Ingénieurs en mutation : de plus en plus nombreux, de plus en plus féminins, les ingénieurs incarnent les changements de la société française

IESF diffuse ce jour les résultats détaillés de sa 28ème enquête nationale

IESF, Ingénieurs et Scientifiques de France, diffuse ce jour sa 28ème enquête socio-professionnelle sur la situation des ingénieurs, réalisée en février et mars 2017. 56 000 réponses ont été recueillies cette année, auprès des 136 associations d’ingénieurs diplômés qui ont invité leurs adhérents à répondre à un questionnaire en ligne. IESF analysé deux thématiques particulières cette année : la transformation numérique des entreprises et la formation tout au long de la vie. IESF a aussi analysé la perception des ingénieurs sur leur rôle dans la vie publique : 83% pensent que les ingénieurs devraient être des acteurs plus importants dans la « vie de la cité ».

De plus en plus d’ingénieurs et de plus en plus de femmes ingénieurs

La population des ingénieurs dépasse le million, elle croît d’environ 4% par an et continue à se féminiser : 20,3% de femmes pour l’ensemble, 22,5% parmi les moins de 65 ans et 28,5% dans la dernière promotion d’ingénieurs diplômés en 2016. Ce taux reste quasi constant depuis quelques années. La proportion de femmes augmente régulièrement de 4% tous les 10 ans. Parmi le million d’ingénieurs IESF comptabilise 809 000 ingénieurs en activité. En outre, 38 000 nouveaux ingénieurs, diplômés en 2016, remplacent 8 à 9 000 départs à la retraite. L’âge médian des ingénieurs est de 35 ans chez les femmes et de 42 ans chez les hommes.

77% des ingénieurs sont satisfaits ou très satisfaits dans leur emploi

96% des ingénieurs sont cadres et 94% d’entre eux sont titulaires d’un CDI. Certaines données restent constantes par rapport aux années précédentes. C’est le cas du faible taux de chômage (3,9%) par rapport à la moyenne nationale. En outre, les recrutements s’effectuent sans grandes difficultés. À noter que 56% des ingénieurs travaillent 45 heures ou plus par semaine.

Salaire médian de 56.000 €

Le salaire brut médian se situe à 56 000 €. Les rémunérations présentent un large éventail reflétant la diversité des responsabilités exercées par les ingénieurs. Mais une inégalité hommes /femmes persiste : le salaire moyen est de 47 100 € pour les femmes et 59 600 € chez les hommes. A noter que Les rémunérations en en Euros constants ont baissé de 5% entre 2008 et 2016 pour les ingénieurs de moins de 50 ans.

125 000 ingénieurs travaillent à l’étranger (16%)

L’étranger attire autant, mais pas plus. Cependant, il n’est plus seulement un passage souhaité dans une carrière, mais un choix assumé de travailler hors de France pour éventuellement l’ensemble de sa vie professionnelle (35% n’envisagent pas de rentrer en France). La Suisse demeure la première destination (13%) suivie par les Etats-Unis (12%), l’Allemagne (11%) et le Royaume-Uni (9%).

Des mutations sectorielles

Le nombre d’ingénieurs de l’industrie baisse cette année alors que celui du « Conseil, logiciel et services informatiques » croît de façon significative. L’industrie (hors énergie) fournissait 43% des emplois d’ingénieurs en 2006, elle en représente 37% en 2016. Cette diminution s’est faite au profit des sociétés du numérique et du conseil. Les jeunes générations de femmes s’orientent vers de nouveaux secteurs liés au monde du vivant.

Effectifs par secteur d’activité

La répartition des effectifs par grands secteurs d’activités montre que l’industrie arrive encore en tête (295 050). Les sociétés de services et cabinets de conseil (173 550, en hausse) et les autres activités tertiaires sont au coude à coude (175 850). Le secteur public représente (87 400) un peu moins de 10%. Côté répartition géographique, la province héberge les plus gros bataillons (49%), devant l’Île-de-France (35%) et l’étranger (16%).

Progression de la féminisation par secteur

La part des femmes dans les jeunes générations d’ingénieurs a fortement progressé dans l’agriculture, les industries (hors celles du transport et des machines armement), l’eau, gaz, électricité ainsi que dans les BTP et les sociétés de services. Le secteur tertiaire (hors sociétés de services) est le secteur le plus féminin parmi les femmes de 45‐64 ans.

La transformation digitale perçue différemment selon les générations

43% des ingénieurs estiment que la transformation numérique est une révolution qui va engendrer de profonds changements dans la société. Les principaux secteurs concernés seraient le tertiaire en premier et l’industrie en second, loin devant l’agriculture et l’éducation. L’importance accordée à la transformation numérique varie principalement selon l’âge. Plus de la moitié des plus de 50 ans considèrent qu’il s’agit d’une révolution. A l’opposé, pour près des 2/3 des moins de 40 ans, l’opinion la plus répandue est qu’il s’agit d’une évolution technologique inscrite dans la continuité, au mieux une accélération, et pour quelques‐uns elle n’aurait même aucune importance.
En outre, plus d’un quart des ingénieurs (39% des femmes et 33% des hommes) s’inquiète quant aux effets induits sur la sécurité des données et les risques liés à la vie privée, loin devant le maintien de l’emploi. La mise en œuvre dans les entreprises est aussi fonction de la taille de celles-ci : les grandes entreprises étant plus armées pour aborder cette transformation.

Forte progression de la formation professionnelle

La formation professionnelle se développe (44% en 2016 contre 34% en 2009), inégalement selon la taille de l’entreprise : 27% dans les TPE, 34% dans les PME, 42% dans les ETI, 51% dans les GE. Il faut souligner que la part des formations « scientifique et technique » progresse. Les entreprises semblent désormais plus impliquées dans l’organisation des formations. Toutefois, si l’offre dispose de nouvelles possibilités en matière de mise en œuvre (MOOC…), les formations en 2016 restent effectuées classiquement en présentiel à 75%.

Les différences Ingénieurs et scientifiques :

IESF regroupe des scientifiques non diplômés d’une école d’ingénieurs. Cette année et pour la première fois ils ont été intégrés à cette enquête avec 771 répondants. En se basant sur ces 771 répondants on note que les scientifiques n’ont pas les mêmes trajectoires professionnelles que les ingénieurs : ils travaillent moins souvent dans le secteur privé et sont plus que les ingénieurs sur des fonction « études, recherche et conception ». En termes de salaires, le salaire médian des scientifiques est de 45 900 € avec un très faible écart de rémunération hommes / femmes puisque le salaire médian des hommes est de 46 000 euros et le salaire médian des femmes de 45 000 euros.

Corinne
Depuis plus de 25 ans dans le métier de la communication et du marketing, Corinne a démarré sa carrière à la télévision avant de rejoindre une agence événementielle. Curieuse dans l’âme, elle poursuit sa carrière dans l’IT et intègre une société de conseil en éditique puis entre chez un éditeur de logiciels leader sur son marché, SEFAS. Elle est ensuite nommée Directrice Communication chez MGI Digital Graphic, constructeur de matériel d’impression numérique et de finition international coté en bourse. Revenue en 2008 chez SEFAS au poste de Directrice Marketing et Communication groupe, elle gère une équipe répartie sur 3 géographies (France, Etats-Unis et Angleterre), crée le groupe utilisateurs de l’entreprise et lance un projet de certification ISO 9001, ISO 14001 et ISO 26000 couronné de succès. Pendant 7 ans membre du conseil d’administration de l’association professionnelle Xplor France et 2 ans sa Présidente, Corinne a créé dès 2010 TiKibuzz, son agence de marketing et de communication. Elle devient Directrice de la Communication en charge des Relations Presse, du Lobbying et du marketing digital chez DOCAPOST, groupe La Poste, durant 3 ans avant de rejoindre la start-up FINTECH Limonetik, en 2013. C'est cette même année qu'elle crée votre média professionnel, DOCaufutur, l'avenir du document.

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