaux ou des modes de communication. Le véritable enjeu est celui de l’indépendance entre les applications et une couche modulaire de services de communication. Chez Compart, cela fait déjà plusieurs années que nous avons perçu cette tendance et que nous travaillons à en relever les nombreux défis technologiques.

C’est une nouvelle ère qui s’annonce pour l’industrie éditique, avec un nouveau défi à relever aussi passionnant que les précédents, à ceci près que cette fois-ci, les choses vont aller beaucoup plus vite. C’est ce message que nous tenions à faire passer à nos clients et à nos partenaires cette année. Il a fallu dix ans pour achever la transition de l’AFP vers le PDF ; il en faudra sans doute moitié moins avant que la transition vers HTML-5 ne devienne un sujet majeur pour les entreprises.

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