Tour d’horizon du marché de l’ impression 3D par DOCaufutur

L’ impression 3D a la cote, que ce soit dans la presse ou dans l’industrie. Le marché de la fabrication additive a pesé 3,6 milliards d’euros en 2014. Et selon une étude annuelle du cabinet Wohlers, spécialiste du secteur, ce marché devrait progresser au rythme de 35% par an. Découvrons ensemble les enjeux de ce secteur porteur. 

Les Etats-Unis et les pays asiatiques sont aujourd’hui les plus gros investisseurs en matière d’ impression 3D. En Europe, c’est le secteur aéronautique qui est très engagé sur ce marché. L’Allemagne possède de nombreux fabricants d’imprimantes 3D à vocation industrielle. La France voudrait construire son leadership comme l’annonçait le Ministre de l’économie Emmanuel Macron lors du lancement de la nouvelle stratégie industrielle pour la France ‘‘Industrie du Futur’’. Pour Sylvain Charpiot, fondateur de Drawn, l’Hexagone ne manque pas d’atouts : « Les Français étant très bricoleurs et tournés vers l’innovation, je pense qu’on a notre carte à jouer ». L’ingénieur entrepreneur souligne qu’il existe aujourd’hui un certain engouement sur la petite machine grand public sans qu’on ait trouvé les objets phares utiles de la vie de tous les jours… Cela reste un gadget pour les personnes intéressées. L’industrie a elle une autre approche plus pragmatique pour résoudre ses défis quotidiens. Son entreprise propose du mobilier personnalisable qu’il réalise avec Galatéa, l’imprimante 3D qu’il a lui-même créée. La créativité est libérée grâce à la fabrication additive car elle permet de faire des formes très complexes et des sous ensembles  en une seule opération. C’est ce que nous explique Geneviève Meyer, consultante et experte en fabrication additive et en management de l’innovation.

Bourse concept - Effet de levierRéduction du ‘‘time to market’’, gain de matière et créativité libérée

« L’ impression 3D nécessite de concevoir différemment l’objet pour tirer au maximum partie des potentiels de la technologie. Ce fichier de conception doit être utilisable par l’imprimante qui va procéder à la fabrication de l’objet en général sous forme de successions de couches. Cela permet de ne déposer la matière que là où c’est nécessaire compte tenu des caractéristiques attendues de la pièce contrairement aux process classiques de fabrication que sont l’usinage et  l’injection» précise la consultante. Par contre, pour le moment, il n’est pas encore possible de produire de grandes séries. Les principaux freins aujourd’hui pour la production de séries sont la vitesse d’impression et la reproductibilité des procédés. Un autre frein est le nombre encore limité de matière disponible. Mais pour nos deux experts, ce n’est qu’une question de temps pour que les processus de fabrication s’améliorent et se stabilisent.

Outre la fabrication d’objets finaux, toute entreprise peut se servir de l’ impression 3D pour développer des prototypes. « Le prototypage peut servir à visualiser rapidement un concept dans le cycle d’innovation. Dans ce cas, les entreprises peuvent s’adresser à des Fablabs, designers, services bureau pour réaliser ce prototype ou s’équiper en interne. L’entreprise peut également faire appel à l’ impression 3D pour du prototypage fonctionnel. Dans ce cas, on utilise un matériau qui n’est pas le matériau final mais qui a des propriétés similaires» explique Geneviève Meyer.

Dans 10 ans, Sylvain Charpiot espère bien que l’ impression 3D sera complètement entrée dans les mœurs et que l’on pourra grâce à elle produire les pièces détachées des objets qui nous entourent. « Concernant mon entreprise, j’imagine plusieurs boutiques dans les grandes villes françaises dans lesquelles mon imprimante 3D Galatéa produira en live ». Geneviève Meyer pense que les grandes marques vont être attirées par le niveau de personnalisation qu’offre l’ impression 3D. Selon elle, les enseignes de consommation courante vont s’en emparer dès lors qu’il sera possible de réaliser techniquement et économiquement des grandes séries.

L’ impression 3D risque cependant de poser certains problèmes juridiques. La question de la propriété intellectuelle se posera. En effet, il sera possible de recréer exactement un objet d’art et certains faussaires pourraient le reproduire sans demande d’autorisation. Et dans le cas où un garagiste n’ayant pas la pièce voulue par un client l’imprime en 3D, qu’arrivera t-il juridiquement si ladite pièce provoque un accident ? Toutes ces questions sont à l’étude. Plusieurs pistes sont évoquées comme la création de dispositifs automatiques digitaux qui détecteraient les usages frauduleux. Affaire à suivre!

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Tour d’horizon du marché de l’ impression 3D par DOCaufutur

5th juillet, 2015

L’ impression 3D a la cote, que ce soit dans la presse ou dans l’industrie. Le marché de la fabrication additive a pesé 3,6 milliards d’euros en 2014. Et selon une étude annuelle du cabinet Wohlers, spécialiste du secteur, ce marché devrait progresser au rythme de 35% par an. Découvrons ensemble les enjeux de ce secteur porteur. 

Les Etats-Unis et les pays asiatiques sont aujourd’hui les plus gros investisseurs en matière d’ impression 3D. En Europe, c’est le secteur aéronautique qui est très engagé sur ce marché. L’Allemagne possède de nombreux fabricants d’imprimantes 3D à vocation industrielle. La France voudrait construire son leadership comme l’annonçait le Ministre de l’économie Emmanuel Macron lors du lancement de la nouvelle stratégie industrielle pour la France ‘‘Industrie du Futur’’. Pour Sylvain Charpiot, fondateur de Drawn, l’Hexagone ne manque pas d’atouts : « Les Français étant très bricoleurs et tournés vers l’innovation, je pense qu’on a notre carte à jouer ». L’ingénieur entrepreneur souligne qu’il existe aujourd’hui un certain engouement sur la petite machine grand public sans qu’on ait trouvé les objets phares utiles de la vie de tous les jours… Cela reste un gadget pour les personnes intéressées. L’industrie a elle une autre approche plus pragmatique pour résoudre ses défis quotidiens. Son entreprise propose du mobilier personnalisable qu’il réalise avec Galatéa, l’imprimante 3D qu’il a lui-même créée. La créativité est libérée grâce à la fabrication additive car elle permet de faire des formes très complexes et des sous ensembles  en une seule opération. C’est ce que nous explique Geneviève Meyer, consultante et experte en fabrication additive et en management de l’innovation.

Bourse concept - Effet de levierRéduction du ‘‘time to market’’, gain de matière et créativité libérée

« L’ impression 3D nécessite de concevoir différemment l’objet pour tirer au maximum partie des potentiels de la technologie. Ce fichier de conception doit être utilisable par l’imprimante qui va procéder à la fabrication de l’objet en général sous forme de successions de couches. Cela permet de ne déposer la matière que là où c’est nécessaire compte tenu des caractéristiques attendues de la pièce contrairement aux process classiques de fabrication que sont l’usinage et  l’injection» précise la consultante. Par contre, pour le moment, il n’est pas encore possible de produire de grandes séries. Les principaux freins aujourd’hui pour la production de séries sont la vitesse d’impression et la reproductibilité des procédés. Un autre frein est le nombre encore limité de matière disponible. Mais pour nos deux experts, ce n’est qu’une question de temps pour que les processus de fabrication s’améliorent et se stabilisent.

Outre la fabrication d’objets finaux, toute entreprise peut se servir de l’ impression 3D pour développer des prototypes. « Le prototypage peut servir à visualiser rapidement un concept dans le cycle d’innovation. Dans ce cas, les entreprises peuvent s’adresser à des Fablabs, designers, services bureau pour réaliser ce prototype ou s’équiper en interne. L’entreprise peut également faire appel à l’ impression 3D pour du prototypage fonctionnel. Dans ce cas, on utilise un matériau qui n’est pas le matériau final mais qui a des propriétés similaires» explique Geneviève Meyer.

Dans 10 ans, Sylvain Charpiot espère bien que l’ impression 3D sera complètement entrée dans les mœurs et que l’on pourra grâce à elle produire les pièces détachées des objets qui nous entourent. « Concernant mon entreprise, j’imagine plusieurs boutiques dans les grandes villes françaises dans lesquelles mon imprimante 3D Galatéa produira en live ». Geneviève Meyer pense que les grandes marques vont être attirées par le niveau de personnalisation qu’offre l’ impression 3D. Selon elle, les enseignes de consommation courante vont s’en emparer dès lors qu’il sera possible de réaliser techniquement et économiquement des grandes séries.

L’ impression 3D risque cependant de poser certains problèmes juridiques. La question de la propriété intellectuelle se posera. En effet, il sera possible de recréer exactement un objet d’art et certains faussaires pourraient le reproduire sans demande d’autorisation. Et dans le cas où un garagiste n’ayant pas la pièce voulue par un client l’imprime en 3D, qu’arrivera t-il juridiquement si ladite pièce provoque un accident ? Toutes ces questions sont à l’étude. Plusieurs pistes sont évoquées comme la création de dispositifs automatiques digitaux qui détecteraient les usages frauduleux. Affaire à suivre!

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