Mandaté par le Ministère de la Justice britannique, Iron Mountain archive et met en ligne 41 millions de testaments

Boxer 361

De l’auteur de l’époque victorienne, Charles Dickens, à Alan Turing, qui a cassé le code Enigma de la 2de Guerre mondiale, 41 millions de testaments anglais et gallois numérisés peuvent désormais être commandés en ligne

Les testaments manuscrits ou soigneusement tapés de six générations d’hommes et de femmes britanniques et gallois peuvent dorénavant être commandés par voie électronique. Les plus anciens datent de 1858. Y figurent les dernières volontés de personnalités parmi les plus influentes du 19ème et du 20èmesiècle, scientifiques, explorateurs, auteurs et compositeurs. Ces testaments révèlent des amitiés et fidélités de toute une vie, mais aussi le chagrin ou bien la joie des dernières années de vie.

Image Alan Turing, le mathématicien et cryptologue qui a cassé le code Enigma, est mort d’un empoisonnement au cyanure en 1954 à l’âge de 41 ans. Il a laissé un court testament demandant à ce que ses biens soient partagés équitablement entre sa mère et un groupe de collègues qu’il chérissait. Michael Faraday, un autre scientifique célèbre pour ses découvertes dans le domaine de l’électromagnétisme, mort en 1867, a laissé un long testament truffé de références à sa « chère épouse » où il liste de nombreux legs qu’il présente « comme des marques d’affection à tous ceux qui lui ont été proches au cours de sa vie ».

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Le compositeur de musique classique, Sir Edward Elgar, a rédigé un nouveau testament en 1925, quelques années après la mort de sa tendre épouse Alice, alors qu’il peinait à composer à nouveau. Dès le début, son testament est empreint d’une grande tristesse qu’il relie « …à l’incapacité soudaine de produire quoi que ce soit d’artistique et de commercial… »

Thomas Edward Lawrence, plus connu sous le nom de Lawrence d’Arabie, avait nommé deux légataires, son frère à qui il fait don de ses biens et un ami à qui il cède ses propriétés. Les dernières volontés de l’explorateur de l’Antarctique, Ernest Shackleton, qui a succombé à un infarctus en Antarctique en 1922, se résument à un seul paragraphe où il lègue tout à son épouse.

Le romancier de l’époque victorienne, Charles Dickens, à qui l’on doit quelques-uns des personnages de fiction les plus illustres, et notamment celui universellement connu de ses chants de Noël, Ebenezer Scrooge, a laissé un testament rédigé de sa main, dans une élégante écriture cursive quasi illisible pour un lecteur moderne.

Anticipant l’impact que leur héritage aurait peut-être sur le public, beaucoup ont tenu à inclure des instructions concernant leurs documents privés. L’écrivain George Orwell, mort en 1950, a insisté pour que tous ses documents soient conservés, toutes ses notes, ses manuscrits, ses pamphlets, ses coupures de presse, etc. A l’opposé, l’économiste John Keynes, décédé en 1946, voulait que ses papiers personnels et ses manuscrits non publiés soient détruits.

Le créateur de Winnie l’Ourson, Alan Alexander Milne, mort en 1956, a légué une part de ses futures royalties et de ses droits d’auteur à son club londonien préféré et à la Westminster School.

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Marc Delhaie, PDG d’Iron Mountain France et Suisse, commente l’initiative :

« Cette phase du travail avec les services de justice de Sa Majesté marque une étape significative de notre volonté de proposer des services en ligne. Le volume d’archives est impressionnant. Chacun des 41 millions de testaments archivés est un précieux document historique qui renseigne sur le vécu des générations passées. Ces écrits nous donnent à voir ces individus dans leur rôle de père, mère, ami ou collègue. C’est une bonne chose que quiconque souhaite en savoir plus sur l’histoire de sa famille ait accès en ligne à ces testaments.

« Pour le public, partout dans le monde, c’est un moyen de se rapprocher de ses ancêtres. Et à la simplicité d’accès permise par la technologie s’ajoute la qualité de préservation des documents papier originaux. Ceux-ci vont être conservés pour les générations futures dans un environnement sûr, à la température contrôlée. « 

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Voici ce qu’en dit Shailesh Vara, la secrétaire d’État à la Justice chargée des tribunaux :

« Ce projet fascinant est une vraie mine d’information sur les êtres ordinaires et extraordinaires qui ont fait de ce pays et du monde entier ce qu’ils sont aujourd’hui.

C’est une ressource fantastique, pour les historiens des familles, mais aussi pour quiconque s’intéresse à l’histoire de la société ou aux figures emblématiques.

Je suis ravie que les tribunaux de ce pays soient les chefs de file de cette innovation et qu’ils participent à la modernisation du service public pour le rendre plus efficace. »

La publication en ligne de ces testaments suit la numérisation en 2013 des dernières volontés de 278 000 soldats de la première guerre mondiale, dans le cadre du même contrat de 25 ans qui lie les services de justice et les tribunaux anglais et le spécialiste des services de conservation et de gestion de l’information, Iron Mountain.

Iron Mountain est mandaté par les tribunaux anglais pour stocker et préserver tous les testaments et les lettres d’homologation anglais et gallois jusqu’à 1858.

Il sera possible dorénavant de commander un testament spécifique en ligne et d’en obtenir une copie électronique sous 10 jours ouvrés.

Pour 10 livres sterling, le public peut commander des exemplaires numérisés de testaments recensés sur : www.gov.uk/wills-probate-inheritance/searching-for-probate-records.

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Mandaté par le Ministère de la Justice britannique, Iron Mountain archive et met en ligne 41 millions de testaments

Boxer 361 15th janvier, 2015

De l’auteur de l’époque victorienne, Charles Dickens, à Alan Turing, qui a cassé le code Enigma de la 2de Guerre mondiale, 41 millions de testaments anglais et gallois numérisés peuvent désormais être commandés en ligne

Les testaments manuscrits ou soigneusement tapés de six générations d’hommes et de femmes britanniques et gallois peuvent dorénavant être commandés par voie électronique. Les plus anciens datent de 1858. Y figurent les dernières volontés de personnalités parmi les plus influentes du 19ème et du 20èmesiècle, scientifiques, explorateurs, auteurs et compositeurs. Ces testaments révèlent des amitiés et fidélités de toute une vie, mais aussi le chagrin ou bien la joie des dernières années de vie.

Image Alan Turing, le mathématicien et cryptologue qui a cassé le code Enigma, est mort d’un empoisonnement au cyanure en 1954 à l’âge de 41 ans. Il a laissé un court testament demandant à ce que ses biens soient partagés équitablement entre sa mère et un groupe de collègues qu’il chérissait. Michael Faraday, un autre scientifique célèbre pour ses découvertes dans le domaine de l’électromagnétisme, mort en 1867, a laissé un long testament truffé de références à sa « chère épouse » où il liste de nombreux legs qu’il présente « comme des marques d’affection à tous ceux qui lui ont été proches au cours de sa vie ».

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Le compositeur de musique classique, Sir Edward Elgar, a rédigé un nouveau testament en 1925, quelques années après la mort de sa tendre épouse Alice, alors qu’il peinait à composer à nouveau. Dès le début, son testament est empreint d’une grande tristesse qu’il relie « …à l’incapacité soudaine de produire quoi que ce soit d’artistique et de commercial… »

Thomas Edward Lawrence, plus connu sous le nom de Lawrence d’Arabie, avait nommé deux légataires, son frère à qui il fait don de ses biens et un ami à qui il cède ses propriétés. Les dernières volontés de l’explorateur de l’Antarctique, Ernest Shackleton, qui a succombé à un infarctus en Antarctique en 1922, se résument à un seul paragraphe où il lègue tout à son épouse.

Le romancier de l’époque victorienne, Charles Dickens, à qui l’on doit quelques-uns des personnages de fiction les plus illustres, et notamment celui universellement connu de ses chants de Noël, Ebenezer Scrooge, a laissé un testament rédigé de sa main, dans une élégante écriture cursive quasi illisible pour un lecteur moderne.

Anticipant l’impact que leur héritage aurait peut-être sur le public, beaucoup ont tenu à inclure des instructions concernant leurs documents privés. L’écrivain George Orwell, mort en 1950, a insisté pour que tous ses documents soient conservés, toutes ses notes, ses manuscrits, ses pamphlets, ses coupures de presse, etc. A l’opposé, l’économiste John Keynes, décédé en 1946, voulait que ses papiers personnels et ses manuscrits non publiés soient détruits.

Le créateur de Winnie l’Ourson, Alan Alexander Milne, mort en 1956, a légué une part de ses futures royalties et de ses droits d’auteur à son club londonien préféré et à la Westminster School.

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Marc Delhaie, PDG d’Iron Mountain France et Suisse, commente l’initiative :

« Cette phase du travail avec les services de justice de Sa Majesté marque une étape significative de notre volonté de proposer des services en ligne. Le volume d’archives est impressionnant. Chacun des 41 millions de testaments archivés est un précieux document historique qui renseigne sur le vécu des générations passées. Ces écrits nous donnent à voir ces individus dans leur rôle de père, mère, ami ou collègue. C’est une bonne chose que quiconque souhaite en savoir plus sur l’histoire de sa famille ait accès en ligne à ces testaments.

« Pour le public, partout dans le monde, c’est un moyen de se rapprocher de ses ancêtres. Et à la simplicité d’accès permise par la technologie s’ajoute la qualité de préservation des documents papier originaux. Ceux-ci vont être conservés pour les générations futures dans un environnement sûr, à la température contrôlée. « 

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Voici ce qu’en dit Shailesh Vara, la secrétaire d’État à la Justice chargée des tribunaux :

« Ce projet fascinant est une vraie mine d’information sur les êtres ordinaires et extraordinaires qui ont fait de ce pays et du monde entier ce qu’ils sont aujourd’hui.

C’est une ressource fantastique, pour les historiens des familles, mais aussi pour quiconque s’intéresse à l’histoire de la société ou aux figures emblématiques.

Je suis ravie que les tribunaux de ce pays soient les chefs de file de cette innovation et qu’ils participent à la modernisation du service public pour le rendre plus efficace. »

La publication en ligne de ces testaments suit la numérisation en 2013 des dernières volontés de 278 000 soldats de la première guerre mondiale, dans le cadre du même contrat de 25 ans qui lie les services de justice et les tribunaux anglais et le spécialiste des services de conservation et de gestion de l’information, Iron Mountain.

Iron Mountain est mandaté par les tribunaux anglais pour stocker et préserver tous les testaments et les lettres d’homologation anglais et gallois jusqu’à 1858.

Il sera possible dorénavant de commander un testament spécifique en ligne et d’en obtenir une copie électronique sous 10 jours ouvrés.

Pour 10 livres sterling, le public peut commander des exemplaires numérisés de testaments recensés sur : www.gov.uk/wills-probate-inheritance/searching-for-probate-records.

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