Quels métiers pour la génération Z ? Une enquête Docaufutur, l’avenir du document

La génération Y est à l’œuvre. Sur le pont. Si ses métiers sont connus, il est difficile de savoir sur quoi va travailler sa descendance, en l’occurrence la génération Z. Pour cette tranche de la société née avec la souris informatique à la main et le Smartphone collé à l’oreille, de nouveaux jobs vont certainement voir le jour, adaptation au digital oblige. Comment vont-ils se comporter dans l’entreprise ? Réflexions sur une problématique qui occupe de plus en plus une place importante dans la doxa.

Le travail étant une des valeurs centrales de notre société, il est important et même incontournable de réfléchir sur l’entrée de nos héritiers dans la vie active. Si nous leur léguons un monde où le chômage est omniprésent, planchons, à tout le moins, sur quels métiers ils travailleront demain et comment ils se comporteront dans la vie active. Cela est d’autant plus important qu’il s’agit d’une population spécifique, avec ses codes, ses usages et ses pratiques. Déjà, avant elle, la génération Y nous a, en guise d’avant-goût, poussé à nous intéresser à son modus operandi. Où l’on apprend qu’elle a son approche particulière du travail, différente de celle de ses ascendants. Des études conduites ici et là ont montré que ces jeunes s’adaptaient facilement aux métiers de leurs aînés tout en ayant une préférence pour de nouvelles tâches : responsable marketing digital, web master, etc. Quand ils ne tournent pas radicalement le dos à ces fonctions conventionnelles pour e mbrasser l’inattendu, et passer d’un métier à un autre à différentes périodes de leurs vies.

Génération Y, télécommande, lien hypertexte et Slashers

IMG_4347Le cas de Damien Schmitz est, à ce titre, révélateur. Ingénieur et centralien, il est sorti des sentiers battus en rejetant le chemin classique, celui d’un cadre consultant en stratégie, par exemple. Pour se lancer dans la réalisation d’un Fast Food. Ainsi est née la marque Our, un chiche Kebab de luxe (cf. interview). Face à un système grippé, le modèle d’une réussite scolaire impliquant un rayonnement professionnel garanti montre ses limites. Cette promesse non tenue nous pousse à innover d’autant que la peur de s’enfermer pendant tout un parcours professionnel dans la même fonction apparaît comme une motivation fondamentale pour s’offrir de nouveaux horizons. « Moi qui suis né avec la télécommande à la main et le lien hypertexte comme clé d’ouverture à des mondes inconnus, pourquoi ne pas changer plusieurs fois de profession dans une vie,» s’interroge le patron de l’enseigne Our.

Happy cartoon business people working on officeD’un modèle hiérarchique à une logique relationnelle

Observateur de ces changements insidieusement à l’œuvre dans notre société actuelle, Djamel Souami, délégué général de l’Union des Directeurs de l’Assurance et de la Prévoyance (UDAP) reconnaît cette nouvelle race, celle des Slashers, « née avec la génération Y. Leur vie est émaillée de plusieurs métiers. Les membres de cette colonie naissante n’hésitent pas à consacrer leur plan de charge hebdomadaire à différentes professions, classiques et innovantes. Ils passent de consultant en stratégie digitale à musicien professionnel, par exemple. La génération Z pourrait accentuer davantage un tel zapping. Résultat : le management de l’entreprise devra en tenir compte s’il veut les séduire ; en tout cas, il devra adapter son organisation en conséquence. Il s’agira surtout de passer d’un mode hiérarchique vers une logique relationnelle ». L’Udap prend au sérieux cette nouvelle donne au point qu’elle y réfléchit (cf. interview). Des universitaires y travaillent également. Ainsi, Chantal Morley, professeur, et Marie Bia-Figueiredo, maître de conférences à l’Institut Télécom & Management Sud Paris (Evry) ont conduit une étude sur le thème « Génération Y et pratiques de management des projets SI ». Réalisée dans le cadre du Programme international de recherche « Information Systems Dynamics » du Cigref, cette enquête apporte différents enseignements sur la base de trois cas suivis : pas de rejet du cadre normatif de la part de la génération Y mais des appropriations différentes en fonction de l’enjeu perçu comme majeur ; les outils utilisés dans la vie privée ne sont pas perçus comme devant être spontanément importés dans la vie des projets ; la logique participative est présente même si elle s’inscrit dans une hiérarchie et des rôles ; l’autonomie et la capacité de se débrouiller sont des valeurs promues au sein de l’équipe ; la frontière entre vies privée et professionnelle semble respectée. On le voit, cette génération Y s’adapte, quoi qu’il en soit, dans un monde du travail que beaucoup jugent hostile à ses yeux. Quid de celle dite Z ? Dans quels métiers travaillera-t-elle ?

GénérationsUn hiatus entre Y et Z ou l’art et la manière de présenter les messages

Difficile aujourd’hui de se prononcer. Une certitude, de nouveaux métiers vont voir le jour mais comment savoir de quoi il s’agira ? Selon le blog www.generation-z.fr, « 2/3 des écoliers de maternelle occuperont des emplois qui n’existent pas encore aujourd’hui. Déjà en 2010, aucun des métiers porteurs n’existaient 6 ans plus tôt. Pire, lors des études, un étudiant qui débute en 1ère année verra la moitié de ce qu’il apprend dépassée deux ans plus tard… ». Comment alors cerner leur comportement futur au travail ? Une des astuces consiste à caractériser cette nouvelle tranche de la population montante en vue de mieux la connaître et donc d’imaginer ses pratiques dans le monde professionnel de demain. Selon Elvire del Fondo, dirigeante d’Audigny Consulting & Formation, organisme chargé de former justement, entre autres, cette tranche de la population aux arts graphiques (PAO, impression, vente, qualité, papier…), « les jeunes qui arrivent actuellement sur le marché du travail sont plutôt proche de la génération Y. Pour autant, des nuances sont à opérer. Nés avec la souris informatique, ils sont relativement autocentrés : ils parlent d’eux sur les réseaux sociaux, se font des Selfies. En fait, ils se créent un monde propre à eux, différent du nôtre. Professionnellement, il faudra adapter la vie active à cette réalité car je ne les vois pas s’ouvrir massivement aux autres. » Pendant de leur vie dans un univers clos, ils sont pourtant débordant de créativité et d’enthousiasme ; « selon eux, les limites doivent être toujours repoussées, quitte à casser les codes existants et réinventer tout », renchérit la spécialiste en formation. Ajouté à cela un affect fort prononcé sachant qu’il faut leur dire tout ou presque en mode affectif, et un refus de l’autorité, vous obtenez une nouvelle race à prendre avec des pincettes dans l’entreprise. « Ce qui va changer entre les générations Y et Z, ce n’est pas tant le contenu du message mais l’art et la manière de le présenter ; les premiers ont tendance à considérer leurs patrons pour de véritables potes », observe Elvire del Fondo. Pour cette dernière, leur avenir au travail passe par une organisation nouvelle qui fasse abstraction entre vies privée et professionnelle là où la génération Y a tendance à protéger son territoire intime.

Consciente de la force du témoignage de cette génération difficilement contrôlable, Elvire del Fondo a volontiers créé les conditions d’un dialogue fructueux entre la rédaction de Docaufutur et certains de ses élèves. Où l’on a appris que le monde de demain reste incertain pour eux malgré les avancées technologiques. Le travail devient une denrée rare ; et si certains parmi eux opteront volontiers pour le modèle Slasher, d’autres s’attacheront mordicus à leur carrière. Avec pour seul argument de changement, l’appât du gain.

Communication multicanal-300Loin d’être clémente avec cette fameuse génération… oméga, Evelyne Maisonneuve, s’efforce de comprendre… Au quotidien, elle les observe dans leur environnement professionnel. « Ils aiment et veulent s’impliquer surtout dans ce qu’ils préfèrent, défendent leur liberté et leurs droits. Ils restent attachés à la famille sans pour autant reproduire son modèle. Témoin le travail acharné de leurs parents ne les attire pas outre-mesure ». Pour cette gérante de la société E.M.S spécialisée dans l’intégration des composants permettant d’agir sur la diffusion de la communication à travers différents canaux, la présence de cette génération dans les métiers de l’informatique de demain se recentre plutôt sur les fonctions Web. « Quand ils arrivent dans le monde du travail après de longues études, il est toutefois nécessaire de les accompagner… Les chefs d’entreprises le savent parfaitement, il s’agit là de l’un de nos rôles. Les formations sont souvent décalées mais n’est ce pas concrètement le constat que nous faisons depuis plusieurs générations !», juge-t-elle.

On the phoneQuelles solutions pour les aider à s’améliorer ? Evelyne Maisonneuve en voit une radicale qu’elle annonce avec humour : « limiter l’accès aux outils qui les maintiennent en permanence en relation avec le mode extérieur à l’entreprise (GSM, Web, messageries). Les perturbations extérieures sont facilitées et arrivent donc en masse. Chacun y consacre un temps qu’il n’est parfois même pas possible de mesurer puisque nous le faisons –nous aussi- sans véritable conscience ». En contre-point de ce tableau, cette dirigeante leur trouve des points plus forts que les générations précédentes : « une bonne technicité, une grande ouverture à l’échange ». A l’arrivée, le potentiel est souvent là, mais il faut l’accompagner assidûment dans l’entreprise, tenir compte du flou entre leurs vies privées et professionnelles qui grignotent l’une sur l’autre. Et accepter parfois de fermer les yeux sur des pratiques encore inacceptables comme, par exemple, envoyer des textos en pleine réunion. Des concessions qui vont certainement transformer le management et s’adaptent moins à certains métiers exigeant toute l’attention d’un collaborateur. Corollaire, la génération Z serait plutôt indiquée pour certaines fonctions. L’avenir le dira.

Relation clientEn attendant, le mode collaboratif semble donc être le fil conducteur du monde digital. En clair, beaucoup de fonctions des jeunes de demain devront être imaginées avec eux. «  Il faudra inciter la collaboration entre les digital natives et les « sexygénaires », a lancé Jean-Pierre Corniou, DGA de SIA Partners lors des travaux du Comité Scientifique et Pédagogique de l’EMSI qui s’étaient déroulés le 18 novembre 2013 dans les nouveaux locaux parisiens de Grenoble Ecole de Management. Dans le même cadre, Jean-Philippe Solvay de cet établissementa estimé qu’il « faut apprendre aux jeunes à imaginer le futur ». Un futur où il est nécessaire d’apprendre « à adapter la pédagogie car étant nés avec le web, les jeunes ont appris à communiquer autrement. En entrant à l’Ecole, ils ont des pratiques qu’il faut faire évoluer vers des pratiques professionnelles », selon Renaud Cornu-Emieux, directeur de l’EMSI. Les derniers mots reviendront ici à Fabienne Bollendorff, Executive Team HP France pour qui « les jeunes intègrent l’entreprise avec un comportement « consumer » ; et à Bruno Brocheton, CIO d’Euro Disney : « Les derniers sortis de l’école en savent parfois plus que les membres des comex ». D’où la nécessité d’un management revisité, tout particulièrement dans le monde de la technologie y compris celui du document du futur dont les métiers restent à inventer.

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Quels métiers pour la génération Z ? Une enquête Docaufutur, l’avenir du document

1st septembre, 2014

La génération Y est à l’œuvre. Sur le pont. Si ses métiers sont connus, il est difficile de savoir sur quoi va travailler sa descendance, en l’occurrence la génération Z. Pour cette tranche de la société née avec la souris informatique à la main et le Smartphone collé à l’oreille, de nouveaux jobs vont certainement voir le jour, adaptation au digital oblige. Comment vont-ils se comporter dans l’entreprise ? Réflexions sur une problématique qui occupe de plus en plus une place importante dans la doxa.

Le travail étant une des valeurs centrales de notre société, il est important et même incontournable de réfléchir sur l’entrée de nos héritiers dans la vie active. Si nous leur léguons un monde où le chômage est omniprésent, planchons, à tout le moins, sur quels métiers ils travailleront demain et comment ils se comporteront dans la vie active. Cela est d’autant plus important qu’il s’agit d’une population spécifique, avec ses codes, ses usages et ses pratiques. Déjà, avant elle, la génération Y nous a, en guise d’avant-goût, poussé à nous intéresser à son modus operandi. Où l’on apprend qu’elle a son approche particulière du travail, différente de celle de ses ascendants. Des études conduites ici et là ont montré que ces jeunes s’adaptaient facilement aux métiers de leurs aînés tout en ayant une préférence pour de nouvelles tâches : responsable marketing digital, web master, etc. Quand ils ne tournent pas radicalement le dos à ces fonctions conventionnelles pour e mbrasser l’inattendu, et passer d’un métier à un autre à différentes périodes de leurs vies.

Génération Y, télécommande, lien hypertexte et Slashers

IMG_4347Le cas de Damien Schmitz est, à ce titre, révélateur. Ingénieur et centralien, il est sorti des sentiers battus en rejetant le chemin classique, celui d’un cadre consultant en stratégie, par exemple. Pour se lancer dans la réalisation d’un Fast Food. Ainsi est née la marque Our, un chiche Kebab de luxe (cf. interview). Face à un système grippé, le modèle d’une réussite scolaire impliquant un rayonnement professionnel garanti montre ses limites. Cette promesse non tenue nous pousse à innover d’autant que la peur de s’enfermer pendant tout un parcours professionnel dans la même fonction apparaît comme une motivation fondamentale pour s’offrir de nouveaux horizons. « Moi qui suis né avec la télécommande à la main et le lien hypertexte comme clé d’ouverture à des mondes inconnus, pourquoi ne pas changer plusieurs fois de profession dans une vie,» s’interroge le patron de l’enseigne Our.

Happy cartoon business people working on officeD’un modèle hiérarchique à une logique relationnelle

Observateur de ces changements insidieusement à l’œuvre dans notre société actuelle, Djamel Souami, délégué général de l’Union des Directeurs de l’Assurance et de la Prévoyance (UDAP) reconnaît cette nouvelle race, celle des Slashers, « née avec la génération Y. Leur vie est émaillée de plusieurs métiers. Les membres de cette colonie naissante n’hésitent pas à consacrer leur plan de charge hebdomadaire à différentes professions, classiques et innovantes. Ils passent de consultant en stratégie digitale à musicien professionnel, par exemple. La génération Z pourrait accentuer davantage un tel zapping. Résultat : le management de l’entreprise devra en tenir compte s’il veut les séduire ; en tout cas, il devra adapter son organisation en conséquence. Il s’agira surtout de passer d’un mode hiérarchique vers une logique relationnelle ». L’Udap prend au sérieux cette nouvelle donne au point qu’elle y réfléchit (cf. interview). Des universitaires y travaillent également. Ainsi, Chantal Morley, professeur, et Marie Bia-Figueiredo, maître de conférences à l’Institut Télécom & Management Sud Paris (Evry) ont conduit une étude sur le thème « Génération Y et pratiques de management des projets SI ». Réalisée dans le cadre du Programme international de recherche « Information Systems Dynamics » du Cigref, cette enquête apporte différents enseignements sur la base de trois cas suivis : pas de rejet du cadre normatif de la part de la génération Y mais des appropriations différentes en fonction de l’enjeu perçu comme majeur ; les outils utilisés dans la vie privée ne sont pas perçus comme devant être spontanément importés dans la vie des projets ; la logique participative est présente même si elle s’inscrit dans une hiérarchie et des rôles ; l’autonomie et la capacité de se débrouiller sont des valeurs promues au sein de l’équipe ; la frontière entre vies privée et professionnelle semble respectée. On le voit, cette génération Y s’adapte, quoi qu’il en soit, dans un monde du travail que beaucoup jugent hostile à ses yeux. Quid de celle dite Z ? Dans quels métiers travaillera-t-elle ?

GénérationsUn hiatus entre Y et Z ou l’art et la manière de présenter les messages

Difficile aujourd’hui de se prononcer. Une certitude, de nouveaux métiers vont voir le jour mais comment savoir de quoi il s’agira ? Selon le blog www.generation-z.fr, « 2/3 des écoliers de maternelle occuperont des emplois qui n’existent pas encore aujourd’hui. Déjà en 2010, aucun des métiers porteurs n’existaient 6 ans plus tôt. Pire, lors des études, un étudiant qui débute en 1ère année verra la moitié de ce qu’il apprend dépassée deux ans plus tard… ». Comment alors cerner leur comportement futur au travail ? Une des astuces consiste à caractériser cette nouvelle tranche de la population montante en vue de mieux la connaître et donc d’imaginer ses pratiques dans le monde professionnel de demain. Selon Elvire del Fondo, dirigeante d’Audigny Consulting & Formation, organisme chargé de former justement, entre autres, cette tranche de la population aux arts graphiques (PAO, impression, vente, qualité, papier…), « les jeunes qui arrivent actuellement sur le marché du travail sont plutôt proche de la génération Y. Pour autant, des nuances sont à opérer. Nés avec la souris informatique, ils sont relativement autocentrés : ils parlent d’eux sur les réseaux sociaux, se font des Selfies. En fait, ils se créent un monde propre à eux, différent du nôtre. Professionnellement, il faudra adapter la vie active à cette réalité car je ne les vois pas s’ouvrir massivement aux autres. » Pendant de leur vie dans un univers clos, ils sont pourtant débordant de créativité et d’enthousiasme ; « selon eux, les limites doivent être toujours repoussées, quitte à casser les codes existants et réinventer tout », renchérit la spécialiste en formation. Ajouté à cela un affect fort prononcé sachant qu’il faut leur dire tout ou presque en mode affectif, et un refus de l’autorité, vous obtenez une nouvelle race à prendre avec des pincettes dans l’entreprise. « Ce qui va changer entre les générations Y et Z, ce n’est pas tant le contenu du message mais l’art et la manière de le présenter ; les premiers ont tendance à considérer leurs patrons pour de véritables potes », observe Elvire del Fondo. Pour cette dernière, leur avenir au travail passe par une organisation nouvelle qui fasse abstraction entre vies privée et professionnelle là où la génération Y a tendance à protéger son territoire intime.

Consciente de la force du témoignage de cette génération difficilement contrôlable, Elvire del Fondo a volontiers créé les conditions d’un dialogue fructueux entre la rédaction de Docaufutur et certains de ses élèves. Où l’on a appris que le monde de demain reste incertain pour eux malgré les avancées technologiques. Le travail devient une denrée rare ; et si certains parmi eux opteront volontiers pour le modèle Slasher, d’autres s’attacheront mordicus à leur carrière. Avec pour seul argument de changement, l’appât du gain.

Communication multicanal-300Loin d’être clémente avec cette fameuse génération… oméga, Evelyne Maisonneuve, s’efforce de comprendre… Au quotidien, elle les observe dans leur environnement professionnel. « Ils aiment et veulent s’impliquer surtout dans ce qu’ils préfèrent, défendent leur liberté et leurs droits. Ils restent attachés à la famille sans pour autant reproduire son modèle. Témoin le travail acharné de leurs parents ne les attire pas outre-mesure ». Pour cette gérante de la société E.M.S spécialisée dans l’intégration des composants permettant d’agir sur la diffusion de la communication à travers différents canaux, la présence de cette génération dans les métiers de l’informatique de demain se recentre plutôt sur les fonctions Web. « Quand ils arrivent dans le monde du travail après de longues études, il est toutefois nécessaire de les accompagner… Les chefs d’entreprises le savent parfaitement, il s’agit là de l’un de nos rôles. Les formations sont souvent décalées mais n’est ce pas concrètement le constat que nous faisons depuis plusieurs générations !», juge-t-elle.

On the phoneQuelles solutions pour les aider à s’améliorer ? Evelyne Maisonneuve en voit une radicale qu’elle annonce avec humour : « limiter l’accès aux outils qui les maintiennent en permanence en relation avec le mode extérieur à l’entreprise (GSM, Web, messageries). Les perturbations extérieures sont facilitées et arrivent donc en masse. Chacun y consacre un temps qu’il n’est parfois même pas possible de mesurer puisque nous le faisons –nous aussi- sans véritable conscience ». En contre-point de ce tableau, cette dirigeante leur trouve des points plus forts que les générations précédentes : « une bonne technicité, une grande ouverture à l’échange ». A l’arrivée, le potentiel est souvent là, mais il faut l’accompagner assidûment dans l’entreprise, tenir compte du flou entre leurs vies privées et professionnelles qui grignotent l’une sur l’autre. Et accepter parfois de fermer les yeux sur des pratiques encore inacceptables comme, par exemple, envoyer des textos en pleine réunion. Des concessions qui vont certainement transformer le management et s’adaptent moins à certains métiers exigeant toute l’attention d’un collaborateur. Corollaire, la génération Z serait plutôt indiquée pour certaines fonctions. L’avenir le dira.

Relation clientEn attendant, le mode collaboratif semble donc être le fil conducteur du monde digital. En clair, beaucoup de fonctions des jeunes de demain devront être imaginées avec eux. «  Il faudra inciter la collaboration entre les digital natives et les « sexygénaires », a lancé Jean-Pierre Corniou, DGA de SIA Partners lors des travaux du Comité Scientifique et Pédagogique de l’EMSI qui s’étaient déroulés le 18 novembre 2013 dans les nouveaux locaux parisiens de Grenoble Ecole de Management. Dans le même cadre, Jean-Philippe Solvay de cet établissementa estimé qu’il « faut apprendre aux jeunes à imaginer le futur ». Un futur où il est nécessaire d’apprendre « à adapter la pédagogie car étant nés avec le web, les jeunes ont appris à communiquer autrement. En entrant à l’Ecole, ils ont des pratiques qu’il faut faire évoluer vers des pratiques professionnelles », selon Renaud Cornu-Emieux, directeur de l’EMSI. Les derniers mots reviendront ici à Fabienne Bollendorff, Executive Team HP France pour qui « les jeunes intègrent l’entreprise avec un comportement « consumer » ; et à Bruno Brocheton, CIO d’Euro Disney : « Les derniers sortis de l’école en savent parfois plus que les membres des comex ». D’où la nécessité d’un management revisité, tout particulièrement dans le monde de la technologie y compris celui du document du futur dont les métiers restent à inventer.

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