Quand l’ Intelligence artificielle s’empare de la data | Dossier DOCaufutur par Maud Laurent, journaliste

Futuristic female android at digital background

Pour certains, l’ intelligence artificielle finira par prendre le contrôle de l’être humain et fera disparaître notre espèce. Pour d’autres, grâce à elle, le premier humain immortel est déjà né. Au delà de ce type de théories extrémistes et des films de science fiction que l’on a en tête, DOCaufutur a souhaité comprendre les enjeux du ‘‘machine learning’’ sur le monde du travail et plus généralement sur notre société. 

Les avantages du robot sur l’Homme sont nombreux. « Il ne se fatigue pas, n’est pas rémunéré, ne fait pas grève, et dès lors qu’il est bien programmé, est moins faillible » énumère Charles Edouard Bouée, CEO du cabinet de conseil Roland Berger. Le lien entre robot et big data est majeur. « L’ intelligence artificielle est capable d’interpréter en temps réel les milliards de données qui nous entourent et d’apporter des réponses pertinentes » ajoute t-il. C’est en tout cas l’ambition des technologies telles que Siri, Google now ou Cortana notamment. Pour Renaud Ménérat de la MMAF (Mobile Marketing Association France), ces assistants ont pour point commun de croiser des données, de les interpréter et de faire preuve de pro activité. « La data doit devenir une donnée smart qui va permettre une personnalisation du message et un marketing beaucoup plus ciblé ».

Robot observando una rosaLes assistants virtuels fleurissent et certaines start-ups françaises se sont lancées sur ce marché. C’est le cas de Jam. Cet assistant va répondre à toutes les questions que peut se poser un étudiant. « Appartement, covoiturage, sortie, voyage, problème de cœur : grâce à l’AI et des algorithmes, Jam va catégoriser la demande, extraire les données nécessaires, pour répondre dans les plus brefs délais » explique Marjolaine Grondin, CEO et cofondatrice. Pour s’adapter à sa cible étudiante qui communique sur des supports multiples, le service fonctionne via sms, Facebook Messenger, et bientôt via Twitter et WhatsApp. « Notre volonté est d’humaniser l’AI. Notre assistant Jam adopte donc un ton humain, jeune et bienveillant comme s’il s’agissait d’un ami ».

Des assistants virtuels qui collectent, anticipent et deviennent proactifs

Adaptée au monde du travail, on retrouve l’assistante virtuelle Julie Desk. Julien Hobeika, l’un de ses co-fondateurs nous explique que la start-up a construit une véritable expertise pour son robot. Autrement dit, c’est un outil dans lequel sont catégorisées les différentes étapes d’un rdv d’affaire : noms et nombre de participants, lieu, horaires, etc. Grâce à l’AI, Julie va organiser, annuler, créer des évènements, envoyer des invitations. Le tout en s’adaptant aux habitudes et spécificités de chaque salarié client. « Il faut préciser que toutes ses actions sont supervisées par un opérateur humain ».

Dans sa dernière version, Happi, l’assistant virtuel de Simple CRM pourra prospecter de nouveaux clients, vous coacher avant un RDV, proposer des idées et du contenu pour augmenter votre CA. Happi peut traiter les données de toute une entreprise, ce qui représente souvent un travail de fourmi. « Nous lui avons conféré une capacité d’apprentissage que l’on appelle le ‘machine learning’ : chaque mois, Happy a un professeur humain qui lui apprend de nouvelles choses » explique Brice Cornet, l’un des cofondateurs.

White big data paper sign over confetti. Vector illustration.

La donnée, l’or du 21ème siècle 

Sans donnée, il n’y a pas d’ Intelligence artificielle. L’un des enjeux de cette nouvelle ère est la protection des données personnelles. Pour Renaud Ménérat, Président de l’association MMA France , les algorithmes et les datas vont prendre bientôt le contrôle d’une partie du monde. « La collecte, le stockage et le partage des données personnelles doivent être encadrées. Le risque, c’est un rejet global du consommateur face à une forme intrusion pas forcément consentie ou dont il ne perçoit pas les bénéfices en terme de service ». Marjolaine Grondin, cofondatrice de Jam, pense que la collecte de données va être de plus en plus importante. « Elle peut être assez subtile, implicite voire permissive. Je pense que la donnée, c’est l’or du 21ème siècle. Il faut la protéger au lieu de l’exhiber ou de la vendre, et en prendre bien soin ». 

Plus les capacités des machines progressent, plus la valeur ajoutée du travail humain se déplace vers des tâches complexes

Après les travailleurs peu qualifiés, c’est au tour des métiers qualifiés – tâches intellectuelles mais répétitives- d’être touchés par l’AI. « Dans une civilisation des machines, les plus diplômés auront la vie sans doute plus facile. Les fonctions qui requièrent de l’empathie, du relationnel et de la créativité tireront aussi leur épingle du jeu. Je pense à des métiers comme comédien, coiffeur, ébéniste ou encore professeur de zumba qui ne sont, selon moi, pas près d’être occupés par un robot » indique Charles-Edouard Bouée, CEO de Roland Berger. Julien Hobeika nous confie que Julie Desk n’a pas remplacé les secrétaires de ses clients. « Les secrétaires comme on l’entendait autrefois ont déjà disparu. Ces sont des assistants plus généralistes maintenant, pour qui la prise de RDV ne fait pas partie de leur fiche de poste et qui sont soulagés qu’un robot exerce cette tâche ».

L’Intelligence n’en est encore qu’à ses débuts ; la presse n’en parle que depuis deux ans. Brice Cornet de Simple CRM pense que « son développement passera d’abord par des prototypes dans les grosses entreprises avant de se démocratiser au sein de la sphère privée. Une fois que les particuliers l’auront adoptée dans leur vie de tous les jours, elle prendra son envol dans le monde de l’entreprise ».

Les experts interrogés s’accordent pour dire que l’intelligence humaine est tout à fait capable d’anticiper et de réguler l’avènement de l’AI. Cadres règlementaires, prises de recul, espaces de débats, protections de données… L’homme devra s’adapter comme il a toujours réussi à le faire à chaque révolution historique.

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  1. julien on 4 avril 2016 at 12 h 04 min said:

    la multiplication des robots et leur adaptation très rapide à un grand nombre de tâches manufacturières ou logistiques exposent les travailleurs à des risques pour leur sécurité : ceci est d’autant plus accentué dans les cas des nouveaux robots collaboratifs qui partagent un même espace de travail, en réalisant des travaux avec les opérateurs : La prévention des risques de la robotisation industrielle : http://www.officiel-prevention.com/formation/fiches-metier/detail_dossier_CHSCT.php?rub=89&ssrub=206&dossid=546

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Quand l’ Intelligence artificielle s’empare de la data | Dossier DOCaufutur par Maud Laurent, journaliste

Futuristic female android at digital background 3rd avril, 2016

Pour certains, l’ intelligence artificielle finira par prendre le contrôle de l’être humain et fera disparaître notre espèce. Pour d’autres, grâce à elle, le premier humain immortel est déjà né. Au delà de ce type de théories extrémistes et des films de science fiction que l’on a en tête, DOCaufutur a souhaité comprendre les enjeux du ‘‘machine learning’’ sur le monde du travail et plus généralement sur notre société. 

Les avantages du robot sur l’Homme sont nombreux. « Il ne se fatigue pas, n’est pas rémunéré, ne fait pas grève, et dès lors qu’il est bien programmé, est moins faillible » énumère Charles Edouard Bouée, CEO du cabinet de conseil Roland Berger. Le lien entre robot et big data est majeur. « L’ intelligence artificielle est capable d’interpréter en temps réel les milliards de données qui nous entourent et d’apporter des réponses pertinentes » ajoute t-il. C’est en tout cas l’ambition des technologies telles que Siri, Google now ou Cortana notamment. Pour Renaud Ménérat de la MMAF (Mobile Marketing Association France), ces assistants ont pour point commun de croiser des données, de les interpréter et de faire preuve de pro activité. « La data doit devenir une donnée smart qui va permettre une personnalisation du message et un marketing beaucoup plus ciblé ».

Robot observando una rosaLes assistants virtuels fleurissent et certaines start-ups françaises se sont lancées sur ce marché. C’est le cas de Jam. Cet assistant va répondre à toutes les questions que peut se poser un étudiant. « Appartement, covoiturage, sortie, voyage, problème de cœur : grâce à l’AI et des algorithmes, Jam va catégoriser la demande, extraire les données nécessaires, pour répondre dans les plus brefs délais » explique Marjolaine Grondin, CEO et cofondatrice. Pour s’adapter à sa cible étudiante qui communique sur des supports multiples, le service fonctionne via sms, Facebook Messenger, et bientôt via Twitter et WhatsApp. « Notre volonté est d’humaniser l’AI. Notre assistant Jam adopte donc un ton humain, jeune et bienveillant comme s’il s’agissait d’un ami ».

Des assistants virtuels qui collectent, anticipent et deviennent proactifs

Adaptée au monde du travail, on retrouve l’assistante virtuelle Julie Desk. Julien Hobeika, l’un de ses co-fondateurs nous explique que la start-up a construit une véritable expertise pour son robot. Autrement dit, c’est un outil dans lequel sont catégorisées les différentes étapes d’un rdv d’affaire : noms et nombre de participants, lieu, horaires, etc. Grâce à l’AI, Julie va organiser, annuler, créer des évènements, envoyer des invitations. Le tout en s’adaptant aux habitudes et spécificités de chaque salarié client. « Il faut préciser que toutes ses actions sont supervisées par un opérateur humain ».

Dans sa dernière version, Happi, l’assistant virtuel de Simple CRM pourra prospecter de nouveaux clients, vous coacher avant un RDV, proposer des idées et du contenu pour augmenter votre CA. Happi peut traiter les données de toute une entreprise, ce qui représente souvent un travail de fourmi. « Nous lui avons conféré une capacité d’apprentissage que l’on appelle le ‘machine learning’ : chaque mois, Happy a un professeur humain qui lui apprend de nouvelles choses » explique Brice Cornet, l’un des cofondateurs.

White big data paper sign over confetti. Vector illustration.

La donnée, l’or du 21ème siècle 

Sans donnée, il n’y a pas d’ Intelligence artificielle. L’un des enjeux de cette nouvelle ère est la protection des données personnelles. Pour Renaud Ménérat, Président de l’association MMA France , les algorithmes et les datas vont prendre bientôt le contrôle d’une partie du monde. « La collecte, le stockage et le partage des données personnelles doivent être encadrées. Le risque, c’est un rejet global du consommateur face à une forme intrusion pas forcément consentie ou dont il ne perçoit pas les bénéfices en terme de service ». Marjolaine Grondin, cofondatrice de Jam, pense que la collecte de données va être de plus en plus importante. « Elle peut être assez subtile, implicite voire permissive. Je pense que la donnée, c’est l’or du 21ème siècle. Il faut la protéger au lieu de l’exhiber ou de la vendre, et en prendre bien soin ». 

Plus les capacités des machines progressent, plus la valeur ajoutée du travail humain se déplace vers des tâches complexes

Après les travailleurs peu qualifiés, c’est au tour des métiers qualifiés – tâches intellectuelles mais répétitives- d’être touchés par l’AI. « Dans une civilisation des machines, les plus diplômés auront la vie sans doute plus facile. Les fonctions qui requièrent de l’empathie, du relationnel et de la créativité tireront aussi leur épingle du jeu. Je pense à des métiers comme comédien, coiffeur, ébéniste ou encore professeur de zumba qui ne sont, selon moi, pas près d’être occupés par un robot » indique Charles-Edouard Bouée, CEO de Roland Berger. Julien Hobeika nous confie que Julie Desk n’a pas remplacé les secrétaires de ses clients. « Les secrétaires comme on l’entendait autrefois ont déjà disparu. Ces sont des assistants plus généralistes maintenant, pour qui la prise de RDV ne fait pas partie de leur fiche de poste et qui sont soulagés qu’un robot exerce cette tâche ».

L’Intelligence n’en est encore qu’à ses débuts ; la presse n’en parle que depuis deux ans. Brice Cornet de Simple CRM pense que « son développement passera d’abord par des prototypes dans les grosses entreprises avant de se démocratiser au sein de la sphère privée. Une fois que les particuliers l’auront adoptée dans leur vie de tous les jours, elle prendra son envol dans le monde de l’entreprise ».

Les experts interrogés s’accordent pour dire que l’intelligence humaine est tout à fait capable d’anticiper et de réguler l’avènement de l’AI. Cadres règlementaires, prises de recul, espaces de débats, protections de données… L’homme devra s’adapter comme il a toujours réussi à le faire à chaque révolution historique.

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