DSI, une profession en pleine mutation – DOCaufutur a interrogé trois experts pour connaître leur vision de l’avenir de ce métier

Network on Planet

Big Data, Cloud Computing, dématérialisation,… Les entreprises ont pris le virage du numérique et bouleversent par la même occasion la fonction de directeur des systèmes d’information. 

« On pourrait comparer un DSI à un chef d’orchestre. Autrefois, il devait diriger un quintet, aujourd’hui c’est plutôt un orchestre philarmonique. Même s’il doit connaître au minimum leur fonctionnement, il ne peut pas savoir jouer de tous les instruments » indique Laurent Flory, DSI de l’Université de Lyon.

L’informatique est en train de vivre une révolution complète qui se répercute dans la société et au sein de l’entreprise. Pour Laurent Maumet, CIO de SOITEC, « le DSI doit faire face à trois principales évolutions : la mobilité, le cloud et les social medias ». L’une des fonctions principales du DSI était d’acheter des serveurs et de faire en sorte qu’ils fonctionnent au quotidien. Avec l’arrivée du Cloud, cette part du métier va disparaître. La profession sera donc redéfinie.

Pour Jean-Pascal Perrein, Président du 3org mentorat, « les DSI qui peuvent se donner le potentiel d’évoluer se transformeront en ‘‘centre d’offre de services riche’’ ». Jean-Pascal Perrein entend par cette expression, l’implémentation d’une architecture des services capable de composer avec du marketing, du conseil, de la formation tout en packageant des offres techniques (internes ou externes incluant le Cloud) pour proposer la meilleure solution à ses clients. Laurent Maumet parle de valeur ajoutée. Il s’agit d’apporter son œil d’expert pour comparer, évaluer et budgéter les nouveaux outils qui seront les plus à même de répondre aux problématiques de son entreprise. Pour Laurent Flory, « la complexité croissante des interfaces, des exigences métiers, des technologies, des design des sites web et des concepts renforce notre rôle central. Il s’agit également de travailler en bonne intelligence avec les autres services tels que les finances ou les RH  ». 

Le DSI doit « driver » les innovations technologiques

Engineering designing« Et même si les salariés sont de plus en plus éduqués aux nouveaux outils informatiques, le DSI doit driver cette innovation et toujours avoir un coup d’avance pour rester le référant » précise t-il. Laurent Flory insiste sur l’agilité dont doit faire preuve le DSI : « Tous les cinq ans, 80% de ce que l’on connaît change. La veille ne peut pas tout couvrir, il faut donc savoir accepter qu’on ne connaît pas tout et qu’il y a d’autres personnes dans l’entreprise qui savent et avec qui il faut travailler ». Jean-Pascal Perrein va même plus loin avec un regard sur l’information de l’entreprise. Pour le Président de 3org, le DSI doit continuer à gérer les flux de données en s’appuyant sur un homologue solide qui gouvernerait les informations métier. « Il ne peut pas et ne doit pas porter toute la transversalité du flux d’information seul, d’autres fonctions ou rôles doivent prendre le relai sur ce sujet, je pense notamment à une instance  de gouvernance de l’information, au Chief data officer, ou Chief digital Officer,  ».

Malgré tous les changements technologiques, le rôle du DSI reste le même : créer de la valeur ajoutée au service du business pour son organisation en utilisant les outils informatiques. Son défi sera de se concentrer plus sur la stratégie et moins sur l’opérationnel, en étant un chef d’orchestre consciencieux.

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DSI, une profession en pleine mutation – DOCaufutur a interrogé trois experts pour connaître leur vision de l’avenir de ce métier

Network on Planet 1st février, 2015

Big Data, Cloud Computing, dématérialisation,… Les entreprises ont pris le virage du numérique et bouleversent par la même occasion la fonction de directeur des systèmes d’information. 

« On pourrait comparer un DSI à un chef d’orchestre. Autrefois, il devait diriger un quintet, aujourd’hui c’est plutôt un orchestre philarmonique. Même s’il doit connaître au minimum leur fonctionnement, il ne peut pas savoir jouer de tous les instruments » indique Laurent Flory, DSI de l’Université de Lyon.

L’informatique est en train de vivre une révolution complète qui se répercute dans la société et au sein de l’entreprise. Pour Laurent Maumet, CIO de SOITEC, « le DSI doit faire face à trois principales évolutions : la mobilité, le cloud et les social medias ». L’une des fonctions principales du DSI était d’acheter des serveurs et de faire en sorte qu’ils fonctionnent au quotidien. Avec l’arrivée du Cloud, cette part du métier va disparaître. La profession sera donc redéfinie.

Pour Jean-Pascal Perrein, Président du 3org mentorat, « les DSI qui peuvent se donner le potentiel d’évoluer se transformeront en ‘‘centre d’offre de services riche’’ ». Jean-Pascal Perrein entend par cette expression, l’implémentation d’une architecture des services capable de composer avec du marketing, du conseil, de la formation tout en packageant des offres techniques (internes ou externes incluant le Cloud) pour proposer la meilleure solution à ses clients. Laurent Maumet parle de valeur ajoutée. Il s’agit d’apporter son œil d’expert pour comparer, évaluer et budgéter les nouveaux outils qui seront les plus à même de répondre aux problématiques de son entreprise. Pour Laurent Flory, « la complexité croissante des interfaces, des exigences métiers, des technologies, des design des sites web et des concepts renforce notre rôle central. Il s’agit également de travailler en bonne intelligence avec les autres services tels que les finances ou les RH  ». 

Le DSI doit « driver » les innovations technologiques

Engineering designing« Et même si les salariés sont de plus en plus éduqués aux nouveaux outils informatiques, le DSI doit driver cette innovation et toujours avoir un coup d’avance pour rester le référant » précise t-il. Laurent Flory insiste sur l’agilité dont doit faire preuve le DSI : « Tous les cinq ans, 80% de ce que l’on connaît change. La veille ne peut pas tout couvrir, il faut donc savoir accepter qu’on ne connaît pas tout et qu’il y a d’autres personnes dans l’entreprise qui savent et avec qui il faut travailler ». Jean-Pascal Perrein va même plus loin avec un regard sur l’information de l’entreprise. Pour le Président de 3org, le DSI doit continuer à gérer les flux de données en s’appuyant sur un homologue solide qui gouvernerait les informations métier. « Il ne peut pas et ne doit pas porter toute la transversalité du flux d’information seul, d’autres fonctions ou rôles doivent prendre le relai sur ce sujet, je pense notamment à une instance  de gouvernance de l’information, au Chief data officer, ou Chief digital Officer,  ».

Malgré tous les changements technologiques, le rôle du DSI reste le même : créer de la valeur ajoutée au service du business pour son organisation en utilisant les outils informatiques. Son défi sera de se concentrer plus sur la stratégie et moins sur l’opérationnel, en étant un chef d’orchestre consciencieux.

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