Le “cloud” minimise le risque d’investissement… une discussion avec Pierre Schaller, DGD d’Intrinsec

En quoi le cloud est-il une technologie qui modifie profondément l’appareil de production des entreprises ? Pourquoi le cloud permet-il d’optimiser l’appareil de production des entreprises établies tout en créant des circonstances favorables pour des startups à forte croissance ? Voici quelques-unes des questions que j’ai pu évoquer avec Pierre Schaller au cours d’une récente discussion.

 

Le cloud diminue le risque d’investissement

John Gnuse, Directeur Général du bureau de Lazard Frères à San Francisco m’a indiqué que le cloud donne de nouveaux moyens aux startups. En effet, autrefois, celles-ci devaient investir lourdement pour créer un appareil de production pouvant fabriquer les produits. Un risque d’investissement existait si jamais la demande n’était pas suffisante et ne permettait pas de rentabiliser les investissements dans l’appareil de production. À cet effet, l’exemple d’Iridium a beaucoup marqué les esprits. Mais, aujourd’hui, le cloud permet d’investir dans l’appareil de production en fonction de la demande en temps réel. Le risque d’investissement paraît donc moindre.

Intrinsec permet à ses clients de moduler l’appareil de production à J+1

Grâce au cloud, les entreprises réduisent les frais de stockage

De la même façon, Pierre m’a indiqué que certaines entreprises, notamment du e-commerce, ont une activité très saisonnière. Ainsi, certaines entreprises du e-commerce réalisent 30 % de leur chiffre d’affaires pendant les fêtes de fin d’année. Ceci demande par conséquent de disposer des infrastructures en matière de systèmes d’information pouvant répondre à un pic de demandes. Pour cela, ces entreprises de e-commerce se dotent de moyens techniques très importants, qu’elles payent au prix fort. Mais, les 11 mois de l’année restants, elles n’utilisent qu’une seule partie de leurs capacités techniques. Par conséquent, elles ne rentabilisent leur investissement dans leur appareil de production et dans leurs systèmes d’information que lorsque ceux-ci sont pleinement utilisés. Ces entreprises dont l’activité est très saisonnière ont besoin de pouvoir moduler l’investissement dans leurs systèmes d’information en fonction de la demande, idéalement en temps réel. Par exemple, si elles connaissent un pic de la demande avec un afflux de visiteurs sur leur site de e-commerce et une augmentation significative de commandes, alors, elles devraient disposer, à ce moment-là, d’un système d’information à la mesure de l’activité. Mais, lorsque la demande est moins élevée, ces sites de e-commerce parviendraient à maximiser leur profitabilité si elles n’avaient pas à poursuivre des investissements dans un système d’information disposant de capacités dont elles n’ont pas besoin.

D’où, selon Pierre, la pertinence de la technologie du cloud. Les entreprises peuvent acheter ce dont elles ont besoin au moment où elles en ont besoin et peuvent ensuite se séparer des capacités techniques dont elles n’ont plus besoin. En effet, Pierre m’a indiqué que chez Intrinsec, lorsqu’un client demande une augmentation de capacité en matière de stockage, de serveur, de capacités de calcul, de nombre de postes d’ordinateurs virtuels, les clients obtiennent satisfaction à J+1, c’est-à-dire 24 heures après leur demande. De là une extraordinaire modularité du système d’information.

Le nombre de postes de travail peut également être modifié… s’ils sont virtuels

Le cas des postes de travail virtuels est d’autant plus remarquable : certaines entreprises dont l’activité est fortement saisonnière, à l’image des entreprises touristiques, recrutent des collaborateurs en intérim pour faire face au pic de la demande. Ces entreprises mettent à disposition de ces collaborateurs en intérim un poste de travail, mais qui existe de façon virtuelle. Ces entreprises n’ont donc plus besoin d’acheter un ordinateur fixe, elles peuvent en quelque sorte louer les services d’un ordinateur fixe, mais pour une période déterminée, correspondant à leurs besoins

Selon John Gnuse, ces nouvelles possibilités du cloud permettent aux startups davantage d’agilité. Le risque d’investissement est moindre et elles peuvent s’offrir un appareil de production qui correspond aux besoins de leurs clients. De son côté, Pierre m’a indiqué qu’il y a une forte demande d’externalisation des systèmes d’information, les DSI des entreprises confrontées aux enjeux de l’économie numérique ayant maintenant compris les avantages de l’« IT à la demande ». Tel est d’ailleurs l’objet de la discussion que nous avons eue par la suite…

Présentation de Pierre Schaller, Directeur Général Délégué chez Intrinsec

Pierre Schaller est Directeur Général Délégué chez Intrinsec, pionnier du Cloud en France, qu’il rejoint après avoir occupé successivement, ces quatre dernières années, les postes de Directeur Digital puis de Directeur de l’Innovation chez Bouygues Telecom. En 2000, il a fondé et dirigé la société Mobile Tribe, startup Internet dans le domaine des réseaux sociaux. Âgé de 51 ans et diplômé de Télécom Bretagne, Pierre compte plus de 25 années d’expérience dans les technologies de l’information, avec des compétences marketing, commerciales, relation client et systèmes d’information, acquises dans différentes entreprises high-tech (Dassault ; Mobile Tribe ; Bouygues Telecom).

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Le “cloud” minimise le risque d’investissement… une discussion avec Pierre Schaller, DGD d’Intrinsec

18th juin, 2015

En quoi le cloud est-il une technologie qui modifie profondément l’appareil de production des entreprises ? Pourquoi le cloud permet-il d’optimiser l’appareil de production des entreprises établies tout en créant des circonstances favorables pour des startups à forte croissance ? Voici quelques-unes des questions que j’ai pu évoquer avec Pierre Schaller au cours d’une récente discussion.

 

Le cloud diminue le risque d’investissement

John Gnuse, Directeur Général du bureau de Lazard Frères à San Francisco m’a indiqué que le cloud donne de nouveaux moyens aux startups. En effet, autrefois, celles-ci devaient investir lourdement pour créer un appareil de production pouvant fabriquer les produits. Un risque d’investissement existait si jamais la demande n’était pas suffisante et ne permettait pas de rentabiliser les investissements dans l’appareil de production. À cet effet, l’exemple d’Iridium a beaucoup marqué les esprits. Mais, aujourd’hui, le cloud permet d’investir dans l’appareil de production en fonction de la demande en temps réel. Le risque d’investissement paraît donc moindre.

Intrinsec permet à ses clients de moduler l’appareil de production à J+1

Grâce au cloud, les entreprises réduisent les frais de stockage

De la même façon, Pierre m’a indiqué que certaines entreprises, notamment du e-commerce, ont une activité très saisonnière. Ainsi, certaines entreprises du e-commerce réalisent 30 % de leur chiffre d’affaires pendant les fêtes de fin d’année. Ceci demande par conséquent de disposer des infrastructures en matière de systèmes d’information pouvant répondre à un pic de demandes. Pour cela, ces entreprises de e-commerce se dotent de moyens techniques très importants, qu’elles payent au prix fort. Mais, les 11 mois de l’année restants, elles n’utilisent qu’une seule partie de leurs capacités techniques. Par conséquent, elles ne rentabilisent leur investissement dans leur appareil de production et dans leurs systèmes d’information que lorsque ceux-ci sont pleinement utilisés. Ces entreprises dont l’activité est très saisonnière ont besoin de pouvoir moduler l’investissement dans leurs systèmes d’information en fonction de la demande, idéalement en temps réel. Par exemple, si elles connaissent un pic de la demande avec un afflux de visiteurs sur leur site de e-commerce et une augmentation significative de commandes, alors, elles devraient disposer, à ce moment-là, d’un système d’information à la mesure de l’activité. Mais, lorsque la demande est moins élevée, ces sites de e-commerce parviendraient à maximiser leur profitabilité si elles n’avaient pas à poursuivre des investissements dans un système d’information disposant de capacités dont elles n’ont pas besoin.

D’où, selon Pierre, la pertinence de la technologie du cloud. Les entreprises peuvent acheter ce dont elles ont besoin au moment où elles en ont besoin et peuvent ensuite se séparer des capacités techniques dont elles n’ont plus besoin. En effet, Pierre m’a indiqué que chez Intrinsec, lorsqu’un client demande une augmentation de capacité en matière de stockage, de serveur, de capacités de calcul, de nombre de postes d’ordinateurs virtuels, les clients obtiennent satisfaction à J+1, c’est-à-dire 24 heures après leur demande. De là une extraordinaire modularité du système d’information.

Le nombre de postes de travail peut également être modifié… s’ils sont virtuels

Le cas des postes de travail virtuels est d’autant plus remarquable : certaines entreprises dont l’activité est fortement saisonnière, à l’image des entreprises touristiques, recrutent des collaborateurs en intérim pour faire face au pic de la demande. Ces entreprises mettent à disposition de ces collaborateurs en intérim un poste de travail, mais qui existe de façon virtuelle. Ces entreprises n’ont donc plus besoin d’acheter un ordinateur fixe, elles peuvent en quelque sorte louer les services d’un ordinateur fixe, mais pour une période déterminée, correspondant à leurs besoins

Selon John Gnuse, ces nouvelles possibilités du cloud permettent aux startups davantage d’agilité. Le risque d’investissement est moindre et elles peuvent s’offrir un appareil de production qui correspond aux besoins de leurs clients. De son côté, Pierre m’a indiqué qu’il y a une forte demande d’externalisation des systèmes d’information, les DSI des entreprises confrontées aux enjeux de l’économie numérique ayant maintenant compris les avantages de l’« IT à la demande ». Tel est d’ailleurs l’objet de la discussion que nous avons eue par la suite…

Présentation de Pierre Schaller, Directeur Général Délégué chez Intrinsec

Pierre Schaller est Directeur Général Délégué chez Intrinsec, pionnier du Cloud en France, qu’il rejoint après avoir occupé successivement, ces quatre dernières années, les postes de Directeur Digital puis de Directeur de l’Innovation chez Bouygues Telecom. En 2000, il a fondé et dirigé la société Mobile Tribe, startup Internet dans le domaine des réseaux sociaux. Âgé de 51 ans et diplômé de Télécom Bretagne, Pierre compte plus de 25 années d’expérience dans les technologies de l’information, avec des compétences marketing, commerciales, relation client et systèmes d’information, acquises dans différentes entreprises high-tech (Dassault ; Mobile Tribe ; Bouygues Telecom).

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