Paris Fintech Forum 2017, la tendance va à l’accélération des coopérations entre Banques et Fintechs | Commentaires de Marion Deshoulières, Limonetik, pour DOCaufutur

Malgré les thèmes variés des conférences qui se sont tenues lors du Paris Fintech Forum les 25 et 26 janvier derniers, les débats se sont concentrés sur les modalités d’interactions entre banques, prestataires traditionnels et Fintechs.

Si les services financiers ont amorcé depuis une dizaine d’années leur révolution digitale, les acteurs de l’industrie, quant à eux, continuent aujourd’hui de construire leur stratégie d’innovation. Il semble que leur objectif principal consiste en la conquête du Mass Market. Néanmoins, dans un contexte où tous les services financiers subissent une concurrence accrue, chacun semble convenir que la seule porte de sortie est la coopération.

Les Fintechs : un marché éclaté en quête de rentabilité

Les incontournables interrogations sur les business model, leur rentabilité ou encore les montants plus ou moins impressionnants des levées de fonds sont revenues à chaque intervention. Laurent Nizri, PDG d’Altéir et leader de la commission paiements de l’ACSEL, par ailleurs organisateur du forum et modérateur des conférences, ne s’est pas lassé de poser systématiquement ces mêmes questions aux CEOs des Fintechs présentes sur scène.

La conférence « Neo banks : from buzz to reality » a été le parfait exemple de cette quête de rentabilité. Ricky Knox, le CEO de Tandem Bank, qui propose jusqu’à présent une ouverture et une tenue de compte de paiements entièrement gratuite concède que d’ici quelques mois, il devra rendre ses services payants. N26, la superstar allemande repose quant à elle sur un modèle freemium, mais dépend toujours d’importantes levées de fonds. Les investisseurs lui ont octroyé 300 millions d’euros en 2016. Enfin, Hugues Le Bret, CEO du Compte Nickel, qui dénombre quelques 487 220 clients, a insisté sur la valeur marketing de la transparence des prix. Si le coût des services bancaires sont parfois flous, les nouveaux entrants se doivent de simplifier la compréhension des frais, sans une ligne en plus par rapport à ce qui avait été annoncé initialement.

La réglementation : une bouée de secours pour le business model des Fintechs ?

Si le business model de ces trois entreprises diffère, il n’en reste pas moins la même contrainte de rentabilité associée à une conquête du Mass Market. C’est un point commun à l’ensemble des Fintechs semble-t-il. Cela se vérifie tant en B2C, B2B2C qu’en B2B et quels que soient les services proposés : paiement, transfert et conversion de devises, néo banques, financement alternatif, PFM (personal finance management), insurtech, wealth management ou encore bitcoin et blockchain.

Or, c’est au moment où intervient ce constat, que la seconde directive sur les services de paiement (DSP2) est introduite. Globalement, cette directive donne davantage d’opportunités aux Fintechs, dont les prérogatives sont à chaque fois étendues (notamment par rapport à la DSP1 en 2007). Il s’agit de véritables atouts pour la conquête du Mass Market, en particulier l’accès aux data des comptes bancaires et la standardisation de l’initiation des paiements. Cette ouverture réglementaire insuffle un nouvel élan aux Fintechs. En effet, grâce aux fonds investis dans les services promus par la DSP2, elles peuvent ignorer pour un temps encore, leurs contraintes de trésorerie.

 

Par Marion Deshoulières, pour DOCaufutur

Deputy Project Manager chez Limonetik, Marion est à l’affut des nouvelles technologies et de l’innovation dans les services, travaille depuis plus de 2 ans dans le secteur du paiement. Elle suit attentivement la petite épopée des Fintechs françaises et prend part au quotidien de l’une d’entre elles : Limonetik.

 

  • Définition Mass Market : Marché dont le volume d’activités est très important. Il est alimenté par des produits – dont le prix est généralement assez bas – et qui ne tiennent pas compte des spécificités des individus.
  • Retrouvez la liste des intervenants et le programme sur le site Paris Fintech Forum.
  • DSP2 : vous trouverez les principaux apports de cette nouvelle version, expliqués sur le site de l’ACPR.
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Paris Fintech Forum 2017, la tendance va à l’accélération des coopérations entre Banques et Fintechs | Commentaires de Marion Deshoulières, Limonetik, pour DOCaufutur

5th février, 2017

Malgré les thèmes variés des conférences qui se sont tenues lors du Paris Fintech Forum les 25 et 26 janvier derniers, les débats se sont concentrés sur les modalités d’interactions entre banques, prestataires traditionnels et Fintechs.

Si les services financiers ont amorcé depuis une dizaine d’années leur révolution digitale, les acteurs de l’industrie, quant à eux, continuent aujourd’hui de construire leur stratégie d’innovation. Il semble que leur objectif principal consiste en la conquête du Mass Market. Néanmoins, dans un contexte où tous les services financiers subissent une concurrence accrue, chacun semble convenir que la seule porte de sortie est la coopération.

Les Fintechs : un marché éclaté en quête de rentabilité

Les incontournables interrogations sur les business model, leur rentabilité ou encore les montants plus ou moins impressionnants des levées de fonds sont revenues à chaque intervention. Laurent Nizri, PDG d’Altéir et leader de la commission paiements de l’ACSEL, par ailleurs organisateur du forum et modérateur des conférences, ne s’est pas lassé de poser systématiquement ces mêmes questions aux CEOs des Fintechs présentes sur scène.

La conférence « Neo banks : from buzz to reality » a été le parfait exemple de cette quête de rentabilité. Ricky Knox, le CEO de Tandem Bank, qui propose jusqu’à présent une ouverture et une tenue de compte de paiements entièrement gratuite concède que d’ici quelques mois, il devra rendre ses services payants. N26, la superstar allemande repose quant à elle sur un modèle freemium, mais dépend toujours d’importantes levées de fonds. Les investisseurs lui ont octroyé 300 millions d’euros en 2016. Enfin, Hugues Le Bret, CEO du Compte Nickel, qui dénombre quelques 487 220 clients, a insisté sur la valeur marketing de la transparence des prix. Si le coût des services bancaires sont parfois flous, les nouveaux entrants se doivent de simplifier la compréhension des frais, sans une ligne en plus par rapport à ce qui avait été annoncé initialement.

La réglementation : une bouée de secours pour le business model des Fintechs ?

Si le business model de ces trois entreprises diffère, il n’en reste pas moins la même contrainte de rentabilité associée à une conquête du Mass Market. C’est un point commun à l’ensemble des Fintechs semble-t-il. Cela se vérifie tant en B2C, B2B2C qu’en B2B et quels que soient les services proposés : paiement, transfert et conversion de devises, néo banques, financement alternatif, PFM (personal finance management), insurtech, wealth management ou encore bitcoin et blockchain.

Or, c’est au moment où intervient ce constat, que la seconde directive sur les services de paiement (DSP2) est introduite. Globalement, cette directive donne davantage d’opportunités aux Fintechs, dont les prérogatives sont à chaque fois étendues (notamment par rapport à la DSP1 en 2007). Il s’agit de véritables atouts pour la conquête du Mass Market, en particulier l’accès aux data des comptes bancaires et la standardisation de l’initiation des paiements. Cette ouverture réglementaire insuffle un nouvel élan aux Fintechs. En effet, grâce aux fonds investis dans les services promus par la DSP2, elles peuvent ignorer pour un temps encore, leurs contraintes de trésorerie.

 

Par Marion Deshoulières, pour DOCaufutur

Deputy Project Manager chez Limonetik, Marion est à l’affut des nouvelles technologies et de l’innovation dans les services, travaille depuis plus de 2 ans dans le secteur du paiement. Elle suit attentivement la petite épopée des Fintechs françaises et prend part au quotidien de l’une d’entre elles : Limonetik.

 

  • Définition Mass Market : Marché dont le volume d’activités est très important. Il est alimenté par des produits – dont le prix est généralement assez bas – et qui ne tiennent pas compte des spécificités des individus.
  • Retrouvez la liste des intervenants et le programme sur le site Paris Fintech Forum.
  • DSP2 : vous trouverez les principaux apports de cette nouvelle version, expliqués sur le site de l’ACPR.
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