L’économie collaborative, nouvel horizon pour l’industrie éditique ? DOCaufutur et Xplor France en débat avec Marc Le Vernoy, Président du directoire de Numen et Loïc Lefebvre, Directeur Business Développement, Groupe Diffusion Plus

World collaborative economy illustration

L’économie collaborative ou économie du partage a le vent en poupe. Selon une récente enquête Odoxa-Syntec, elle est plébiscité par 82% des français pour les économies qu’elles permet de réaliser (83%) et pour son impact positif sur l’environnement (74%). Et lorsque l’on interroge les entreprises, l’éditique compte fréquemment parmi ces fonctions support transversales qui pourraient bénéficier le plus de ce nouveau modèle d’organisation des activités. Mais à quelles conditions ? C’est la question que DOCaufutur a poser à deux acteurs leaders du marché, Marc Le Vernoy, Président du directoire de Numen et Loïc Lefebvre, Directeur Business Développement, Groupe Diffusion Plus.

DOCaufutur : Quel sens donner à l’économie collaborative dans le contexte de l’éditique ? L’une et l’autre sont-elles compatibles ?

Marc LevernoyMarc Le Vernoy : Derrière les mots « économie collaborative » se cachent des manières radicalement différentes d’organiser les activités. Si je devais donner une définition de ce qu’est concrètement l’économie collaborative, je la décrirais comme ce qui permet la mutualisation des usages et la production contributive. Ce sont tous les mécanismes qui contribuent à repenser la chaîne de valeur entre la capture d’un besoin, sa satisfaction au travers de la production d’un bien ou d’un service, et la rémunération de cette activité.

Pour comprendre ce qui se joue, il faut revenir un bref instant sur les immenses progrès technologiques accomplis ces vingt dernières années, ne fusse que dans le domaine de la production documentaire. La technologie a démocratisé et simplifié les moyens de production, les a rendu accessibles à un plus grand nombre. Dans cette nouvelle économie du service et non plus de la production, l’élément clé de la chaîne de valeur n’est plus uniquement l’outil de production mais le service rendu, la capacité à capturer et à mettre en œuvre le besoin client. C’est un glissement que nous observons au quotidien à travers la mise en œuvre de centres de services éditiques et de numérisation partagés entre acteurs d’un même secteur d’activité par exemple.

Loic LefebvreLoïc Lefebvre: Si l’on reprend la définition consacrée de l’économie collaborative, elle est décrite comme une économie de la fonctionnalité. Arrêtons-nous à ce point et notons que pour parvenir à cet objectif, il faut déjà être en mesure de décloisonner et la technique et les usages. Il s’agit de « faire ensemble » et « d’utiliser ensemble », en mettant en place de nouveaux modèles économiques tournés vers la réduction des coûts et de l’impact sur les ressources, aussi bien humaines que naturelles. Mais il y a aussi un autre facteur à prendre en compte, et c’est effectivement l’impact des technologies.

Le développement de la communication numérique omnicanal, tout autant que celui des moyens modernes de production, se traduit par une complexité bien plus grande qu’auparavant. Si bien qu’il n’est aujourd’hui plus envisageable, pour un prestataire éditique, de prétendre apporter à lui seul ces solutions intégrées, décloisonnées et collaboratives attendues par le marché. La complexité des technologies à mettre en œuvre pousse à la co-construction. Mais cela pose bien sûr d’autres problèmes, car cela modifie complètement les relations entre les prestataires industriels : on ne peut plus parler de compétition mais de « coopétition ». Il s’agit de se différencier ensemble et non plus les uns contre les autres.

Docaufutur : Les clients sont-ils réellement prêts à ce bouleversement ?

Marc LevernoyDans les entreprises, la notion d’activité stratégique évolue rapidement, sous la pression de la concurrence et d’un contexte qui pousse à la réduction des coûts et à une utilisation plus rationnelle des ressources. Les logiques d’achat ou de souscription de services en commun se développent, avec pour objectif une massification des besoins. Contrairement aux apparences, ce modèle n’est pas tout à fait inédit. D’une certaine manière, la production documentaire est en train de basculer véritablement dans l’ère Internet, c’est à dire dans un modèle de production répartie. Demain, l’enjeu ne sera plus tant l’accès à des parcs d’équipements et de logiciels mutualisés que la capacité donnée aux entreprises de répondre à leur besoin documentaire dans tous les contextes, à partir d’un processus métier, en mobilité, dans les agences délocalisées, en situation collaborative avec leurs propres clients, etc. Pour que cette évolution se concrétise, deux étapes majeures doivent encore être franchies qui concernent d’une part, la confiance et, d’autre part, la rentabilité économique. Derrière ces deux questions, il n’y en a en réalité qu’une seule, celle de la valeur symbolique que l’entreprise accorde à ses documents. La difficulté de la mutualisation sur un sujet aussi sensible que la communication client est celle du contrôle. Regardez ce qui se produit sur le marché du coffre fort électronique, chaque acteur a voulu proposer le sien, au point de créer un véritable frein à l’adoption massive par manque d’interopérabilité. Partager les moyens, c’est aussi lâcher prise sur la notion de propriété du client. Il faut accepter de le partager, et pour cela, bâtir un environnement de confiance, non seulement entre le client et l’entreprise, mais aussi entre les entreprises qui utilisent un même service mutualisé.

Loic LefebvreIl faudra bien que l’on admette, et quand je dis « on », cela vaut autant pour les prestataires que pour les donneurs d’ordre, que le client ne nous appartient pas ou plus. Uber, Air BnB, et d’autres, les exemples se multiplient de modèles économiques qui se fondent sur la désintermédiation entre le client et l’exécuteur du service. Comme le souligne Marc Le Vernoy, ces nouveaux modèles sont directement inspirés par l’évolution des technologies et principalement du Cloud. Le Cloud, ce n’est jamais que la mutualisation des moyens internet pour permettre à tous les utilisateurs, dans un esprit communautaire, de faire des économies et de profiter des meilleures pratiques. Il y a de plus en plus de traductions de cette tendance dans le monde de l’éditique. Lors du Palmarès XPlor France 2016, Data One a été récompensé pour sa solution collaborative de gestion des plis non distribués, une solution qui repose précisément sur le partage de l’information entre les donneurs d’ordre. L’idée est que les informations de plis non distribués collectées à la suite d’un envoi en particulier servent la communauté des émetteurs de courriers marketing ou de gestion, afin de leur permettre à tous de réduire leurs coûts et de rationaliser leurs envois. Cette proposition est emblématique des nouveaux services à valeur ajoutée que le collaboratif permet de créer. La valeur ajoutée ici, ne réside plus dans l’exécution de la prestation, mais dans la manière d’en partager les fruits. Mais pour que ce type de service prenne sa pleine mesure, il faut encore une fois que les clients acceptent de lâcher prise et se disent qu’aider un concurrent à un instant T, c’est aussi s’aider soi-même sur la durée en contribuant à renforcer la performance de la filière et la confiance globale des clients.

Docaufutur : L’un et l’autre, vous avez soulevé la question de la rentabilité et des investissements à réaliser. Comment assurer la pérennité de la filière face à ce courant de désintermédiation ?

Marc LevernoyC’est une vrai question, surtout lorsque l’on sait que l’industrie est encore dominée par un modèle d’investissement capitalistique basé sur la contribution et la rémunération d’actionnaires. L’enjeu de l’économie collaborative n’est pas tant celui de la mise en commun des moyens que celui de la création de modèles suffisamment rentables pour les partenaires qui investissent. D’un point de vue financier, dire que la filière dans son ensemble y gagne ne suffit pas dans la mesure où collaboration ne veut pas dire disparition de tout esprit de compétition. Ce modèle de coopétition reste encore largement à inventer. Il suppose un bouleversement profond de la relation client/fournisseur, qui passe d’un modèle captif à un modèle fondé sur l’attractivité, la capacité d’innovation. L’un des apports essentiels de l’économie collaborative est de recentrer la prestation de service sur le besoin du client. De plus en plus, le client, entreprise ou particulier, n’achète pas des moyens ou une capacité de production mais un service rendu au plus proche de son besoin concret ou de son processus métier. Cette nouvelle approche bouleverse complètement la manière de facturer les prestations. Demain, il est vraisemblable que l’on ne facturera plus un volume de documents émis ou traités mais le document effectivement lu, signé ou cliqué par le destinataire. Au cœur de l’économie collaborative, il y a en définitive un transfert du risque du client vers le prestataire. C’est ce dernier qui investit pour innover et créer de la valeur ajoutée non plus en termes d’équipement, mais en termes de services ciblés. Plus le service est efficace, plus il est adopté, et plus le service est rémunérateur pour l’opérateur.

Loic LefebvreFace à ces bouleversements, les prestataires ont un rôle clé à jouer pour canaliser les énergies collaboratives et réorganiser la filière en fonction. D’un point de vue technique, cela passe par un accompagnement des entreprises vers la standardisation de leurs processus documentaires, pour qu’elles puissent pleinement profiter des effets de la mutualisation. Cela veut dire, encore une fois, décloisonner les usages et les processus, et cela est valable autant pour les donneurs d’ordres que pour les prestataires eux-mêmes. La règle de base, c’est que l’union fait la force, autant pour les grands prestataires que pour les plus petits acteurs. Nous l’avons expérimenté nous même à plusieurs reprises. Plus les solutions proposées sont interopérables, moins les services sont dédiés et propriétaires, plus les opportunités sont nombreuses pour des petits acteurs de trouver leur place dans des projets éditiques de grande envergure auxquels ils ne pourraient accéder seuls. Il y a des marchés internationaux, mais aussi nationaux et locaux. Chacun peut y amener, à son échelle, un savoir faire particulier dans une logique de co-construction qui permet de répondre de façon très détaillée à l’attente du client. Et à bien y réfléchir, même la tendance des grands donneurs d’ordres internationaux à centraliser les instances de décision à l’échelle mondiale ou européenne, via des centres de décision partagés par plusieurs entités nationales, va dans le même sens. Plus les décisions sont centralisées, plus il y a besoin d’ajustement locaux, et plus les petits acteurs peuvent, encore une fois, apporter leur compréhension des usages locaux et enrichir la solution d’ensemble.

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L’économie collaborative, nouvel horizon pour l’industrie éditique ? DOCaufutur et Xplor France en débat avec Marc Le Vernoy, Président du directoire de Numen et Loïc Lefebvre, Directeur Business Développement, Groupe Diffusion Plus

World collaborative economy illustration 5th juin, 2016

L’économie collaborative ou économie du partage a le vent en poupe. Selon une récente enquête Odoxa-Syntec, elle est plébiscité par 82% des français pour les économies qu’elles permet de réaliser (83%) et pour son impact positif sur l’environnement (74%). Et lorsque l’on interroge les entreprises, l’éditique compte fréquemment parmi ces fonctions support transversales qui pourraient bénéficier le plus de ce nouveau modèle d’organisation des activités. Mais à quelles conditions ? C’est la question que DOCaufutur a poser à deux acteurs leaders du marché, Marc Le Vernoy, Président du directoire de Numen et Loïc Lefebvre, Directeur Business Développement, Groupe Diffusion Plus.

DOCaufutur : Quel sens donner à l’économie collaborative dans le contexte de l’éditique ? L’une et l’autre sont-elles compatibles ?

Marc LevernoyMarc Le Vernoy : Derrière les mots « économie collaborative » se cachent des manières radicalement différentes d’organiser les activités. Si je devais donner une définition de ce qu’est concrètement l’économie collaborative, je la décrirais comme ce qui permet la mutualisation des usages et la production contributive. Ce sont tous les mécanismes qui contribuent à repenser la chaîne de valeur entre la capture d’un besoin, sa satisfaction au travers de la production d’un bien ou d’un service, et la rémunération de cette activité.

Pour comprendre ce qui se joue, il faut revenir un bref instant sur les immenses progrès technologiques accomplis ces vingt dernières années, ne fusse que dans le domaine de la production documentaire. La technologie a démocratisé et simplifié les moyens de production, les a rendu accessibles à un plus grand nombre. Dans cette nouvelle économie du service et non plus de la production, l’élément clé de la chaîne de valeur n’est plus uniquement l’outil de production mais le service rendu, la capacité à capturer et à mettre en œuvre le besoin client. C’est un glissement que nous observons au quotidien à travers la mise en œuvre de centres de services éditiques et de numérisation partagés entre acteurs d’un même secteur d’activité par exemple.

Loic LefebvreLoïc Lefebvre: Si l’on reprend la définition consacrée de l’économie collaborative, elle est décrite comme une économie de la fonctionnalité. Arrêtons-nous à ce point et notons que pour parvenir à cet objectif, il faut déjà être en mesure de décloisonner et la technique et les usages. Il s’agit de « faire ensemble » et « d’utiliser ensemble », en mettant en place de nouveaux modèles économiques tournés vers la réduction des coûts et de l’impact sur les ressources, aussi bien humaines que naturelles. Mais il y a aussi un autre facteur à prendre en compte, et c’est effectivement l’impact des technologies.

Le développement de la communication numérique omnicanal, tout autant que celui des moyens modernes de production, se traduit par une complexité bien plus grande qu’auparavant. Si bien qu’il n’est aujourd’hui plus envisageable, pour un prestataire éditique, de prétendre apporter à lui seul ces solutions intégrées, décloisonnées et collaboratives attendues par le marché. La complexité des technologies à mettre en œuvre pousse à la co-construction. Mais cela pose bien sûr d’autres problèmes, car cela modifie complètement les relations entre les prestataires industriels : on ne peut plus parler de compétition mais de « coopétition ». Il s’agit de se différencier ensemble et non plus les uns contre les autres.

Docaufutur : Les clients sont-ils réellement prêts à ce bouleversement ?

Marc LevernoyDans les entreprises, la notion d’activité stratégique évolue rapidement, sous la pression de la concurrence et d’un contexte qui pousse à la réduction des coûts et à une utilisation plus rationnelle des ressources. Les logiques d’achat ou de souscription de services en commun se développent, avec pour objectif une massification des besoins. Contrairement aux apparences, ce modèle n’est pas tout à fait inédit. D’une certaine manière, la production documentaire est en train de basculer véritablement dans l’ère Internet, c’est à dire dans un modèle de production répartie. Demain, l’enjeu ne sera plus tant l’accès à des parcs d’équipements et de logiciels mutualisés que la capacité donnée aux entreprises de répondre à leur besoin documentaire dans tous les contextes, à partir d’un processus métier, en mobilité, dans les agences délocalisées, en situation collaborative avec leurs propres clients, etc. Pour que cette évolution se concrétise, deux étapes majeures doivent encore être franchies qui concernent d’une part, la confiance et, d’autre part, la rentabilité économique. Derrière ces deux questions, il n’y en a en réalité qu’une seule, celle de la valeur symbolique que l’entreprise accorde à ses documents. La difficulté de la mutualisation sur un sujet aussi sensible que la communication client est celle du contrôle. Regardez ce qui se produit sur le marché du coffre fort électronique, chaque acteur a voulu proposer le sien, au point de créer un véritable frein à l’adoption massive par manque d’interopérabilité. Partager les moyens, c’est aussi lâcher prise sur la notion de propriété du client. Il faut accepter de le partager, et pour cela, bâtir un environnement de confiance, non seulement entre le client et l’entreprise, mais aussi entre les entreprises qui utilisent un même service mutualisé.

Loic LefebvreIl faudra bien que l’on admette, et quand je dis « on », cela vaut autant pour les prestataires que pour les donneurs d’ordre, que le client ne nous appartient pas ou plus. Uber, Air BnB, et d’autres, les exemples se multiplient de modèles économiques qui se fondent sur la désintermédiation entre le client et l’exécuteur du service. Comme le souligne Marc Le Vernoy, ces nouveaux modèles sont directement inspirés par l’évolution des technologies et principalement du Cloud. Le Cloud, ce n’est jamais que la mutualisation des moyens internet pour permettre à tous les utilisateurs, dans un esprit communautaire, de faire des économies et de profiter des meilleures pratiques. Il y a de plus en plus de traductions de cette tendance dans le monde de l’éditique. Lors du Palmarès XPlor France 2016, Data One a été récompensé pour sa solution collaborative de gestion des plis non distribués, une solution qui repose précisément sur le partage de l’information entre les donneurs d’ordre. L’idée est que les informations de plis non distribués collectées à la suite d’un envoi en particulier servent la communauté des émetteurs de courriers marketing ou de gestion, afin de leur permettre à tous de réduire leurs coûts et de rationaliser leurs envois. Cette proposition est emblématique des nouveaux services à valeur ajoutée que le collaboratif permet de créer. La valeur ajoutée ici, ne réside plus dans l’exécution de la prestation, mais dans la manière d’en partager les fruits. Mais pour que ce type de service prenne sa pleine mesure, il faut encore une fois que les clients acceptent de lâcher prise et se disent qu’aider un concurrent à un instant T, c’est aussi s’aider soi-même sur la durée en contribuant à renforcer la performance de la filière et la confiance globale des clients.

Docaufutur : L’un et l’autre, vous avez soulevé la question de la rentabilité et des investissements à réaliser. Comment assurer la pérennité de la filière face à ce courant de désintermédiation ?

Marc LevernoyC’est une vrai question, surtout lorsque l’on sait que l’industrie est encore dominée par un modèle d’investissement capitalistique basé sur la contribution et la rémunération d’actionnaires. L’enjeu de l’économie collaborative n’est pas tant celui de la mise en commun des moyens que celui de la création de modèles suffisamment rentables pour les partenaires qui investissent. D’un point de vue financier, dire que la filière dans son ensemble y gagne ne suffit pas dans la mesure où collaboration ne veut pas dire disparition de tout esprit de compétition. Ce modèle de coopétition reste encore largement à inventer. Il suppose un bouleversement profond de la relation client/fournisseur, qui passe d’un modèle captif à un modèle fondé sur l’attractivité, la capacité d’innovation. L’un des apports essentiels de l’économie collaborative est de recentrer la prestation de service sur le besoin du client. De plus en plus, le client, entreprise ou particulier, n’achète pas des moyens ou une capacité de production mais un service rendu au plus proche de son besoin concret ou de son processus métier. Cette nouvelle approche bouleverse complètement la manière de facturer les prestations. Demain, il est vraisemblable que l’on ne facturera plus un volume de documents émis ou traités mais le document effectivement lu, signé ou cliqué par le destinataire. Au cœur de l’économie collaborative, il y a en définitive un transfert du risque du client vers le prestataire. C’est ce dernier qui investit pour innover et créer de la valeur ajoutée non plus en termes d’équipement, mais en termes de services ciblés. Plus le service est efficace, plus il est adopté, et plus le service est rémunérateur pour l’opérateur.

Loic LefebvreFace à ces bouleversements, les prestataires ont un rôle clé à jouer pour canaliser les énergies collaboratives et réorganiser la filière en fonction. D’un point de vue technique, cela passe par un accompagnement des entreprises vers la standardisation de leurs processus documentaires, pour qu’elles puissent pleinement profiter des effets de la mutualisation. Cela veut dire, encore une fois, décloisonner les usages et les processus, et cela est valable autant pour les donneurs d’ordres que pour les prestataires eux-mêmes. La règle de base, c’est que l’union fait la force, autant pour les grands prestataires que pour les plus petits acteurs. Nous l’avons expérimenté nous même à plusieurs reprises. Plus les solutions proposées sont interopérables, moins les services sont dédiés et propriétaires, plus les opportunités sont nombreuses pour des petits acteurs de trouver leur place dans des projets éditiques de grande envergure auxquels ils ne pourraient accéder seuls. Il y a des marchés internationaux, mais aussi nationaux et locaux. Chacun peut y amener, à son échelle, un savoir faire particulier dans une logique de co-construction qui permet de répondre de façon très détaillée à l’attente du client. Et à bien y réfléchir, même la tendance des grands donneurs d’ordres internationaux à centraliser les instances de décision à l’échelle mondiale ou européenne, via des centres de décision partagés par plusieurs entités nationales, va dans le même sens. Plus les décisions sont centralisées, plus il y a besoin d’ajustement locaux, et plus les petits acteurs peuvent, encore une fois, apporter leur compréhension des usages locaux et enrichir la solution d’ensemble.

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