L’observatoire des écrits par Cordial

Eye

Cordial, c’est la correction par un ordinateur depuis plus de 20 ans. Son équipe innove tous les jours en observant la façon dont les gens écrivent sur le service de correction en ligne www.cordial-enligne.fr. Il est utilisé par près de 220 000 utilisateurs par mois. Les analyses sur cette masse de données constituent, de fait, un observatoire des erreurs réelles et de leur évolution.

Cet observatoire permet d’analyser des erreurs d’une population qui n’est pas forcément en confiance avec l’orthographe et la grammaire, mais qui reste soucieuse de bien écrire. Cette population, assez différente de celle analysée par la plupart des études, permet de relever de nouveaux indices issus de productions réelles et non de tests sur les irrégularités et autres « pièges » de la langue française. 

Premier constat :  les erreurs relatives à des règles jugées difficiles sont  relativement peu fréquentes. Les erreurs portant sur l’accord verbal ou le participe passé ne représentent ainsi que 2 % des erreurs.

Autre idée reçue battue en brèche, le langage SMS est peu représenté. Par contre, cette année 2015 a vu l’émergence de formes issues de l’oral telles que « C’est qui qui doit passer ? » ou « Elle est où ta voiture ? ». Cela constitue une évolution tout à fait classique dans toutes les langues : la langue parlée évolue sans cesse tandis que le signe graphique s’adapte plus lentement.

Nous nous sommes donc penchés sur les types d’erreurs ayant le plus largement progressé afin de dégager des tendances sur les écrits actuels.

  • Les erreurs orthographiques (15,1% des erreurs) : 20% de ces erreurs proviennent d’un oubli d’accent.  « Même », « être » et « plaît » (ce dernier étant le seul concerné par la réforme de l’orthographe) figurent le top 3 des pertes d’accent circonflexe. Doit-on incriminer des claviers peu adaptés à la langue française? Cette piste semble avoir convaincu le ministère de la Culture et de la Communication qui a chargé l’AFNOR de concevoir un nouveau clavier plus francophone.
  • L’oubli de la virgule (6,8 % des erreurs) : Si l’oubli d’une virgule peut paraître anodin, il change parfois le sens de la phrase et occasionne très souvent des erreurs d’accord. Il semble que la ponctuation soit la grande victime des nouvelles habitudes d’écriture.
  • Les erreurs de confusion entre deux mots (3,8 % des erreurs) : Les confusions « a » et « à », « ou » et « où», « sa » ou « ça », « sait – c’est – ses – ces » représentent à elles seules plus de 7 % de ces erreurs. À nouveau, on note que les cas de confusion les plus fréquents sont dus à des mots non accentués. Lorsqu’ils font des erreurs sur le genre, les utilisateurs emploient 6 fois sur 10 le masculin à la place du féminin. La prédominance du masculin induit donc encore des nombreuses erreurs.

Sophie Muller, Linguiste chez Synapse Développement : « La langue reste une matière vivante et bien l’analyser nécessite forcément une observation des usages réels. »

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L’observatoire des écrits par Cordial

Eye 15th mars, 2016

Cordial, c’est la correction par un ordinateur depuis plus de 20 ans. Son équipe innove tous les jours en observant la façon dont les gens écrivent sur le service de correction en ligne www.cordial-enligne.fr. Il est utilisé par près de 220 000 utilisateurs par mois. Les analyses sur cette masse de données constituent, de fait, un observatoire des erreurs réelles et de leur évolution.

Cet observatoire permet d’analyser des erreurs d’une population qui n’est pas forcément en confiance avec l’orthographe et la grammaire, mais qui reste soucieuse de bien écrire. Cette population, assez différente de celle analysée par la plupart des études, permet de relever de nouveaux indices issus de productions réelles et non de tests sur les irrégularités et autres « pièges » de la langue française. 

Premier constat :  les erreurs relatives à des règles jugées difficiles sont  relativement peu fréquentes. Les erreurs portant sur l’accord verbal ou le participe passé ne représentent ainsi que 2 % des erreurs.

Autre idée reçue battue en brèche, le langage SMS est peu représenté. Par contre, cette année 2015 a vu l’émergence de formes issues de l’oral telles que « C’est qui qui doit passer ? » ou « Elle est où ta voiture ? ». Cela constitue une évolution tout à fait classique dans toutes les langues : la langue parlée évolue sans cesse tandis que le signe graphique s’adapte plus lentement.

Nous nous sommes donc penchés sur les types d’erreurs ayant le plus largement progressé afin de dégager des tendances sur les écrits actuels.

  • Les erreurs orthographiques (15,1% des erreurs) : 20% de ces erreurs proviennent d’un oubli d’accent.  « Même », « être » et « plaît » (ce dernier étant le seul concerné par la réforme de l’orthographe) figurent le top 3 des pertes d’accent circonflexe. Doit-on incriminer des claviers peu adaptés à la langue française? Cette piste semble avoir convaincu le ministère de la Culture et de la Communication qui a chargé l’AFNOR de concevoir un nouveau clavier plus francophone.
  • L’oubli de la virgule (6,8 % des erreurs) : Si l’oubli d’une virgule peut paraître anodin, il change parfois le sens de la phrase et occasionne très souvent des erreurs d’accord. Il semble que la ponctuation soit la grande victime des nouvelles habitudes d’écriture.
  • Les erreurs de confusion entre deux mots (3,8 % des erreurs) : Les confusions « a » et « à », « ou » et « où», « sa » ou « ça », « sait – c’est – ses – ces » représentent à elles seules plus de 7 % de ces erreurs. À nouveau, on note que les cas de confusion les plus fréquents sont dus à des mots non accentués. Lorsqu’ils font des erreurs sur le genre, les utilisateurs emploient 6 fois sur 10 le masculin à la place du féminin. La prédominance du masculin induit donc encore des nombreuses erreurs.

Sophie Muller, Linguiste chez Synapse Développement : « La langue reste une matière vivante et bien l’analyser nécessite forcément une observation des usages réels. »

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