Editique, le retour aux sources ; recentrage sur sa vraie nature : la composition dynamique de documents, quel que soit le format de diffusion

Happy

Lors de mes débuts dans la gestion documentaire et plus particulièrement dans l’éditique, Joseph Simon, alors Directeur Général de la société de Conseils en production de documents European Document Consulting, aujourd’hui Directeur Commercial Channel & Territory chez Open Text, m’a appris que lorsque que l’on parlait d’éditique, on parlait en fait de moteurs de composition dynamique de documents. Nous étions en 1999. Les plus connus étaient alors Aurora DS (Cincom), Doc1 (Groupe 1), Open Print (Sefas Technologies devenu plus tard Sefas Innovation), Edinat (Business document); puis sont arrivés de nouveaux outils comme Dialogue (aujourd’hui HPExstream après le rachat d’Exstream, l’éditeur, par HP en 2008), la suite KSL de Nalean, sans oublier ceux qui ont su se remettre en question et lancer de nouvelles solutions comme Cincom avec Eloquence, GMC avec Inspire, etc.

Entre temps l’éditique, dont le cœur était son moteur de composition dynamique dédié à la production de documents en grands volumes, est devenue, dans nos têtes, une machine à produire des documents au format papier. Normal, la vague de la dématérialisation n’est arrivée que plus tard avec la démocratisation de l’Internet. Mais la technologie pour produire des documents intelligents et lisibles quels que soient leurs supports de diffusion était déjà là ou presque.

Dès 2002, sous l’impulsion de Peter Livaudais alors PDG de SEFAS aujourd’hui Senior Director Solutions chez ParStream, l’éditeur lançait sa solution Front Office dédiée à la production unitaire, interactive, à la volée ; Exstream commençait à peine à déferler sur le marché hexagonal mais était déjà leader aux Etats-Unis. D’autres comme Edinat tenait déjà le haut du pavé pour la production unitaire, suite logique de la production de masse à des fins de rationalisation et d’optimisation postale. Tous les projets menés en ce temps étaient pilotés par un objectif financier : celui de la réduction des coûts d’affranchissement. L’image naturelle de l’éditique est donc d’être une technologie liée au papier et à la production de masse qui vise à réduire ou tout au moins à maîtriser les budgets de production documentaire.

CavemenNée sous une bonne étoile, l’éditique n’a pas su rajeunir son image

En prenant quelques raccourcis, l’éditique est née pour traiter et produire des documents en très grands volumes de manière industrielle mais surtout pour utiliser de manière optimale la page, certes, alors A4. Et comme cela était bel et bien une réalité, la communication transpromotionnelle est née, poussée par la couleur et les fournisseurs d’imprimantes industrielles, mais aussi par les besoins d’une communication client personnalisée et la réduction des coûts. Malheureusement pour elle de multiples contraintes ont freiné son développement et l’essor très rapide de la communication multicanale a pris le pas. La crise économique n’aidant pas, les organisations publiques et privées ont dû repenser leur production documentaire et nombreuses sont celles qui se sont laissées séduire par la dématérialisation, aidée de son côté par le gouvernement, les nouvelles réglementations, les atouts mêmes de la technologie, qui répondait nativement aux besoins financiers, de stockage, d’automatisation, de facilité des processus, etc.

cheers dogTel le phénix, l’éditique renaitra-t-elle de ses cendres ?

En interviewant quelques acteurs clés du métier de l’éditique, non pas des éditeurs mais ceux qui utilisent et mettent en place les solutions logicielles chez les utilisateurs, les clients, je fais référence aux intégrateurs, ceux-ci, après réflexion, adhérent complètement à l’idée que nous avons désormais retrouvé les lettres de noblesse de l’éditique. « Nous en sommes revenus aux fondamentaux du métier. Cependant, les années passant et la guerre menée au papier par les acteurs de la dématérialisation étant passée par là, le mot éditique est devenu « ringard, vieillot ». Pourtant, sa fonction de base de composition dynamique pour adresser tous les canaux de communication en s’adaptant aux contraintes de formats et de lecture est bien une réalité, ancrée, inébranlable » explique Pascal Lenoir, Directeur de Kalpa Conseils.

La génération Z de l’éditique sera ou l’éditique mourra !?!?

Pascal Lenoir« Non, bien sûr, la production de documents de masse a encore tout son sens. Mais un petit lifting s’impose dans la façon de présenter le cœur de métier et de penser l’éditique » tente de me persuader Pascal Lenoir.

 

Evelyne Maisonneuve_100Evelyne Maisonneuve, Directrice d’E.M.S, confirme cela en me disant elle aussi « Non, bien sûr ; comment l’organe vital d’un système de communication pourrait-il mourir ? La rationalisation des systèmes informatiques tout comme leur urbanisation de plus en plus nécessaires avec les briques qui ne cessent de répondre à des périmètres fonctionnels déterminés, poussent les entreprises à uniformiser leur processus de création de la communication. Le vrai pilote est tout de même encore le document quel que soit son mode de diffusion. Une création propre d’un document ne peut être faite qu’avec un outil dédié dont la vocation est de préparer la transformation ou l’adaptation de ce document à une diffusion multicanale sans avoir à tout repenser, tout refaire. Le document doit être pensé « Agile ». »

Le virage du numérique a été amorcé il y a maintenant quelques années et désormais les frontières entre les canaux de diffusion n’existent plus. Et si, dans ce contexte, nous trouvions à l’éditique -mot lancé par MIKROS au début des années 90- un nouveau nom, plus dynamique, moins poussiéreux et moins « collé » au document papier puisque, dans les termes, nous ne parlons plus de document ni de message mais de communication. Certains se sont laissés tenter par les grands concepts des analystes : le Customer communications management (CCM), l’Enterprise output management, l’Enterprise information management, et bien d’autres. OpenText se présente ainsi comme leader en Enterprise Information Management; l’Allemand Compart remonte dans la chaîne de valeur métier au niveau de l’Output Management, tout comme l’Autrichien Isis-Papyrus et le Canadien Objectif Lune sur d’autres axes métier.

Technologies de l'informationNous sommes passés d’une communication distribuée au format papier par le facteur, à la dématérialisation. Celle-ci promettait économies, gain de temps et Eco-responsabilité mais elle induisait une communication en silos. Le Cross canal a précédé le multicanal. Alors que le premier évoque le fait de croiser les canaux de diffusion, le second les adresse en parallèle. Enfin nous en sommes aujourd’hui arrivés à l’omnicanal qui intègre l’ensemble du dispositif de communication et plus seulement la diffusion de messages ou de contenus. Il faut intégrer dans un processus omnicanal l’ensemble des bonnes pratiques et des usages des clients-consommateurs-sociétaires-citoyens, des points de contacts, et des technologies qui servent ces besoins.

Nous n’avons pas évoqué ici les innovations en matière d’utilisation des softs eux-mêmes. Avec les nouveaux usages liés au Cloud Computing, des acteurs de nouvelle génération sont arrivés sur le marché comme l’Italien DOXee, ou nos Français DOCSaas ou DATASyscom avec leurs nouvelles solutions de gestion documentaire en mode Saas. Ces solutions adressent-elles exactement les mêmes besoins que les solutions d’éditique hébergées sur site ? Quelles sont leurs promesses ? Nous adresserons ce volet lors d’un prochain article tout comme le besoin de penser « Hub de communication » dans le cadre d’une réflexion plus profonde et globale où il faut évaluer un ensemble de besoins, d’attentes, d’usages, de prospectives et y répondre en connaissance de cause avec des technologies variées car, soyons honnêtes, il n’existe pas de solution unique ou « tout en un » mais une kyrielle de solutions qui adressent chacune un domaine spécifique dont le moteur de composition dynamique de l’éditique fait partie intégrante.

Sefas_C Esteve3 par Corinne Estève Diemunsch, Présidente TikiBuzz, Créatrice du Blog DOCaufutur, l’avenir du document, Directeur Marketing et Communication Limonetik

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  1. Fabien VILLAREAL on 19 mars 2015 at 23 h 49 min said:

    L’éditique tend à se définir comme étant le produit d’opérations rationnelles d’une part et de décisions esthétiques d’autre part : serait-ce un art ?

    Le moteur de composition est un paradigme qui synthétise deux phénoménologie bien distincte :

    Dans l’hémisphère gauche les données, les variables, les paramètres et les contraintes économiques industrielles.

    Dans l’hémisphère droit le syntagme ou « la dite » « communication » que l’on décide d’adresser.

    Enfin, peut être comme objet du substrat :

    ce support papier 210 x 297mm accusant sur la balance 5 g (contrainte physique et économique et objet de toutes les rationalisations postales

    Ou bien l’écran d’un « device » familier et mobile qui nous accompagne.

    Cette activité « Editique n’est elle pas semblable à un art puisqu’elle procède :

    D’une élaboration fortement conceptuelle et rationnelle (impératifs économiques, prospectifs etc. d’une part.

    D’une volonté de séduction et donc esthéthique d’autre part (comme par exemple dans le transpromotionnel quadri ou l’infographie HTML5).

    Enfin d’un substrat qu’on peut délibérément appeler « message ».
    Lui-meme appréhendé par le récepteur (et investigué ou non).

  2. Coline on 20 mars 2015 at 9 h 10 min said:

    Merci Fabien pour ce superbe commentaire qui contribue à faire briller l’univers éditique.

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Editique, le retour aux sources ; recentrage sur sa vraie nature : la composition dynamique de documents, quel que soit le format de diffusion

Happy 1st mars, 2015

Lors de mes débuts dans la gestion documentaire et plus particulièrement dans l’éditique, Joseph Simon, alors Directeur Général de la société de Conseils en production de documents European Document Consulting, aujourd’hui Directeur Commercial Channel & Territory chez Open Text, m’a appris que lorsque que l’on parlait d’éditique, on parlait en fait de moteurs de composition dynamique de documents. Nous étions en 1999. Les plus connus étaient alors Aurora DS (Cincom), Doc1 (Groupe 1), Open Print (Sefas Technologies devenu plus tard Sefas Innovation), Edinat (Business document); puis sont arrivés de nouveaux outils comme Dialogue (aujourd’hui HPExstream après le rachat d’Exstream, l’éditeur, par HP en 2008), la suite KSL de Nalean, sans oublier ceux qui ont su se remettre en question et lancer de nouvelles solutions comme Cincom avec Eloquence, GMC avec Inspire, etc.

Entre temps l’éditique, dont le cœur était son moteur de composition dynamique dédié à la production de documents en grands volumes, est devenue, dans nos têtes, une machine à produire des documents au format papier. Normal, la vague de la dématérialisation n’est arrivée que plus tard avec la démocratisation de l’Internet. Mais la technologie pour produire des documents intelligents et lisibles quels que soient leurs supports de diffusion était déjà là ou presque.

Dès 2002, sous l’impulsion de Peter Livaudais alors PDG de SEFAS aujourd’hui Senior Director Solutions chez ParStream, l’éditeur lançait sa solution Front Office dédiée à la production unitaire, interactive, à la volée ; Exstream commençait à peine à déferler sur le marché hexagonal mais était déjà leader aux Etats-Unis. D’autres comme Edinat tenait déjà le haut du pavé pour la production unitaire, suite logique de la production de masse à des fins de rationalisation et d’optimisation postale. Tous les projets menés en ce temps étaient pilotés par un objectif financier : celui de la réduction des coûts d’affranchissement. L’image naturelle de l’éditique est donc d’être une technologie liée au papier et à la production de masse qui vise à réduire ou tout au moins à maîtriser les budgets de production documentaire.

CavemenNée sous une bonne étoile, l’éditique n’a pas su rajeunir son image

En prenant quelques raccourcis, l’éditique est née pour traiter et produire des documents en très grands volumes de manière industrielle mais surtout pour utiliser de manière optimale la page, certes, alors A4. Et comme cela était bel et bien une réalité, la communication transpromotionnelle est née, poussée par la couleur et les fournisseurs d’imprimantes industrielles, mais aussi par les besoins d’une communication client personnalisée et la réduction des coûts. Malheureusement pour elle de multiples contraintes ont freiné son développement et l’essor très rapide de la communication multicanale a pris le pas. La crise économique n’aidant pas, les organisations publiques et privées ont dû repenser leur production documentaire et nombreuses sont celles qui se sont laissées séduire par la dématérialisation, aidée de son côté par le gouvernement, les nouvelles réglementations, les atouts mêmes de la technologie, qui répondait nativement aux besoins financiers, de stockage, d’automatisation, de facilité des processus, etc.

cheers dogTel le phénix, l’éditique renaitra-t-elle de ses cendres ?

En interviewant quelques acteurs clés du métier de l’éditique, non pas des éditeurs mais ceux qui utilisent et mettent en place les solutions logicielles chez les utilisateurs, les clients, je fais référence aux intégrateurs, ceux-ci, après réflexion, adhérent complètement à l’idée que nous avons désormais retrouvé les lettres de noblesse de l’éditique. « Nous en sommes revenus aux fondamentaux du métier. Cependant, les années passant et la guerre menée au papier par les acteurs de la dématérialisation étant passée par là, le mot éditique est devenu « ringard, vieillot ». Pourtant, sa fonction de base de composition dynamique pour adresser tous les canaux de communication en s’adaptant aux contraintes de formats et de lecture est bien une réalité, ancrée, inébranlable » explique Pascal Lenoir, Directeur de Kalpa Conseils.

La génération Z de l’éditique sera ou l’éditique mourra !?!?

Pascal Lenoir« Non, bien sûr, la production de documents de masse a encore tout son sens. Mais un petit lifting s’impose dans la façon de présenter le cœur de métier et de penser l’éditique » tente de me persuader Pascal Lenoir.

 

Evelyne Maisonneuve_100Evelyne Maisonneuve, Directrice d’E.M.S, confirme cela en me disant elle aussi « Non, bien sûr ; comment l’organe vital d’un système de communication pourrait-il mourir ? La rationalisation des systèmes informatiques tout comme leur urbanisation de plus en plus nécessaires avec les briques qui ne cessent de répondre à des périmètres fonctionnels déterminés, poussent les entreprises à uniformiser leur processus de création de la communication. Le vrai pilote est tout de même encore le document quel que soit son mode de diffusion. Une création propre d’un document ne peut être faite qu’avec un outil dédié dont la vocation est de préparer la transformation ou l’adaptation de ce document à une diffusion multicanale sans avoir à tout repenser, tout refaire. Le document doit être pensé « Agile ». »

Le virage du numérique a été amorcé il y a maintenant quelques années et désormais les frontières entre les canaux de diffusion n’existent plus. Et si, dans ce contexte, nous trouvions à l’éditique -mot lancé par MIKROS au début des années 90- un nouveau nom, plus dynamique, moins poussiéreux et moins « collé » au document papier puisque, dans les termes, nous ne parlons plus de document ni de message mais de communication. Certains se sont laissés tenter par les grands concepts des analystes : le Customer communications management (CCM), l’Enterprise output management, l’Enterprise information management, et bien d’autres. OpenText se présente ainsi comme leader en Enterprise Information Management; l’Allemand Compart remonte dans la chaîne de valeur métier au niveau de l’Output Management, tout comme l’Autrichien Isis-Papyrus et le Canadien Objectif Lune sur d’autres axes métier.

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Nous n’avons pas évoqué ici les innovations en matière d’utilisation des softs eux-mêmes. Avec les nouveaux usages liés au Cloud Computing, des acteurs de nouvelle génération sont arrivés sur le marché comme l’Italien DOXee, ou nos Français DOCSaas ou DATASyscom avec leurs nouvelles solutions de gestion documentaire en mode Saas. Ces solutions adressent-elles exactement les mêmes besoins que les solutions d’éditique hébergées sur site ? Quelles sont leurs promesses ? Nous adresserons ce volet lors d’un prochain article tout comme le besoin de penser « Hub de communication » dans le cadre d’une réflexion plus profonde et globale où il faut évaluer un ensemble de besoins, d’attentes, d’usages, de prospectives et y répondre en connaissance de cause avec des technologies variées car, soyons honnêtes, il n’existe pas de solution unique ou « tout en un » mais une kyrielle de solutions qui adressent chacune un domaine spécifique dont le moteur de composition dynamique de l’éditique fait partie intégrante.

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