Applications mobiles et médecins, vers une fracture digitale avec le patient ?

Fenster im Loft aus Beton

A l’occasion de l’Université d’été de la e-santé, le Dr Vincent Varlet, Président d’Isidore santé, Directeur Exécutif des Services Marketing et Communication de Novartis, dévoile les résultats d’une enquête menée en partenariat entre Isidore, Vidal, Egora, les laboratoires Expansciences et IDS Santé auprès des professionnels de santé “Les applications santé et vous”1. Au-delà des chiffres, pour le Dr Vincent Varlet, le constat est sans appel : “Si les médecins sont devenus utilisateurs d’applications mobiles de santé pour leur pratique, ils ne se sont pas encore tournés vers les applis patients. La fracture digitale entre les professionnels de santé et les patients risque de devenir une réalité si la France ne rattrape pas son retard en ce domaine”.

Des professionnels de santé pratiquants…

Près de 9 professionnels de santé sondés sur 10 déclarent être mobinaute (50,2 % étant équipés d’un smartphone et d’une tablette, 33,3 % uniquement d’un smartphone et 5,1 % d’une tablette) et plus de 6 sur 10 déclarent utiliser des applications mobiles pour leur pratique. Parmi ceux-ci, 62 % les téléchargent à partir de l’Appstore (iOs).

Dans plus d’1 tiers des cas, ils ont téléchargé ces applications car ils les utilisaient sur d’autres supports (web, papier…), pour 24 % en faisant une recherche au hasard, dans près de 2 cas sur 10 car elle leur avait été conseillée, dans 13 % car ils en connaissaient l’éditeur ou l’auteur et dans 1 cas sur 10 car ils en avaient vu la publicité.

Pour ceux qui n’ont pas téléchargé d’application liée à leur pratique, c’est d’abord une question d’équipement (ni smartphone, ni tablette : 36 %) puis un manque de temps dans 34 % des cas, une absence de confiance pour plus de 12 % d’entre eux et d’autres raisons pour les 18 % restant.

… mais pas forcément croyants

Si les bases de données médicamenteuses restent en première place dans le top des applications téléchargées et utilisées (respectivement 32 % et 38 %), il est à noter que les applications de FMC, si elles sont peu téléchargées (1,6 %), font partie des plus utilisées (14 %).

Ces téléchargements et usages reflètent-ils une croyance dans l’apport de la santé mobile ? Pour répondre à cette question, 2 éléments de réponse : tout d’abord, ils sont plus de 90 % à utiliser moins de 5 applications au moins 1 fois par semaine. Et surtout, ils ne sont que 24 % à déclarer que les applications mobiles de santé sont devenues tout à fait incontournables à leur pratique (40 % oui, probablement, 27 % non, pas vraiment, 4 % non, pas du tout, et je ne sais pas 2 %).

Une fracture digitale médecin-patient ?

Au-delà de l’usage pour leur pratique, cette enquête “Les applications santé et vous” révèle également que la fracture digitale entre médecins et patients risque de devenir une réalité.

De fait, à l’heure où la France compte 7 millions de mobinautes santé et où près de 20 % des personnes en ALD souhaitent que leur médecin leur conseille une application mobile de santé2, ils ne sont que 9 % des professionnels de santé à avoir téléchargé une application patient pour pouvoir la conseiller (25 % pour savoir ce qu’elle contient et plus de 60 % ne l’ont jamais fait ou l’ont fait par erreur).

De plus, uniquement 2 % des professionnels de santé ont téléchargé une application de relation médecin-patient et seul 1 % l’utilise !

10 recommandations de bonne pratique en santé mobile

Pour le Dr Vincent Varlet et les membres d’Isidore santé, cette fracture n’est pas un fait culturel et ne marque pas la réalité du lien médecin-patient. “Toutes les études le démontrent, la e-santé renforce la relation médecin-patient. Développer la santé mobile auprès des professionnels de santé est donc d’abord de la responsabilité des éditeurs, développeurs et auteurs d’applications”.

Pour développer de bonnes pratiques en ce domaine, Isidore santé propose 10 commandements à l’attention des éditeurs :

  1. Partir du besoin et de l’usage
  2. Prévoir une utilisation multi-support, multi-système
  3. Privilégier la pratique
  4. Simplifier l’utilisation
  5. Faire gagner du temps
  6. Communiquer et faire savoir
  7. Donner confiance
  8. Utiliser les communautés et le partage d’expérience
  9. Modérer le prix des applications et la présence de la publicité
  10. Donner les moyens d’en parler aux patients

 

 

1 “Les applications santé et vous” : enquête auto-administrée sur le web, promue par Isidore, Vidal, Egora, les laboratoires Expanscience, Pierre Fabre Dermatologie et www.santepratique-pro.fr, phase terrain du 17 mars au 21 avril 2014, 2 035 participants dont 1 670 retenus pour l’analyse (questionnaire intégralement complété), 92 % de médecins (8 % autres : chirurgiens-dentistes, pharmaciens, infirmiers, kinésithérapeutes).

2 Source : “A la recherche du ePatient” Patients & Web, LauMa communication, avril 2013

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Applications mobiles et médecins, vers une fracture digitale avec le patient ?

Fenster im Loft aus Beton 3rd juillet, 2014

A l’occasion de l’Université d’été de la e-santé, le Dr Vincent Varlet, Président d’Isidore santé, Directeur Exécutif des Services Marketing et Communication de Novartis, dévoile les résultats d’une enquête menée en partenariat entre Isidore, Vidal, Egora, les laboratoires Expansciences et IDS Santé auprès des professionnels de santé “Les applications santé et vous”1. Au-delà des chiffres, pour le Dr Vincent Varlet, le constat est sans appel : “Si les médecins sont devenus utilisateurs d’applications mobiles de santé pour leur pratique, ils ne se sont pas encore tournés vers les applis patients. La fracture digitale entre les professionnels de santé et les patients risque de devenir une réalité si la France ne rattrape pas son retard en ce domaine”.

Des professionnels de santé pratiquants…

Près de 9 professionnels de santé sondés sur 10 déclarent être mobinaute (50,2 % étant équipés d’un smartphone et d’une tablette, 33,3 % uniquement d’un smartphone et 5,1 % d’une tablette) et plus de 6 sur 10 déclarent utiliser des applications mobiles pour leur pratique. Parmi ceux-ci, 62 % les téléchargent à partir de l’Appstore (iOs).

Dans plus d’1 tiers des cas, ils ont téléchargé ces applications car ils les utilisaient sur d’autres supports (web, papier…), pour 24 % en faisant une recherche au hasard, dans près de 2 cas sur 10 car elle leur avait été conseillée, dans 13 % car ils en connaissaient l’éditeur ou l’auteur et dans 1 cas sur 10 car ils en avaient vu la publicité.

Pour ceux qui n’ont pas téléchargé d’application liée à leur pratique, c’est d’abord une question d’équipement (ni smartphone, ni tablette : 36 %) puis un manque de temps dans 34 % des cas, une absence de confiance pour plus de 12 % d’entre eux et d’autres raisons pour les 18 % restant.

… mais pas forcément croyants

Si les bases de données médicamenteuses restent en première place dans le top des applications téléchargées et utilisées (respectivement 32 % et 38 %), il est à noter que les applications de FMC, si elles sont peu téléchargées (1,6 %), font partie des plus utilisées (14 %).

Ces téléchargements et usages reflètent-ils une croyance dans l’apport de la santé mobile ? Pour répondre à cette question, 2 éléments de réponse : tout d’abord, ils sont plus de 90 % à utiliser moins de 5 applications au moins 1 fois par semaine. Et surtout, ils ne sont que 24 % à déclarer que les applications mobiles de santé sont devenues tout à fait incontournables à leur pratique (40 % oui, probablement, 27 % non, pas vraiment, 4 % non, pas du tout, et je ne sais pas 2 %).

Une fracture digitale médecin-patient ?

Au-delà de l’usage pour leur pratique, cette enquête “Les applications santé et vous” révèle également que la fracture digitale entre médecins et patients risque de devenir une réalité.

De fait, à l’heure où la France compte 7 millions de mobinautes santé et où près de 20 % des personnes en ALD souhaitent que leur médecin leur conseille une application mobile de santé2, ils ne sont que 9 % des professionnels de santé à avoir téléchargé une application patient pour pouvoir la conseiller (25 % pour savoir ce qu’elle contient et plus de 60 % ne l’ont jamais fait ou l’ont fait par erreur).

De plus, uniquement 2 % des professionnels de santé ont téléchargé une application de relation médecin-patient et seul 1 % l’utilise !

10 recommandations de bonne pratique en santé mobile

Pour le Dr Vincent Varlet et les membres d’Isidore santé, cette fracture n’est pas un fait culturel et ne marque pas la réalité du lien médecin-patient. “Toutes les études le démontrent, la e-santé renforce la relation médecin-patient. Développer la santé mobile auprès des professionnels de santé est donc d’abord de la responsabilité des éditeurs, développeurs et auteurs d’applications”.

Pour développer de bonnes pratiques en ce domaine, Isidore santé propose 10 commandements à l’attention des éditeurs :

  1. Partir du besoin et de l’usage
  2. Prévoir une utilisation multi-support, multi-système
  3. Privilégier la pratique
  4. Simplifier l’utilisation
  5. Faire gagner du temps
  6. Communiquer et faire savoir
  7. Donner confiance
  8. Utiliser les communautés et le partage d’expérience
  9. Modérer le prix des applications et la présence de la publicité
  10. Donner les moyens d’en parler aux patients

 

 

1 “Les applications santé et vous” : enquête auto-administrée sur le web, promue par Isidore, Vidal, Egora, les laboratoires Expanscience, Pierre Fabre Dermatologie et www.santepratique-pro.fr, phase terrain du 17 mars au 21 avril 2014, 2 035 participants dont 1 670 retenus pour l’analyse (questionnaire intégralement complété), 92 % de médecins (8 % autres : chirurgiens-dentistes, pharmaciens, infirmiers, kinésithérapeutes).

2 Source : “A la recherche du ePatient” Patients & Web, LauMa communication, avril 2013

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