Fracture éditique : PME et Grands Comptes à armes égales ? Nathalie MIOSSEC, Secrétaire Générale Xplor

Avant d’engager les termes d’une comparaison entre la situation des grands comptes et celle des PME, définissons le terme « éditique ». Puisque notre ambition n’est pas ici de faire un cours magistral sur l’éditique, nous n’aborderons le domaine que sous deux aspects : Achats et investissements/recherche.

Nous devons également définir le terme de « PME » et le terme de « Grand Compte ». Volontairement nous ne prendrons pas comme référent le chiffre d’affaires global de l’entreprise, mais la part du CA dédié à l’éditique. En effet, dans ce domaine, certaines PME pèsent plus lourd que certains Grands Comptes. Un Grand Compte est parfois constitué de plusieurs entités, de ce fait la gestion de l’éditique n’est pas toujours aussi massifiée (point clé de l’éditique, s’il en est) que nous pourrions l’imaginer.

En effet, si nous prenons l’exemple des Appels d’Offres « papier », on pourrait croire que par sa taille un Grand Compte, pèse plus lourd qu’une PME. Ce serait vrai, si les Grands Comptes massifiaient leurs volumes. Or, certains le font, d’autres pas encore. L’effet « levier » qui pourrait en résulter n’est pas si déterminant, au point que certains Appels d’offres « partiels », pour des volumes en « raccord » doivent être mutualisés avec des volumes de PME ou d’autres Grands Comptes, pour atteindre le seuil minimum d’une production papetière.

D’autres mécanismes existent, tels que l’ouverture de marchés sur 1 ou 2 ans, visant à stabiliser les prix d’achat sur un engagement de volumes.

Les volumes d’achats permettent, dans ces conditions d’obtenir des prix avantageux à la tonne de papier achetée. Mais ces conditions étant négociées à la tonne, sur une durée négociée, une PME ou un Grand Compte peuvent les obtenir pareillement. Ce qui fait la différence, c’est l’effet masse qui s’en suit. L’économie est liée aux volumes de plis générés.

Quelques centimes se traduiront rapidement en milliers, voire dizaine de milliers d’euros pour des volumes qui se comptent en millions de plis !

La fracture éditique n’est à mon avis pas là nous l’attendions !

Je pense qu’elle est plutôt sur le domaine de la recherche et des capacités à investir. Mais à ce sujet, si les Grands Comptes peuvent offrir plus de moyens, les PME sont pour leurs parts beaucoup plus agiles et dynamiques.

Les fournisseurs de logiciels, feront évoluer leurs solutions pour répondre à un Grand Compte, mais lorsque vous y regardez de plus près, ces « évolutions » ressemblent souvent à des adaptations…. Dont les PME, n’ont pas toujours besoin, car leurs organisations sont plus simples. Les systèmes des grands Comptes sont souvent nés de fusions, ajouts, portages…Ce qui n’est pas toujours le cas des PME.

Si je reprends l’exemple du papier, faire évoluer une matière comme le papier jet d’encre pigment est concevable, réalisable et rentable pour des volumes significatifs, et dans ce cas les utilisateurs de volumes moins importants, devront se satisfaire des évolutions adaptées aux grands volumes. Mais il ne m’a pas encore été donné de voir ce genre d’évolution être un pis-aller….

Par contre l’évolution vers le digital, même si elle apparait plus lente pour les Grands Comptes, impacte par un effet volume immédiat le marché de l’éditique. Lorsqu’une banque de plusieurs milliers de clients passe 10% de son activité au digital, cela secoue le marché, même si celle-ci intervient avec plusieurs mois de décalage, sur une PME qui aura digitalisé 100% de son activité.

Les choses vont plus lentement dans les Grands Comptes, car les prises de risques sont également proportionnelles aux volumes, les organisations sont souvent plus complexes, les décisions plus lentes, car il faut impliquer beaucoup d’intervenants. Une PME, ira parfois plus vite car le circuit de décision est parfois plus court donc plus réactif. Les risques sont les mêmes, mais la réactivité et l’adaptation permettent parfois de mieux les contrôler, de mieux les anticiper, de mieux les appréhender.

Attention, les impacts vont ici au-delà de l’activité du Grand Compte car ils impactent l’économie de tout un secteur !

Si la fracture éditique est réelle comme je l’ai exprimée, elle n’est rien comparée à la transformation éditique qui pointe à l’horizon. Quelques prémices se profilent déjà aujourd’hui sur des synergies, des mutualisations de moyens, des économies de marché, faisant intervenir l’ensemble des acteurs, aussi bien les producteurs, les imprimeurs, les logisticiens, les fournisseurs. Nous aurons l’occasion d’en discuter lors des conférences animées par Xplor lors du Salon Documation et lors du Palmarès Xplor du 29 Mars 2017.

 

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Fracture éditique : PME et Grands Comptes à armes égales ? Nathalie MIOSSEC, Secrétaire Générale Xplor

2nd janvier, 2017

Avant d’engager les termes d’une comparaison entre la situation des grands comptes et celle des PME, définissons le terme « éditique ». Puisque notre ambition n’est pas ici de faire un cours magistral sur l’éditique, nous n’aborderons le domaine que sous deux aspects : Achats et investissements/recherche.

Nous devons également définir le terme de « PME » et le terme de « Grand Compte ». Volontairement nous ne prendrons pas comme référent le chiffre d’affaires global de l’entreprise, mais la part du CA dédié à l’éditique. En effet, dans ce domaine, certaines PME pèsent plus lourd que certains Grands Comptes. Un Grand Compte est parfois constitué de plusieurs entités, de ce fait la gestion de l’éditique n’est pas toujours aussi massifiée (point clé de l’éditique, s’il en est) que nous pourrions l’imaginer.

En effet, si nous prenons l’exemple des Appels d’Offres « papier », on pourrait croire que par sa taille un Grand Compte, pèse plus lourd qu’une PME. Ce serait vrai, si les Grands Comptes massifiaient leurs volumes. Or, certains le font, d’autres pas encore. L’effet « levier » qui pourrait en résulter n’est pas si déterminant, au point que certains Appels d’offres « partiels », pour des volumes en « raccord » doivent être mutualisés avec des volumes de PME ou d’autres Grands Comptes, pour atteindre le seuil minimum d’une production papetière.

D’autres mécanismes existent, tels que l’ouverture de marchés sur 1 ou 2 ans, visant à stabiliser les prix d’achat sur un engagement de volumes.

Les volumes d’achats permettent, dans ces conditions d’obtenir des prix avantageux à la tonne de papier achetée. Mais ces conditions étant négociées à la tonne, sur une durée négociée, une PME ou un Grand Compte peuvent les obtenir pareillement. Ce qui fait la différence, c’est l’effet masse qui s’en suit. L’économie est liée aux volumes de plis générés.

Quelques centimes se traduiront rapidement en milliers, voire dizaine de milliers d’euros pour des volumes qui se comptent en millions de plis !

La fracture éditique n’est à mon avis pas là nous l’attendions !

Je pense qu’elle est plutôt sur le domaine de la recherche et des capacités à investir. Mais à ce sujet, si les Grands Comptes peuvent offrir plus de moyens, les PME sont pour leurs parts beaucoup plus agiles et dynamiques.

Les fournisseurs de logiciels, feront évoluer leurs solutions pour répondre à un Grand Compte, mais lorsque vous y regardez de plus près, ces « évolutions » ressemblent souvent à des adaptations…. Dont les PME, n’ont pas toujours besoin, car leurs organisations sont plus simples. Les systèmes des grands Comptes sont souvent nés de fusions, ajouts, portages…Ce qui n’est pas toujours le cas des PME.

Si je reprends l’exemple du papier, faire évoluer une matière comme le papier jet d’encre pigment est concevable, réalisable et rentable pour des volumes significatifs, et dans ce cas les utilisateurs de volumes moins importants, devront se satisfaire des évolutions adaptées aux grands volumes. Mais il ne m’a pas encore été donné de voir ce genre d’évolution être un pis-aller….

Par contre l’évolution vers le digital, même si elle apparait plus lente pour les Grands Comptes, impacte par un effet volume immédiat le marché de l’éditique. Lorsqu’une banque de plusieurs milliers de clients passe 10% de son activité au digital, cela secoue le marché, même si celle-ci intervient avec plusieurs mois de décalage, sur une PME qui aura digitalisé 100% de son activité.

Les choses vont plus lentement dans les Grands Comptes, car les prises de risques sont également proportionnelles aux volumes, les organisations sont souvent plus complexes, les décisions plus lentes, car il faut impliquer beaucoup d’intervenants. Une PME, ira parfois plus vite car le circuit de décision est parfois plus court donc plus réactif. Les risques sont les mêmes, mais la réactivité et l’adaptation permettent parfois de mieux les contrôler, de mieux les anticiper, de mieux les appréhender.

Attention, les impacts vont ici au-delà de l’activité du Grand Compte car ils impactent l’économie de tout un secteur !

Si la fracture éditique est réelle comme je l’ai exprimée, elle n’est rien comparée à la transformation éditique qui pointe à l’horizon. Quelques prémices se profilent déjà aujourd’hui sur des synergies, des mutualisations de moyens, des économies de marché, faisant intervenir l’ensemble des acteurs, aussi bien les producteurs, les imprimeurs, les logisticiens, les fournisseurs. Nous aurons l’occasion d’en discuter lors des conférences animées par Xplor lors du Salon Documation et lors du Palmarès Xplor du 29 Mars 2017.

 

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