Le marché des centres de données au coeur d’une révolution – Par Kevin Leahy, Directeur Général Groupe – Centres de données chez Dimension Data

Multitier architecture

Avec la généralisation du cloud computing, les avis sur l’avenir des centres de données d’entreprise sont extrêmement partagés. Certains experts et analystes estiment que les jours sont comptés pour les entreprises qui possèdent et exploitent leurs propres centres de données, tandis que d’autres soutiennent que les clouds privés occuperont une place prépondérante ― le cloud public étant appelé à accueillir occasionnellement quelques charges de travail.

« Ce que nous constatons », souligne Kevin Leahy, directeur général Groupe – Centres de données chez Dimension Data, « c’est que le rythme des évolutions technologiques a fait atteindre au secteur des TIC un point de basculement ; le marché des centres de données s’inscrit à présent au cœur d’une révolution. »

« Il est impossible de prévoir avec certitude ce à quoi ressemblera le centre de données en 2024. Les établissements qui restent, en revanche, en marge de sa transformation pourraient en subir gravement les conséquences. Le moment est venu de passer en revue les options disponibles qui permettront de se laisser porter par ces vagues de changement – au risque, dans le cas contraire, d’être balayé par elles. »

Kevin Leahy précise que les clients le questionnent souvent sur l’espace qui leur sera nécessaire au cours des 20 prochaines années.

« Le dimensionnement correct du centre de données compte aujourd’hui parmi les défis les plus urgents à relever les entreprises. Et, compte tenu de l’importance des dépenses d’investissement en jeu, le bien-fondé de la création de centres supplémentaires capables de satisfaire des besoins additionnels en capacité se doit également d’être mûrement réfléchi. Le calendrier est un autre facteur à prendre en compte puisque la création d’un nouveau centre de données revient à investir pour 20 ans. »

Les méthodes de planification traditionnelles, qui n’intègrent pas la notion de cloud, auront tendance à faire peu de cas des capacités excédentaires et des ressources inutilisées. Contrairement aux idées reçues, les entreprises qui ont, pour une vaste proportion d’entre elles, planifié à l’excès leurs centres de données, s’emploieront à réduire – plutôt qu’à développer – leurs environnements dans les années qui viennent. De plus, les décisions portant sur le calendrier et la proportion d’utilisation du cloud, ainsi que sur le type de charges de travail à migrer dans un premier temps, doivent, elles aussi, faire l’objet d’une approche structurée.
« Évaluez tout d’abord les charges de travail qui sont exécutées actuellement dans le centre de données et identifiez celles qui se prêtent à une migration dans le cloud. Les charges de travail non « cloud-ready » peuvent être exécutées sur site, ou transférées vers un service de colocation, en fonction de leur nature et de leur caractère décisif pour l’activité », explique Kevin Leahy.

Vivre en collectivité

Les fournisseurs de services de colocation louent du matériel, de l’espace et de la bande passante à des entreprises. Leurs espaces de colocation incluent l’alimentation électrique, le refroidissement et la sécurité physique des serveurs et des équipements de stockage et réseau de leurs clients. La colocation est une formule appréciée des entreprises soucieuses de s’épargner l’inévitable assistance logistique à dispenser aux centres de données sur site. Bien qu’idéale pour nombre d’établissements, la colocation implique bien davantage qu’un simple transfert d’infrastructure. Théoriquement, ce processus doit être géré au sein d’un cadre structuré englobant ressources humaines, processus et opérations.

Localisation, localisation, localisation

Outre les critères de modernisation et de dimensionnement se pose la question de l’emplacement du centre de données. Aujourd’hui, nombre d’utilisateurs ont fait de la mobilité leur credo, ou travaillent dans des bureaux satellites ou encore à domicile : l’implantation d’un centre de données dans les environs immédiats de leur bureau, voire dans la même ville, est donc devenu inutile. Les entreprises peuvent recourir à la technologie d’optimisation WAN pour parvenir aux résultats escomptés par leurs collaborateurs en termes de latence et de vitesse réseau.

Les avantages procurés par le cloud en termes d’efficience coût sont convaincants

S’agissant des avantages procurés par le cloud en termes d’efficience coût, Kevin Leahy admet qu’ils sont véritablement convaincants. « Il n’est guère étonnant que les responsables de centres de données adhèrent avec enthousiasme au principe de migration dans le cloud de certaines applications. Il est important, néanmoins, de veiller à ce qu’une telle démarche n’expose pas l’activité à des risques, interruptions et coûts imprévus », précise-t-il, en faisant observer que la première étape d’une migration de ce type suppose, bien souvent, de redéfinir les plates-formes applicatives ― comme de passer d’une architecture Unix ou mainframe à une architecture X86, par exemple, et se détourner ainsi d’une infrastructure physique au moyen de technologies de virtualisation.

« Ce processus peut se révéler complexe », rappelle Kevin Leahy, qui ajoute que les entreprises doivent tenir compte des processus et offres de services administrés pour les différents types de services cloud. « Si vous recourez à des services de cloud public pour vos activités de développement et de tests, vous tirez effectivement parti du côté utilitaire de cette plate-forme. Vous partez donc du principe que tous les processus appropriés sont en place pour garantir son bon fonctionnement tandis que vous continuez à gérer vous-même votre environnement. Si vous êtes en quête, en revanche, d’une plate-forme cloud d’entreprise sur laquelle exécuter vos applications stratégiques, vos aspirations seront nettement plus ambitieuses. Il vous faudra un plus large éventail de choix, des degrés de personnalisation plus poussés, et la totalité des processus et éléments de sécurité que vous seriez en droit d’attendre d’une offre de services managés classique. »

Rares sont les entreprises à avoir migré l’intégralité de leur infrastructure dans un environnement public ou cloud

D’après Kevin Leahy, si la plupart des entreprises « tâtent le terrain » en matière de cloud computing, rares sont celles qui ont migré l’intégralité de leur infrastructure dans un environnement cloud public ou privé, et nombre d’entre elles continueront à avoir besoin d’une infrastructure sur site pour satisfaire correctement leurs besoins à l’avenir.

« Les entreprises peuvent réaliser des économies et gagner en efficacité et en agilité en optimisant leurs infrastructures traditionnelles et/ou en modernisant leurs technologies. Une infrastructure vieillissante est plus onéreuse à gérer et complique l’intégration d’évolutions transformationnelles ― cloud et mobilité, par exemple. Une architecture réseau archaïque empêchera un établissement d’offrir l’expérience utilisateur et les performances applicatives escomptées. Elle lui portera également préjudice au sens où il sera bien en peine de réaliser les économies promises par la virtualisation, la convergence d’infrastructures et le cloud. Une infrastructure de centre de données moderne et optimisée accélèrera la fourniture d’applications et de services, nouveaux et existants, aux utilisateurs, indépendamment de leur localisation géographique et de leur équipement. »

Related Topics
Author
By
@coesteve1
Related Posts

Readers Comments


Add Your Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

In The News

Le marché des centres de données au coeur d’une révolution – Par Kevin Leahy, Directeur Général Groupe – Centres de données chez Dimension Data

Multitier architecture 11th juillet, 2014

Avec la généralisation du cloud computing, les avis sur l’avenir des centres de données d’entreprise sont extrêmement partagés. Certains experts et analystes estiment que les jours sont comptés pour les entreprises qui possèdent et exploitent leurs propres centres de données, tandis que d’autres soutiennent que les clouds privés occuperont une place prépondérante ― le cloud public étant appelé à accueillir occasionnellement quelques charges de travail.

« Ce que nous constatons », souligne Kevin Leahy, directeur général Groupe – Centres de données chez Dimension Data, « c’est que le rythme des évolutions technologiques a fait atteindre au secteur des TIC un point de basculement ; le marché des centres de données s’inscrit à présent au cœur d’une révolution. »

« Il est impossible de prévoir avec certitude ce à quoi ressemblera le centre de données en 2024. Les établissements qui restent, en revanche, en marge de sa transformation pourraient en subir gravement les conséquences. Le moment est venu de passer en revue les options disponibles qui permettront de se laisser porter par ces vagues de changement – au risque, dans le cas contraire, d’être balayé par elles. »

Kevin Leahy précise que les clients le questionnent souvent sur l’espace qui leur sera nécessaire au cours des 20 prochaines années.

« Le dimensionnement correct du centre de données compte aujourd’hui parmi les défis les plus urgents à relever les entreprises. Et, compte tenu de l’importance des dépenses d’investissement en jeu, le bien-fondé de la création de centres supplémentaires capables de satisfaire des besoins additionnels en capacité se doit également d’être mûrement réfléchi. Le calendrier est un autre facteur à prendre en compte puisque la création d’un nouveau centre de données revient à investir pour 20 ans. »

Les méthodes de planification traditionnelles, qui n’intègrent pas la notion de cloud, auront tendance à faire peu de cas des capacités excédentaires et des ressources inutilisées. Contrairement aux idées reçues, les entreprises qui ont, pour une vaste proportion d’entre elles, planifié à l’excès leurs centres de données, s’emploieront à réduire – plutôt qu’à développer – leurs environnements dans les années qui viennent. De plus, les décisions portant sur le calendrier et la proportion d’utilisation du cloud, ainsi que sur le type de charges de travail à migrer dans un premier temps, doivent, elles aussi, faire l’objet d’une approche structurée.
« Évaluez tout d’abord les charges de travail qui sont exécutées actuellement dans le centre de données et identifiez celles qui se prêtent à une migration dans le cloud. Les charges de travail non « cloud-ready » peuvent être exécutées sur site, ou transférées vers un service de colocation, en fonction de leur nature et de leur caractère décisif pour l’activité », explique Kevin Leahy.

Vivre en collectivité

Les fournisseurs de services de colocation louent du matériel, de l’espace et de la bande passante à des entreprises. Leurs espaces de colocation incluent l’alimentation électrique, le refroidissement et la sécurité physique des serveurs et des équipements de stockage et réseau de leurs clients. La colocation est une formule appréciée des entreprises soucieuses de s’épargner l’inévitable assistance logistique à dispenser aux centres de données sur site. Bien qu’idéale pour nombre d’établissements, la colocation implique bien davantage qu’un simple transfert d’infrastructure. Théoriquement, ce processus doit être géré au sein d’un cadre structuré englobant ressources humaines, processus et opérations.

Localisation, localisation, localisation

Outre les critères de modernisation et de dimensionnement se pose la question de l’emplacement du centre de données. Aujourd’hui, nombre d’utilisateurs ont fait de la mobilité leur credo, ou travaillent dans des bureaux satellites ou encore à domicile : l’implantation d’un centre de données dans les environs immédiats de leur bureau, voire dans la même ville, est donc devenu inutile. Les entreprises peuvent recourir à la technologie d’optimisation WAN pour parvenir aux résultats escomptés par leurs collaborateurs en termes de latence et de vitesse réseau.

Les avantages procurés par le cloud en termes d’efficience coût sont convaincants

S’agissant des avantages procurés par le cloud en termes d’efficience coût, Kevin Leahy admet qu’ils sont véritablement convaincants. « Il n’est guère étonnant que les responsables de centres de données adhèrent avec enthousiasme au principe de migration dans le cloud de certaines applications. Il est important, néanmoins, de veiller à ce qu’une telle démarche n’expose pas l’activité à des risques, interruptions et coûts imprévus », précise-t-il, en faisant observer que la première étape d’une migration de ce type suppose, bien souvent, de redéfinir les plates-formes applicatives ― comme de passer d’une architecture Unix ou mainframe à une architecture X86, par exemple, et se détourner ainsi d’une infrastructure physique au moyen de technologies de virtualisation.

« Ce processus peut se révéler complexe », rappelle Kevin Leahy, qui ajoute que les entreprises doivent tenir compte des processus et offres de services administrés pour les différents types de services cloud. « Si vous recourez à des services de cloud public pour vos activités de développement et de tests, vous tirez effectivement parti du côté utilitaire de cette plate-forme. Vous partez donc du principe que tous les processus appropriés sont en place pour garantir son bon fonctionnement tandis que vous continuez à gérer vous-même votre environnement. Si vous êtes en quête, en revanche, d’une plate-forme cloud d’entreprise sur laquelle exécuter vos applications stratégiques, vos aspirations seront nettement plus ambitieuses. Il vous faudra un plus large éventail de choix, des degrés de personnalisation plus poussés, et la totalité des processus et éléments de sécurité que vous seriez en droit d’attendre d’une offre de services managés classique. »

Rares sont les entreprises à avoir migré l’intégralité de leur infrastructure dans un environnement public ou cloud

D’après Kevin Leahy, si la plupart des entreprises « tâtent le terrain » en matière de cloud computing, rares sont celles qui ont migré l’intégralité de leur infrastructure dans un environnement cloud public ou privé, et nombre d’entre elles continueront à avoir besoin d’une infrastructure sur site pour satisfaire correctement leurs besoins à l’avenir.

« Les entreprises peuvent réaliser des économies et gagner en efficacité et en agilité en optimisant leurs infrastructures traditionnelles et/ou en modernisant leurs technologies. Une infrastructure vieillissante est plus onéreuse à gérer et complique l’intégration d’évolutions transformationnelles ― cloud et mobilité, par exemple. Une architecture réseau archaïque empêchera un établissement d’offrir l’expérience utilisateur et les performances applicatives escomptées. Elle lui portera également préjudice au sens où il sera bien en peine de réaliser les économies promises par la virtualisation, la convergence d’infrastructures et le cloud. Une infrastructure de centre de données moderne et optimisée accélèrera la fourniture d’applications et de services, nouveaux et existants, aux utilisateurs, indépendamment de leur localisation géographique et de leur équipement. »

By
@coesteve1
backtotop