La Poste à l’ère de l’électronique | par Eric Vioulès, consultant en Customer Communication Management et éditique, Membre du CA Xplor France

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En travaillant pour la mise en place des Lettres Recommandées Électroniques pour le compte d’un « grand compte », j’ai ouvert les yeux sur monde discret, si discret que La Poste continue d’en tirer profit. Plus d’un milliard d’euros de profit annuel selon certaines sources ! Oui, c’est l’avantage que l’organisme d’état tire de notre incapacité à basculer les Lettres Recommandées des émetteurs vers leur version électronique.

L’autre pan de cette incroyable histoire est la re-matérialisation des lettres recommandées électroniques confiées sur leur site par les particuliers. Autre surprise : l’électronique s’arrête au dépôt des documents sur le site, la suite est matérialisée et transmise au format papier.

Pourquoi ? L’une des premières réponses qui vient est le maintien de l’emploi auprès des facteurs. Ceux-ci font un travail formidable, sans aucun doute, mais n’est-ce pas une « excuse » dans cette équation du changement vers le numérique. Deux références cinématographiques me viennent : « J’ai glissé Chef! J’ai glissé! » de la 7ème Compagnie ou « Brice de Nice qui attend la vague au large de Côte d’Azur ». Parce que mon sentiment profond est que La Poste n’a toujours pas réussi son virage vers l’électronique, et que la Loi de Transition Numérique risque d’accélérer ce décalage dans les années à venir.

Les émetteurs de courrier basculent vers le digital parce que le timbre augmente, tout en sachant que le « meilleur » impact se fait au travers du courrier papier. Et si le timbre baissait, n’y aurait-il pas plus de flux papier à produire ? Mais La Poste dans sa position hégémonique maintient la pression pour des prix qui fulminent à la hausse pour maintenir un équilibre financier dans ses comptes. Peut-être en profitent-ils pour mettre en place des solutions électroniques réelles ?!?!?

Un petit rappel : le décret sur les Lettres Recommandées Électroniques date de 2011, cela fait 5 ans que le passage à l’électronique aurait dû être entamé… en même temps que l’équipement des facteurs d’outils pour garantir un suivi jusqu’à la boite aux lettres, n’est-ce pas ? Je ne suis pas dans le secret des Dieux, mais je m’inquiète que tout le monde soit pris en otage par des personnes qui n’ont pas su apercevoir le bon moment pour changer, pour basculer dans le monde électronique et devenir un véritable opérateur multi-canal. Et un opérateur de confiance réelle.

Quand je vois les générations à venir, au-delà des Y ou Z, je me dis que les Musées se rempliront bientôt des solutions postales parce les jeunes sont inventifs et n’assument pas les contraintes de leurs parents. Alors quand pourrons-nous dire « La Poste est morte, Vive La Poste » ?

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La Poste à l’ère de l’électronique | par Eric Vioulès, consultant en Customer Communication Management et éditique, Membre du CA Xplor France

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connected to each other 1st octobre, 2016

En travaillant pour la mise en place des Lettres Recommandées Électroniques pour le compte d’un « grand compte », j’ai ouvert les yeux sur monde discret, si discret que La Poste continue d’en tirer profit. Plus d’un milliard d’euros de profit annuel selon certaines sources ! Oui, c’est l’avantage que l’organisme d’état tire de notre incapacité à basculer les Lettres Recommandées des émetteurs vers leur version électronique.

L’autre pan de cette incroyable histoire est la re-matérialisation des lettres recommandées électroniques confiées sur leur site par les particuliers. Autre surprise : l’électronique s’arrête au dépôt des documents sur le site, la suite est matérialisée et transmise au format papier.

Pourquoi ? L’une des premières réponses qui vient est le maintien de l’emploi auprès des facteurs. Ceux-ci font un travail formidable, sans aucun doute, mais n’est-ce pas une « excuse » dans cette équation du changement vers le numérique. Deux références cinématographiques me viennent : « J’ai glissé Chef! J’ai glissé! » de la 7ème Compagnie ou « Brice de Nice qui attend la vague au large de Côte d’Azur ». Parce que mon sentiment profond est que La Poste n’a toujours pas réussi son virage vers l’électronique, et que la Loi de Transition Numérique risque d’accélérer ce décalage dans les années à venir.

Les émetteurs de courrier basculent vers le digital parce que le timbre augmente, tout en sachant que le « meilleur » impact se fait au travers du courrier papier. Et si le timbre baissait, n’y aurait-il pas plus de flux papier à produire ? Mais La Poste dans sa position hégémonique maintient la pression pour des prix qui fulminent à la hausse pour maintenir un équilibre financier dans ses comptes. Peut-être en profitent-ils pour mettre en place des solutions électroniques réelles ?!?!?

Un petit rappel : le décret sur les Lettres Recommandées Électroniques date de 2011, cela fait 5 ans que le passage à l’électronique aurait dû être entamé… en même temps que l’équipement des facteurs d’outils pour garantir un suivi jusqu’à la boite aux lettres, n’est-ce pas ? Je ne suis pas dans le secret des Dieux, mais je m’inquiète que tout le monde soit pris en otage par des personnes qui n’ont pas su apercevoir le bon moment pour changer, pour basculer dans le monde électronique et devenir un véritable opérateur multi-canal. Et un opérateur de confiance réelle.

Quand je vois les générations à venir, au-delà des Y ou Z, je me dis que les Musées se rempliront bientôt des solutions postales parce les jeunes sont inventifs et n’assument pas les contraintes de leurs parents. Alors quand pourrons-nous dire « La Poste est morte, Vive La Poste » ?

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