Implémentations OpenStack en France : un domaine d’excellence pour demain ? par Fabien Dachicourt, Directeur Technique, Coreye

La plate-forme OpenStack est un des principaux sujets qui alimentent le buzz actuellement dans la communauté du Cloud, spécialement avec l’introduction il y a quelques jours de sa huitième mouture Havana.

Moteur de cloud de type IaaS, OpenStack gagne rapidement en maturité, grâce à une communauté particulièrement active de quelques 900 contributeurs provenant de 150 organisations. Capable de gérer un nombre massif de machines virtuelles, la plate-forme open source possède sur le papier des atouts incontestables pour l’industrie du Cloud.
Elle offre aux entreprises l’opportunité de mettre en place une IaaS à un coût particulièrement attractif, car tous les services informatiques, réseau et de stockage peuvent être distribuées sous une forme logicielle et non matérielle, et ce sans aucune licence.

De plus, OpenStack permet de maîtriser complètement son infrastructure technique, sans être dépendant de la stratégie et du plan de développement produit d’un fournisseur tel que VMware.

Il n’est donc pas étonnant que les grands opérateurs de cloud affichent l’un après l’autre leur volonté de baser leur architecture sur OpenStack. Et que tous les poids lourds du hardware, du software et des réseaux s’associent au projet OpenStack et à ses différents business models émergents, ne souhaitant pas rater le train du futur.

Toutefois, en dépit de signes d’intérêt de plus en plus nombreux, et d’un degré de maturité encore en progression dans sa version Havana, l’implémentation en vraie grandeur de la plate-forme OpenStack en est encore à ses balbutiements, avec moins d’une quarantaine de déploiements concrets en cloud public dans le monde à ce jour, en très grande majorité aux Etats Unis.

Une fois n’est pas coutume, le retard de l’Europe dans ce domaine est patent. En France notamment, les déploiements se comptent sur les doigts d’une main, le plus souvent limités aux services de stockage chez des opérateurs tels que Cloudwatt ou OVH.

Un manque criant de compétences

Pourquoi ce retard à l’allumage ? Essentiellement en raison d’un manque criant de compétences.

OpenStack est en effet constitué d’une série de briques logicielles pilotées et communiquant entre eux via un ensemble d’API. Le projet ayant été conçu avec un objectif d’ouverture totale, l’utilisateur peut choisir les briques – et les APIs qu’il veut, et en fonction de ses besoins spécifiques, les remplacer par d’autres composants open source.

Il en résulte des environnements à géométrie variable, qui nécessitent des compétences et des retours d’expérience particuliers pour chacun des composants.

Or ces compétences et ce savoir-faire sont aujourd’hui très difficiles à trouver.

Le cloud public OpenStack de l’opérateur Coreye par exemple, qui fait partie des quelques solutions complètes OpenStack opérationnelles aujourd’hui en France, utilise la version Grizzli du projet et ses briques Glance, Nova, Quantum, Keystone et le ‘dashboard’ Horizon. S’y ajoutent une série de composants open source, tels que le, Puppet pour la gestion des configurations, Kickstart pour le déploiement du système d’exploitation, Foreman pour piloter le déploiement des machines, ou encore HA Proxy pour la répartition de charge entre les machines virtuelles.

La mise en production de la plate-forme a nécessité plusieurs centaines de jours/homme de développement et la mise en place d’une équipe de 8 personnes possédant chacun au départ une expérience de six mois à un an de la technologie OpenStack ou des composants open source utilisés, une ressource qui reste extrêmement rare.

La France a une carte à jouer

L’implémentation d’une plate-forme OpenStack suppose donc au départ un important investissement humain consacré à la formation des équipes et au maintien au jour le jour de centres de compétences, afin de suivre le rythme de l’évolution du framework.

Mais ces efforts peuvent rapidement s’avérer payants, non seulement pour les clouds publics mais aussi pour les clouds privés, qui recherchent eux aussi avidement des compétences et des retours d’expérience pour migrer vers le cloud.

Dans ce domaine, grâce à ses écoles d’ingénieurs de haut niveau et son excellente culture logicielle, la France a clairement une opportunité à saisir en Europe afin de jouer un vrai rôle de précurseur dans l’évolution et l’implémentation du framework OpenStack.

Related Topics
Author
By
@coesteve1
Related Posts

Readers Comments


Add Your Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

In The News

Implémentations OpenStack en France : un domaine d’excellence pour demain ? par Fabien Dachicourt, Directeur Technique, Coreye

19th novembre, 2013

La plate-forme OpenStack est un des principaux sujets qui alimentent le buzz actuellement dans la communauté du Cloud, spécialement avec l’introduction il y a quelques jours de sa huitième mouture Havana.

Moteur de cloud de type IaaS, OpenStack gagne rapidement en maturité, grâce à une communauté particulièrement active de quelques 900 contributeurs provenant de 150 organisations. Capable de gérer un nombre massif de machines virtuelles, la plate-forme open source possède sur le papier des atouts incontestables pour l’industrie du Cloud.
Elle offre aux entreprises l’opportunité de mettre en place une IaaS à un coût particulièrement attractif, car tous les services informatiques, réseau et de stockage peuvent être distribuées sous une forme logicielle et non matérielle, et ce sans aucune licence.

De plus, OpenStack permet de maîtriser complètement son infrastructure technique, sans être dépendant de la stratégie et du plan de développement produit d’un fournisseur tel que VMware.

Il n’est donc pas étonnant que les grands opérateurs de cloud affichent l’un après l’autre leur volonté de baser leur architecture sur OpenStack. Et que tous les poids lourds du hardware, du software et des réseaux s’associent au projet OpenStack et à ses différents business models émergents, ne souhaitant pas rater le train du futur.

Toutefois, en dépit de signes d’intérêt de plus en plus nombreux, et d’un degré de maturité encore en progression dans sa version Havana, l’implémentation en vraie grandeur de la plate-forme OpenStack en est encore à ses balbutiements, avec moins d’une quarantaine de déploiements concrets en cloud public dans le monde à ce jour, en très grande majorité aux Etats Unis.

Une fois n’est pas coutume, le retard de l’Europe dans ce domaine est patent. En France notamment, les déploiements se comptent sur les doigts d’une main, le plus souvent limités aux services de stockage chez des opérateurs tels que Cloudwatt ou OVH.

Un manque criant de compétences

Pourquoi ce retard à l’allumage ? Essentiellement en raison d’un manque criant de compétences.

OpenStack est en effet constitué d’une série de briques logicielles pilotées et communiquant entre eux via un ensemble d’API. Le projet ayant été conçu avec un objectif d’ouverture totale, l’utilisateur peut choisir les briques – et les APIs qu’il veut, et en fonction de ses besoins spécifiques, les remplacer par d’autres composants open source.

Il en résulte des environnements à géométrie variable, qui nécessitent des compétences et des retours d’expérience particuliers pour chacun des composants.

Or ces compétences et ce savoir-faire sont aujourd’hui très difficiles à trouver.

Le cloud public OpenStack de l’opérateur Coreye par exemple, qui fait partie des quelques solutions complètes OpenStack opérationnelles aujourd’hui en France, utilise la version Grizzli du projet et ses briques Glance, Nova, Quantum, Keystone et le ‘dashboard’ Horizon. S’y ajoutent une série de composants open source, tels que le, Puppet pour la gestion des configurations, Kickstart pour le déploiement du système d’exploitation, Foreman pour piloter le déploiement des machines, ou encore HA Proxy pour la répartition de charge entre les machines virtuelles.

La mise en production de la plate-forme a nécessité plusieurs centaines de jours/homme de développement et la mise en place d’une équipe de 8 personnes possédant chacun au départ une expérience de six mois à un an de la technologie OpenStack ou des composants open source utilisés, une ressource qui reste extrêmement rare.

La France a une carte à jouer

L’implémentation d’une plate-forme OpenStack suppose donc au départ un important investissement humain consacré à la formation des équipes et au maintien au jour le jour de centres de compétences, afin de suivre le rythme de l’évolution du framework.

Mais ces efforts peuvent rapidement s’avérer payants, non seulement pour les clouds publics mais aussi pour les clouds privés, qui recherchent eux aussi avidement des compétences et des retours d’expérience pour migrer vers le cloud.

Dans ce domaine, grâce à ses écoles d’ingénieurs de haut niveau et son excellente culture logicielle, la France a clairement une opportunité à saisir en Europe afin de jouer un vrai rôle de précurseur dans l’évolution et l’implémentation du framework OpenStack.

By
@coesteve1
backtotop