« L’innovation dans la santé doit composer avec des freins », une discussion avec Benjamin Sarda, directeur marketing santé chez Orange

Pensées Numériques

Pourquoi l’innovation dans le domaine de la santé relève-t-elle d’enjeux singuliers ? Qu’est-ce qui fait que le secteur de la santé a parfois été considéré comme étant à l’abri de la révolution numérique ? Existe-t-il des freins à l’innovation ? Voici les questions que Benjamin Sarda, directeur marketing santé chez Orange, et moi avons évoqué au cours d’une récente discussion.

L’innovation dans la santé doit composer avec des freins

Selon Benjamin Sarda, l’innovation dans le domaine de la santé fait l’objet de deux freins majeurs :

  • D’une part, l’innovation dans la santé a surtout été, jusqu’à présent, de nature  technologique. Des sommes considérables ont été investies pour identifier de nouvelles molécules, qualifiées parfois de « blockbuster » car elles permettent de soigner une grande quantité de patients et qu’elles assurent un retour sur investissement important. Les fabricants de matériel médical proposent des solutions technologiquement extraordinaires (pensez à l’IRM), etc. Seulement l’innovation ne peut pas se résumer, dans le secteur de la santé comme dans d’autres, à de l’innovation purement technologique. Donc dans les années à venir, les innovations de type organisationnelles devraient émerger également, facilitées par la technologie numérique.

L’IRM, une des avancées technologiques les plus spectaculaires de la médecine moderne

Les maisons de santé font partie de ces innovations de nature organisationnelles. Elles maximisent le travail en équipe et améliorent le parcours de patients, ce qui est particulièrement important dans le cas de patients polypathologiques ou dans le cas de patients atteints de maladies chroniques.

  • D’autre part, dans le secteur de la santé, plus qu’ailleurs, l’aversion au risque d’innovation est très important, tout simplement parce qu’il est question de vie et de mort. La valeur thérapeutique de chaque nouveau dispositif doit être trouvée au cours d’essais cliniques dont la durée moyenne est d’une dizaine d’années. Ces essais cliniques doivent être réalisés dans des conditions extrêmement strictes, ajoutant une contrainte à l’effort d’innovation. Les acteurs issus du numérique, tel que Google avec sa rétine connectée, ont fait l’expérience de ce délai supplémentaire qui vient rallonger le processus d’innovation et ajoute des coûts supplémentaires.

Néanmoins, en dépit de ces freins on assiste à une multiplication d’initiatives innovantes qui ont le potentiel de profondément reconfigurer les chaînes de valeur, à mesure que la santé se « digitalise » davantage. Au cours d’une autre discussion, Benjamin et moi avons évoqué un cas concret.

Présentation de Benjamin Sarda, Directeur marketing santé chez Orange

Diplômé de l’Ecole  Nationale Supérieure des Télécommunications de Bretagne, Benjamin a travaillé dans le secteur de l’imagerie médicale à l’INSERM, avant d’entrer chez Orange pour y occuper différents postes à responsabilité, notamment directeur de cabinet de Thierry Zylberberg à France Télécom. Il est aujourd’hui directeur marketing Orange Healthcare depuis 2011.

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« L’innovation dans la santé doit composer avec des freins », une discussion avec Benjamin Sarda, directeur marketing santé chez Orange

Pensées Numériques 20th mai, 2015

Pourquoi l’innovation dans le domaine de la santé relève-t-elle d’enjeux singuliers ? Qu’est-ce qui fait que le secteur de la santé a parfois été considéré comme étant à l’abri de la révolution numérique ? Existe-t-il des freins à l’innovation ? Voici les questions que Benjamin Sarda, directeur marketing santé chez Orange, et moi avons évoqué au cours d’une récente discussion.

L’innovation dans la santé doit composer avec des freins

Selon Benjamin Sarda, l’innovation dans le domaine de la santé fait l’objet de deux freins majeurs :

  • D’une part, l’innovation dans la santé a surtout été, jusqu’à présent, de nature  technologique. Des sommes considérables ont été investies pour identifier de nouvelles molécules, qualifiées parfois de « blockbuster » car elles permettent de soigner une grande quantité de patients et qu’elles assurent un retour sur investissement important. Les fabricants de matériel médical proposent des solutions technologiquement extraordinaires (pensez à l’IRM), etc. Seulement l’innovation ne peut pas se résumer, dans le secteur de la santé comme dans d’autres, à de l’innovation purement technologique. Donc dans les années à venir, les innovations de type organisationnelles devraient émerger également, facilitées par la technologie numérique.

L’IRM, une des avancées technologiques les plus spectaculaires de la médecine moderne

Les maisons de santé font partie de ces innovations de nature organisationnelles. Elles maximisent le travail en équipe et améliorent le parcours de patients, ce qui est particulièrement important dans le cas de patients polypathologiques ou dans le cas de patients atteints de maladies chroniques.

  • D’autre part, dans le secteur de la santé, plus qu’ailleurs, l’aversion au risque d’innovation est très important, tout simplement parce qu’il est question de vie et de mort. La valeur thérapeutique de chaque nouveau dispositif doit être trouvée au cours d’essais cliniques dont la durée moyenne est d’une dizaine d’années. Ces essais cliniques doivent être réalisés dans des conditions extrêmement strictes, ajoutant une contrainte à l’effort d’innovation. Les acteurs issus du numérique, tel que Google avec sa rétine connectée, ont fait l’expérience de ce délai supplémentaire qui vient rallonger le processus d’innovation et ajoute des coûts supplémentaires.

Néanmoins, en dépit de ces freins on assiste à une multiplication d’initiatives innovantes qui ont le potentiel de profondément reconfigurer les chaînes de valeur, à mesure que la santé se « digitalise » davantage. Au cours d’une autre discussion, Benjamin et moi avons évoqué un cas concret.

Présentation de Benjamin Sarda, Directeur marketing santé chez Orange

Diplômé de l’Ecole  Nationale Supérieure des Télécommunications de Bretagne, Benjamin a travaillé dans le secteur de l’imagerie médicale à l’INSERM, avant d’entrer chez Orange pour y occuper différents postes à responsabilité, notamment directeur de cabinet de Thierry Zylberberg à France Télécom. Il est aujourd’hui directeur marketing Orange Healthcare depuis 2011.

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