Multitude de questions ou question de multitude : de la crise à la mutation ? Jean Baptiste Sachot –  Directeur du Développement Commercial Akuiteo 

La crise a-t-elle eu vraiment lieu ? 

J’ouvre les yeux, mais nous sommes bien en 2015 et 2008 me semble si loin … J’entends un bruit de fond  qui tente de me convaincre que nous sommes encore et toujours en période de crise.

7 ans, c’est long, quand on parle à longueur de journée de frénésie digitale. Cela ne tient pas debout !

On évoque à tout bout de champ le mot de « mutation ». Serait-ce l’élément clé ?  En fait, je commence à me dire que la percée du digital associée à la prise de pouvoir des nouvelles générations font partie des ingrédients clés qui participeraient à cette mutation.

Les questions fusent dès lors : Qu’est-ce qui a changé ? Par où commencer ? Qui est concerné : les individus, le marketing,  la stratégie, le management, la production, etc. ?

Nos entreprises et nos gouvernements redoutent ou espèrent l’Uberisation violente et soudaine de l’économie. Chacun doit entrer dans une démarche rationnelle de remise en question en explorant chaque territoire selon le principe  des « petits pas » si cher à Jim Collins (i)

Le sujet est systémique ; tous les éléments jouent un rôle clé et sont interdépendants. Explorons ensemble les principaux à mes yeux : les individus, le marketing, la stratégie, le capital humain. 

Au départ : les individus

« C’était mieux avant, les  jeunes n’obéissent plus, ils sont zappeurs, … ». Non je ne cautionne pas cette approche, ce n’était pas mieux avant, c’était différent.

Michel Serre dans son essai « Petite Poucette »(ii) relate qu’ en 1900, la majorité des humains travaillaient dans les champs, aujourd’hui cela ne représente plus que 1% de la population.  En 1900, toute morale servait à supporter la douleur inévitable et quotidienne comme la famine, la maladie ou la guerre.

Mais ça, c’était avant … Aujourd’hui les jeunes générations n’ont pas connu de grande guerre et bientôt ce sera le cas de leurs parents et de leurs enseignants.

Mais alors qu’est ce qui les différencie ? J’ose quelques éléments de réponses : 

Quand on évoque le mariage, le travail, l’immobilier, ces générations hésitent à s’engager sur le long terme. Je me lasse très vite, je veux tout goûter, essayer et surtout être libre dans mes choix actuels et futurs. Je préfère privilégier l’usage à la possession.
Mon réseau d’«amis» n’a pas de frontière et s’est bâti autour des mêmes passions et centres d’intérêt. Il n’est donc pour moi pas nécessaire de se connaitre physiquement pour se faire confiance. Nous n’habitons pas le même lieu et pourtant nous sommes connectés en permanence.

Quand je partage avec ma communauté : mes avis, mes envies, mes coups de cœurs, ce qui m’attriste ou me révolte….  Chacun de mes messages a un impact plus ou moins étendu selon que je provoque de la pitié, du mépris, de l’envie ou de l’admiration. 

Le pouvoir d’influence a toujours fait partie de nos vies; mais ce qui est nouveau c’est que cette liberté de ton associée aux réseaux sociaux est virale, avec une portée  mondiale.  

La nécessaire fin du harcèlement médiatique

Pour la première fois de ma vie, je me rends un samedi sur un stade de Rugby. Je paye ma place avec un ami (pas virtuel pour le coup) pour voir : du spectacle, de la boue, de l’énergie brute. 

A peine arrivé, les voitures officielles défilent, les tribunes, les joueurs et le terrain s’animent de dizaines de logos.  Je me vois remettre un vulgaire boudin gonflable sponsorisé pour encourager l’équipe locale. La foule se transforme instantanément en un gigantesque et flasque homme sandwich. C’est à peine si l’on peut apercevoir la pelouse du terrain. 

Mon attention est perpétuellement interrompue. Mes sens sont saturés, gavés de messages non sollicités. J’ai envie de fuir ce lieu, mais je décide de tenir bon. Finalement, je prends un malin plaisir à  décortiquer les différentes tactiques des publicitaires.

En tant que client/prospect, je ne supporte plus que l’on décide d’utiliser mon cerveau. Laissez-moi décider de ce qui est bon pour moi ! « Tout média qui interrompt l’activité du consommateur subissent le même sort, les gens et les entreprises ont cessé de prêter attention. » (iii)

Diffusez une information de qualité !  Je déciderai alors par moi-même si vous êtes digne de confiance !

Le marketing de Kotler est bien révolu !

Je mets enfin un nom sur une nouvelle manière de s’adresser aux individus. Un contenu de qualité, non intrusif moins conformiste et personnalisé ; c’est l’inbound marketing. 

On ne me vend plus de produits je décide de les acheter. Les produits de masse et/ou de piètre qualité ne m’atteindront qu’avec difficulté. 

Une stratégie prudente est risquée !

Selon John Chambers le futur ex-patron de CISCO : « deux tiers, des grandes entreprises auront disparu dans 20 ans et seront remplacées par des plateformes web… ».

Une stratégie visionnaire osée innovante et agile serait la voie de la survie ?

En France, en période de marasme économique, je me contente de faire profil bas et de maintenir le statu quo, si je me mets à innover alors je vais m’exposer et prendre des risques.  Et si notre entreprise est dans une dynamique de croissance, pourquoi innover alors que cela marche ? Cela risquerait de nous exposer aussi !  

Posons-nous un instant pour observer les raisons de cette paralysie. L’accélération des transformations perturbe la majorité des dirigeants. Ils sont pour la plupart aveuglés par les effets d’annonce, la peur de se faire « Uberiser » et finissent donc par se sanctuariser, se scléroser. Les nouveaux entrants sont nés dans le digital et ne portent pas la lourdeur des anciens modèles. 

Si vous demandez à Caroline Mc Call CEO d’Easyjet, si elle pense acquérir une compagnie classique, la réponse est sans appel : « Pourquoi acheter une société qui porte un fardeau alors qu’Easyjet s’est nativement  affranchie de la majorité des contraintes d’une compagnie aérienne ancienne génération ? »

Ainsi, se séparer d’un produit pas suffisamment innovant, lier un partenariat avec une startup est dans les gênes des entreprises ayant adopté une stratégie agile. 

Les entreprises « installées »  sont soumises à de nombreux palabres, discussions, gestion des égos, conservation des acquis sociaux. Au final, la majorité des décisions donnent lieu à des réponses mièvres avec l’ambition de contenter tout le monde, ce qui me laisse rêveur…

Et si j’osais  me concentrer non pas sur les métiers où je suis bon mais là où je suis unique ? 

Et si j’osais nager dans l’océan bleu plutôt que dans l’océan rouge (iv) ? Et si j’osais  viser l’excellence plutôt que la simple performance ? Et si j’osais affronter la brutalité des faits ?

Mais si je suis seul à vouloir  porter cette transformation, cela n’ira pas loin… 

Ressource humaine / Capital humain : je ne suis pas une ressource, je suis un être humain 

Suis- je une simple Ressource au même titre que les matières premières ? Suis-je juste bon à être exploité en tant que tel ?

Au début du 20eme siècle, les Paysans analphabètes offraient une main d’œuvre parfaite pour l’industrie. On ne leur demandait pas de réfléchir mais simplement d’exécuter une tâche. Il fallait donc pour s’assurer que le travail soit correctement réalisé, par une multitude de chefs, sous chefs, sous sous chefs.

C’est sûr, le millefeuille a été créé à cette époque. La confiance n’existait pas, seul le contrôle avait droit de cité.

Je me demande pourquoi ce mode de management perdure-t-il ?  Le niveau d’éducation n’est plus comparable. Désormais  chacun d’entre nous a accès à la culture, aux informations pour décider de ce qui est bon pour lui et donc de prendre des décisions en conséquence.

Pourquoi laisserai-je les autres décider à ma place ?

La célèbre phrase de Descartes « Je pense donc je suis » crée une résonance chez moi.

Notre management est encore trop souvent pyramidal, seules les personnes haut placées détiennent le pouvoir. Le savoir est jalousement gradé et gardé.

J’ose me transposer dans une entreprise ou la confiance est la clé, plus de chef, plus de contrôle. Un organigramme transversal. Je suis libre d’organiser mon temps de travail. L’important est de réaliser  mes objectifs individuels pour servir le collectif. Je me fiche bien de faire 20h ou 45 heures dans une semaine tant que je sers le projet commun.

Je me suis donc mis en quête d’un idéal et j’ai croisé par hasard  le concept d’holacratie ou « entreprise libérée ».

Les contributeurs de Wikipédia le définissent comme un « Système de gouvernance qui permet à une organisation de disséminer les mécanismes de prise de décision au travers d’une organisation fractale d’équipes auto-organisées ». Cette approche n’est pas utopique mais seulement mise en pratique chez Harley-Davidson, HCL Technology (90 000 personnes en Inde), Danone, etc…

Alors oui, lorsque j’évoque librement cette expérience que je vis au quotidien : cet organigramme transversal, la fin annoncée des managers, la naissance de leaders nourriciers, les décisions collégiales, etc.. Mes interlocuteurs sont étonnés que nous ayons osé. 

Lire, comprendre, débattre au sujet du management 3.0 est à la portée de tous, mais le mettre en pratique demande du culot et de ranger son égo au placard. 

Réflexion

Si les changements profonds qui s’opèrent autour de moi impactent mon quotidien, c’est que je dois être concerné.

Selon Nicolas Colin (v) « La multitude est la puissance des individus éduqués, outillés et connecté ». Je suis devenu volontairement ou malgré moi un élément de cette multitude.

Alors même si je ne décrypte pas toutes les subtilités, j’ouvre mes sens. Je prends les choses comme elles viennent, j’approfondis ce qui m’interpelle et m’autorise à bousculer les vérités établies. 

Alors oui j’accepte de faire partie de cette multitude et à continuer de me poser des questions multiples …

i – De la performance à l’excellence – Jim Collins – Collection village mondial
ii – 
Petite Poucette – Michel Serres – Diffusion Belin
iii – 
L’inbound marketing – Gabriel Szapiro – Editions Jacques Marie Laffont
iv – 
Stratégie Océan Bleu: Comment créer de nouveaux espaces stratégiques – W.Chan Kim – Renée Mauborgne – PEARSON – Collection village mondial
v – 
L’âge de la multitude – Nicolas Colin & Henri Verdier – Editions Armand Colin

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Multitude de questions ou question de multitude : de la crise à la mutation ? Jean Baptiste Sachot –  Directeur du Développement Commercial Akuiteo 

22nd juin, 2015

La crise a-t-elle eu vraiment lieu ? 

J’ouvre les yeux, mais nous sommes bien en 2015 et 2008 me semble si loin … J’entends un bruit de fond  qui tente de me convaincre que nous sommes encore et toujours en période de crise.

7 ans, c’est long, quand on parle à longueur de journée de frénésie digitale. Cela ne tient pas debout !

On évoque à tout bout de champ le mot de « mutation ». Serait-ce l’élément clé ?  En fait, je commence à me dire que la percée du digital associée à la prise de pouvoir des nouvelles générations font partie des ingrédients clés qui participeraient à cette mutation.

Les questions fusent dès lors : Qu’est-ce qui a changé ? Par où commencer ? Qui est concerné : les individus, le marketing,  la stratégie, le management, la production, etc. ?

Nos entreprises et nos gouvernements redoutent ou espèrent l’Uberisation violente et soudaine de l’économie. Chacun doit entrer dans une démarche rationnelle de remise en question en explorant chaque territoire selon le principe  des « petits pas » si cher à Jim Collins (i)

Le sujet est systémique ; tous les éléments jouent un rôle clé et sont interdépendants. Explorons ensemble les principaux à mes yeux : les individus, le marketing, la stratégie, le capital humain. 

Au départ : les individus

« C’était mieux avant, les  jeunes n’obéissent plus, ils sont zappeurs, … ». Non je ne cautionne pas cette approche, ce n’était pas mieux avant, c’était différent.

Michel Serre dans son essai « Petite Poucette »(ii) relate qu’ en 1900, la majorité des humains travaillaient dans les champs, aujourd’hui cela ne représente plus que 1% de la population.  En 1900, toute morale servait à supporter la douleur inévitable et quotidienne comme la famine, la maladie ou la guerre.

Mais ça, c’était avant … Aujourd’hui les jeunes générations n’ont pas connu de grande guerre et bientôt ce sera le cas de leurs parents et de leurs enseignants.

Mais alors qu’est ce qui les différencie ? J’ose quelques éléments de réponses : 

Quand on évoque le mariage, le travail, l’immobilier, ces générations hésitent à s’engager sur le long terme. Je me lasse très vite, je veux tout goûter, essayer et surtout être libre dans mes choix actuels et futurs. Je préfère privilégier l’usage à la possession.
Mon réseau d’«amis» n’a pas de frontière et s’est bâti autour des mêmes passions et centres d’intérêt. Il n’est donc pour moi pas nécessaire de se connaitre physiquement pour se faire confiance. Nous n’habitons pas le même lieu et pourtant nous sommes connectés en permanence.

Quand je partage avec ma communauté : mes avis, mes envies, mes coups de cœurs, ce qui m’attriste ou me révolte….  Chacun de mes messages a un impact plus ou moins étendu selon que je provoque de la pitié, du mépris, de l’envie ou de l’admiration. 

Le pouvoir d’influence a toujours fait partie de nos vies; mais ce qui est nouveau c’est que cette liberté de ton associée aux réseaux sociaux est virale, avec une portée  mondiale.  

La nécessaire fin du harcèlement médiatique

Pour la première fois de ma vie, je me rends un samedi sur un stade de Rugby. Je paye ma place avec un ami (pas virtuel pour le coup) pour voir : du spectacle, de la boue, de l’énergie brute. 

A peine arrivé, les voitures officielles défilent, les tribunes, les joueurs et le terrain s’animent de dizaines de logos.  Je me vois remettre un vulgaire boudin gonflable sponsorisé pour encourager l’équipe locale. La foule se transforme instantanément en un gigantesque et flasque homme sandwich. C’est à peine si l’on peut apercevoir la pelouse du terrain. 

Mon attention est perpétuellement interrompue. Mes sens sont saturés, gavés de messages non sollicités. J’ai envie de fuir ce lieu, mais je décide de tenir bon. Finalement, je prends un malin plaisir à  décortiquer les différentes tactiques des publicitaires.

En tant que client/prospect, je ne supporte plus que l’on décide d’utiliser mon cerveau. Laissez-moi décider de ce qui est bon pour moi ! « Tout média qui interrompt l’activité du consommateur subissent le même sort, les gens et les entreprises ont cessé de prêter attention. » (iii)

Diffusez une information de qualité !  Je déciderai alors par moi-même si vous êtes digne de confiance !

Le marketing de Kotler est bien révolu !

Je mets enfin un nom sur une nouvelle manière de s’adresser aux individus. Un contenu de qualité, non intrusif moins conformiste et personnalisé ; c’est l’inbound marketing. 

On ne me vend plus de produits je décide de les acheter. Les produits de masse et/ou de piètre qualité ne m’atteindront qu’avec difficulté. 

Une stratégie prudente est risquée !

Selon John Chambers le futur ex-patron de CISCO : « deux tiers, des grandes entreprises auront disparu dans 20 ans et seront remplacées par des plateformes web… ».

Une stratégie visionnaire osée innovante et agile serait la voie de la survie ?

En France, en période de marasme économique, je me contente de faire profil bas et de maintenir le statu quo, si je me mets à innover alors je vais m’exposer et prendre des risques.  Et si notre entreprise est dans une dynamique de croissance, pourquoi innover alors que cela marche ? Cela risquerait de nous exposer aussi !  

Posons-nous un instant pour observer les raisons de cette paralysie. L’accélération des transformations perturbe la majorité des dirigeants. Ils sont pour la plupart aveuglés par les effets d’annonce, la peur de se faire « Uberiser » et finissent donc par se sanctuariser, se scléroser. Les nouveaux entrants sont nés dans le digital et ne portent pas la lourdeur des anciens modèles. 

Si vous demandez à Caroline Mc Call CEO d’Easyjet, si elle pense acquérir une compagnie classique, la réponse est sans appel : « Pourquoi acheter une société qui porte un fardeau alors qu’Easyjet s’est nativement  affranchie de la majorité des contraintes d’une compagnie aérienne ancienne génération ? »

Ainsi, se séparer d’un produit pas suffisamment innovant, lier un partenariat avec une startup est dans les gênes des entreprises ayant adopté une stratégie agile. 

Les entreprises « installées »  sont soumises à de nombreux palabres, discussions, gestion des égos, conservation des acquis sociaux. Au final, la majorité des décisions donnent lieu à des réponses mièvres avec l’ambition de contenter tout le monde, ce qui me laisse rêveur…

Et si j’osais  me concentrer non pas sur les métiers où je suis bon mais là où je suis unique ? 

Et si j’osais nager dans l’océan bleu plutôt que dans l’océan rouge (iv) ? Et si j’osais  viser l’excellence plutôt que la simple performance ? Et si j’osais affronter la brutalité des faits ?

Mais si je suis seul à vouloir  porter cette transformation, cela n’ira pas loin… 

Ressource humaine / Capital humain : je ne suis pas une ressource, je suis un être humain 

Suis- je une simple Ressource au même titre que les matières premières ? Suis-je juste bon à être exploité en tant que tel ?

Au début du 20eme siècle, les Paysans analphabètes offraient une main d’œuvre parfaite pour l’industrie. On ne leur demandait pas de réfléchir mais simplement d’exécuter une tâche. Il fallait donc pour s’assurer que le travail soit correctement réalisé, par une multitude de chefs, sous chefs, sous sous chefs.

C’est sûr, le millefeuille a été créé à cette époque. La confiance n’existait pas, seul le contrôle avait droit de cité.

Je me demande pourquoi ce mode de management perdure-t-il ?  Le niveau d’éducation n’est plus comparable. Désormais  chacun d’entre nous a accès à la culture, aux informations pour décider de ce qui est bon pour lui et donc de prendre des décisions en conséquence.

Pourquoi laisserai-je les autres décider à ma place ?

La célèbre phrase de Descartes « Je pense donc je suis » crée une résonance chez moi.

Notre management est encore trop souvent pyramidal, seules les personnes haut placées détiennent le pouvoir. Le savoir est jalousement gradé et gardé.

J’ose me transposer dans une entreprise ou la confiance est la clé, plus de chef, plus de contrôle. Un organigramme transversal. Je suis libre d’organiser mon temps de travail. L’important est de réaliser  mes objectifs individuels pour servir le collectif. Je me fiche bien de faire 20h ou 45 heures dans une semaine tant que je sers le projet commun.

Je me suis donc mis en quête d’un idéal et j’ai croisé par hasard  le concept d’holacratie ou « entreprise libérée ».

Les contributeurs de Wikipédia le définissent comme un « Système de gouvernance qui permet à une organisation de disséminer les mécanismes de prise de décision au travers d’une organisation fractale d’équipes auto-organisées ». Cette approche n’est pas utopique mais seulement mise en pratique chez Harley-Davidson, HCL Technology (90 000 personnes en Inde), Danone, etc…

Alors oui, lorsque j’évoque librement cette expérience que je vis au quotidien : cet organigramme transversal, la fin annoncée des managers, la naissance de leaders nourriciers, les décisions collégiales, etc.. Mes interlocuteurs sont étonnés que nous ayons osé. 

Lire, comprendre, débattre au sujet du management 3.0 est à la portée de tous, mais le mettre en pratique demande du culot et de ranger son égo au placard. 

Réflexion

Si les changements profonds qui s’opèrent autour de moi impactent mon quotidien, c’est que je dois être concerné.

Selon Nicolas Colin (v) « La multitude est la puissance des individus éduqués, outillés et connecté ». Je suis devenu volontairement ou malgré moi un élément de cette multitude.

Alors même si je ne décrypte pas toutes les subtilités, j’ouvre mes sens. Je prends les choses comme elles viennent, j’approfondis ce qui m’interpelle et m’autorise à bousculer les vérités établies. 

Alors oui j’accepte de faire partie de cette multitude et à continuer de me poser des questions multiples …

i – De la performance à l’excellence – Jim Collins – Collection village mondial
ii – 
Petite Poucette – Michel Serres – Diffusion Belin
iii – 
L’inbound marketing – Gabriel Szapiro – Editions Jacques Marie Laffont
iv – 
Stratégie Océan Bleu: Comment créer de nouveaux espaces stratégiques – W.Chan Kim – Renée Mauborgne – PEARSON – Collection village mondial
v – 
L’âge de la multitude – Nicolas Colin & Henri Verdier – Editions Armand Colin

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